3 mars 2020

L’avenir des retraites en France ?

Par Vautrin


C’est peu dire que la confusion continue de régner dans le débat sur l’avenir des retraites de ce pays.

Non content d’avoir déjà entretenu une forme de confusion extrême en multipliant des consultations inutiles puisque non fondées sur un texte, en traînant au maximum sur la présentation de son texte, en multipliant au sein de la loi le recours à des ordonnances qui rend illisible l’ensemble du projet, en consultant le Conseil d’Etat d’une façon tellement cavalière que l’avis ressemble à un désaveu, alors même donc que tout cela fleure au mieux l’amateurisme au pire la volonté de dissimuler, c’est maintenant le débat devant la représentation nationale qui est escamotée.

Débat qui au mépris de la logique et des engagements pris devant les syndicats « réformistes » a commencé alors que les travaux de la conférence du financement ne sont pas conclus et que l’on voit mal comment ils pourraient l’être.

Débat qui n’a pas permis d’avancer sérieusement sur les modalités d’indexation du point et la prise en compte de la pénibilité.

Débat qui va sûrement se clore par l’usage de l’article 49-3 : il ne s’agit pas de contester le droit de l’utiliser mais de souligner que son usage au terme d’un processus parfaitement bâclé est une preuve de plus de l’impréparation d’un pouvoir qui se refuse au débat et de sa duplicité qui l’amène à éviter de débattre de ce qui est le cœur de sa réforme.

Le pouvoir nous dira que c’est la faute de l’obstruction de l’opposition. C’est évidemment faux : le gouvernement dispose de eux autres armes pour encadrer les travaux de l’assemblée qui sont beaucoup plus respectueuses du débat : le 44-2 qui permet de faire tomber les amendements de pure obstruction; le temps programmé qui permet d’imposer aux minorités de se concentrer sur les points essentiels de leur opposition au texte. Le pouvoir n’en a pas voulu.

Il est vrai que l’on peut se demander qui veut encore de cette réforme. La CGT et Fo n’en ont jamais voulu. L’UNSA et la CFDT peine à trouver dans le texte et la conférence du financement la trace des engagements pris pour les faire renoncer au mouvement cet hiver. Et même le MEDEF est maintenant parfaitement remonté contre le texte comme l’a fortement proclamé son président la semaine dernière dans Les Echos en soulignant l’absence totale de visibilité sur le financement.

Un débat parlementaire transparent, complet et démocratique n’aurait pas été de trop. Le gouvernement semble vouloir en priver le pays.

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