5 avril 2023

Sortir de la crise

Jamais un président de la République et sa majorité, sous la Ve République, n’auront fait preuve d’autant d’amateurisme et d’arrogance qu’Emmanuel Macron, son gouvernement et ses troupes parlementaires. Depuis des semaines, nous nous enfonçons dans une crise politique autour de la réforme des retraites du fait d’une posture générale de Macron et ses affidés : la posture du technocrate.
 
Il sait, les Français ne comprennent pas, il fait les réformes à contre-coeur… il ne lâchera rien… Au point de nous enfoncer dans une crise de légitimité doublée d’une crise de régime. Au lieu de créer les conditions de l’apaisement, Emmanuel Macron continue à jeter de l’huile sur le feu à chacune de ses prises de parole, apparitions ou expressions.

L’opposition à la réforme des retraites se mue peu à peu en haine de sa personne. Il aura beau jeu de proclamer que, dans notre démocratie, le pouvoir appartient aux représentants du peuple élus par celui-ci, il popularise ce concept contenu dans l’article 2 de la Constitution du « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Ce que l’article 3 complète dans cette formule « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum.« 

Nous sommes dans ce moment où quand celui qui a été élu par le peuple abuse de son pouvoir, du mandat qui lui a été confié. L’ensemble du corps social s’opposant à lui, la seule manière de trancher le noeud gordien est le retour aux urnes. On ne gouverne pas par les sondages, mais ceux-ci sont constants depuis trois mois sur l’opposition des Français à la réforme des retraites qui reste largement majoritaire.
Emmanuel Macron va donc devoir en passer par une élection ou il fera face à un mouvement de révolte sans précédent depuis des décennies. Les Français conservent cet esprit frondeur inclus dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et insurrectionnel dans celle de 1793.

Revenir aux urnes est le moyen le plus sûr pour retrouver la concorde civile. Plusieurs voies s’ouvrent à Emmanuel Macron :
– Il peut démissionner et remettre son mandat en jeu ;
– Il peut dissoudre l’Assemblée nationale et convoquer de nouvelles élections législatives ;
– Il peut soumettre à référendum le projet de loi incriminé ;
– Il peut laisser prospérer la demande de référendum d’initiative populaire déposée auprès du Conseil constitutionnel par les députés et les sénateurs.
 
Mais quelle que soit la solution choisie, Emmanuel Macron doit changer définitivement de style et délaisser son arrogance d’énarque banquier américain. C’est sa personne qui est contestée désormais au-delà de la méthode et du fond de la réforme. En témoignent ces mots malheureux regrettant l’absence de compromis de la part de la CFDT dans son intervention télévisée de la semaine dernière. Le compromis c’est à celui qui a le dernier mot de le proposer…
 
Par son arrogance, Emmanuel Macron c’est un peu le cuisinier qui demanderait à un pigeon à quelle sauce veut-il être mangé… Le gouvernement de l’absurde en somme. Révoltés ou non, les Français demandent le retour de la Raison.

 

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