14 janvier 2019

L’impasse !

Par Julien Dray

Nous y sommes. La cinquième république construite autour du général De Gaulle pour lui-même, dans un contexte économique et géopolitique particulier, est aujourd’hui à bout de souffle. Elle l’est depuis longtemps mais les pouvoirs successifs s’en sont finalement satisfaits. Ils y trouvaient même quelque intérêt.

Ce faisant, elle est progressivement devenue le pouvoir exclusif d’un président monarque qui aujourd’hui atteint son apogée jusqu’à la caricature. Nous sommes bien dans une monarchie institutionnelle qui installe un roi omnipotent regardant son peuple du haut de sa majesté de papier depuis son palais devenu Château fortifié.

L’exécutif n’a jamais si bien porté son nom. Il exécute la volonté d’un seul homme élu depuis trois quinquennats, moins sur un programme que par défaut ou par rejet de son concurrent de deuxième tour.

On fait comme si l’homme et malheureusement pas encore la femme, était un cadeau de la providence ; qu’il était à même, sans besoin de modération, sans négociation, sans contre pouvoir, de prendre à son seul compte le destin du pays.

Le caractère Bonapartiste de la 5ièmeRépublique a sans doute légitimé l’aspect « ancien régime » de la fonction présidentielle jusqu’à une certaine période. Il fallait une incarnation au sortir de la guerre et pour sortir aussi de la quatrième, le Général a parfaitement tenu ce rôle ; il fallait une incarnation s’agissant de constituer une force de progrès susceptible de prendre le pouvoir en opposition au conservatisme de droite, François Mitterrand a parfaitement tenu ce rôle. Ces incarnations étaient portées par des hommes d’état, héritiers d’un modèle singulier défini et articulé autour du conseil national de la résistance (CNR).

Depuis, le contexte a changé et pourtant le système politique lui, n’a guère évolué. Au contraire, ceux qui se sont succédés au poste sont devenus de plus en plus gestionnaires, de moins en moins visionnaires. Si bien que petit à petit, une déconnexion s’est opérée entre les tenants du pouvoir et la population. Les décisions iniques prises depuis au moins 20 ans sur le plan social ou économique ont creusé les inégalités, ont produit de la pauvreté, de la précarité et ont préparé la révolte des classes moyennes et inférieures, principales victimes des différentes politiques mises en œuvre.

Emmanuel Macron a porté la fonction et ses dérives autocratiques à son paroxysme !

Il s’est entouré d’un aéropage de conseillers et de fanatiques dans le seul but de faire un Hold-up, confisquant le pouvoir aux vieux partis de l’alternance, en se présentant comme l’antisystème providentiel. Il a constitué une majorité, sélectionnée dans les catégories privilégiées de la société, et en a fait une armée de « godillots » pour la plupart. Il a brisé ce qui restait des oppositions de gouvernement, a enlevé tout pouvoir aux corps intermédiaires.

Il s’est ainsi isolé volontairement, ne voulant écouter aucune contradiction. La conséquence de tout cela est, aujourd’hui, une paralysie totale de l’action gouvernementale. Le pouvoir ne peut plus et le peuple ne veut plus !

Tout cela, la cinquième république lui permettait de le faire !

La seule réponse politique, pour redonner du pouvoir à la population, réarmer les contre pouvoirs quels que soient-ils, permettre une représentation nationale à l’image réelle du pays ; est de clore définitivement le cycle de la 5ième République, de cette monarchie institutionnelle, et d’en créer une autre où chaque français, dans sa différence, sera représenté.

Il est temps dire aujourd’hui : La cinquième république est morte, Vive la sixième !

Julien Dray

 

 

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