Europe, en avant camarades !

Dans à peine quatre mois, les électeurs seront appelés à voter pour élire les députés européens. Quatre mois, c’est très long, mais c’est surtout très court.

Alors que le Chef de l’Etat entreprend une grande campagne de séduction auprès des Maires avec ses rencontres du Grand Débat pour relancer son parti dans la perspective des élections européennes, le Parti socialiste, lui fait toujours des ronds sur le parking du nouveau siège à Ivry.

La direction nationale nous dit qu’elle fait tout pour parvenir à une liste d’union de la gauche. Les discussions se poursuivent…

Mais à ce train-là, nous risquons surtout de ne pas avoir de liste.

L’union de la Gauche est un cap nécessaire et important dans cette campagne. Mais pour le moment, le Parti socialiste donne l’image d’un entre-soi, de discussions en chambre, de tambouilles entre officines, quand Macron renoue avec son rapport direct avec les Français, que les gilets jaunes bousculent les codes et les frontières habituelles des partis politiques…

Une fois de plus, au lieu de parler d’Europe, nous parlons de nous. Un peu comme ces journalistes qui commentent la place des journalistes dans une manifestation au lieu de relater les revendications de fond.

Jusqu’à quand donc continuerons-nous à faire cette danse du ventre des arrières-cours totalement improductive électoralement.

Depuis cet été, nous avons vu défiler des outsiders sortis du chapeau, du belge Paul Magnette à l’ancienne Ministre Ségolène Royal, qui finissent tous par renoncer alors même que six candidats internes au Parti Socialiste étaient prêts à faire le job.

L’Europe va mal. La démocratie française aussi. Nous devrions déjà être en train de battre le pavé. Quitte à retirer notre tête de liste dans un second temps au profit d’une liste d’union.

Dans le contexte actuel, nous avons un espace politique à occuper entre l’Europe ultralibérale de Macron et le refus d’Europe des nationalistes. Et nous le laissons en jachère, pensant qu’il va rester là et qu’il nous attend. Les espaces politiques se referment, lorsqu’il n’y a plus d’électeurs pour les habiter. C’est ce qui nous pend au nez.

Il y a donc urgence désormais à ce que nous fixions un calendrier clair. A défaut d’union, il nous faut entrer en campagne, faire vivre nos idées, nos propositions et porter notre projet. Après tout, on ne peut gagner les batailles que l’on ne mène pas.

Nous en appelons d’urgence au réveil de la direction nationale du Parti socialiste. Nous en appelons à commencer le travail de terrain dans le cadre de la campagne future pour diffuser notre projet. Tout en continuant à négocier avec les autres formations dans l’espoir d’une union de la gauche.

Le rapport de force se construit d’abord en existant.

Les militants socialistes n’en peuvent plus d’attendre l’arme au pied. Ils n’en peuvent plus d’être le parti donneur universel à tous les autres. Ils n’en peuvent plus de laisser un espace vide qui pourrait être comblé.

Ils n’en peuvent plus de laisser s’éteindre cette belle idée et ce beau mouvement qu’est le socialisme.

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