Archives de catégorie : Julien Dray

Un sondage révélateur de sens ! – Edito Lettre n°108

Par Julien Dray 


Un sondage ne vaut que pour ce qu’il est au moment où il est réalisé certes. Les chiffres qu’il produit ne sont que des indicateurs sans doute. Il faut cependant entrer dans le détail pour comprendre ce qu’il a de signifiant. Et, de ce point de vue, le dernier sondage Ifop-Fiducial (https://www.lejdd.fr/…/sondage-presidentielle-2022…), est à lire avec attention. Il révèle une incapacité de l’opposition à permettre une alternance, quelque soit elle !

Pour la Gauche, triste confirmation, la division nous affaiblit collectivement. Le malaise est profond et il ne suffit plus d’appeler à l’unité pour espérer retrouver le chemin du pouvoir.

La Gauche n’a plus aujourd’hui d’identité ou bien elle l’a perdue. Ne pas l’admettre serait se voiler la face et nous condamnerait tous à disparaître.

Avant tout rassemblement, avant de constituer le corps d’un projet digne de valeurs fondatrices que nous partagions jadis, il faut une colonne vertébrale solide. Et pour cela il faut aller à l’os, à la substantifique moelle.

Trop de contradictions ont amené les uns et les autres à s’opposer. Trop de compromis désastreux ont abouti à la culpabilisation ou à la radicalisation. L’universalisme s’est dilué dans l’octroie à une légitimité communautariste. Qu’il s’agisse de minorités, de cultures, de religions, de genres, on a favorisé de fait l’expression et la constitution du particularisme, du différentialisme.

Aurait-on oublié que la Gauche française républicaine s’est toujours appuyée sur l’article premier de la constitution pour développer sa vocation universaliste, réformiste sociale, internationaliste ? La république est une et indivisible. Point.

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Big Bang au Parti Socialiste ! – Edito lettre n°101

Par Julien Dray 


Enfin ! Voilà maintenant des années qu’à travers cette lettre hebdomadaire nous défendons une vision singulière pour l’avenir de la gauche, un dépassement des partis et un chemin de rassemblement.

Nous publierons ici, dans quelques semaines, un résumé de ce travail de fond, des propositions concrètes, des contributions que nous avons semées dans le seul but de permettre à la gauche de retrouver foi en elle-même !

Le premier secrétaire du Parti socialiste a proposé un big bang et nous l’avons soutenu dans cette démarche.

Le conseil national du Parti socialiste a validé, d’une certaine façon, une grande partie des thèses que nous avons développées ici patiemment. Il s’agit bien d’un Big Bang. Nous en avions besoin pour repartir de l’avant !

Nous allons donc remettre le collectif au travail. Nous allons donc associer toutes celles et tous ceux qui le souhaitent, Militants ou sympathisants. Tous les volontaires sont les bienvenus.

Nous avons clos une période qui petit à petit a dégradé notre image et notre crédibilité. Nous avons besoin de retrouver nos valeurs, nos fondamentaux, pour retrouver la confiance populaire qui nous manque tant et aussi pour nous retrouver.

Notre démarche est simple. Elle définira d’abord notre identité socialiste. Elle s’attachera à la construction d’un projet de gauche pour notre Pays. Elle le présentera à l’ensemble des partenaires comme une contribution à un projet de coalition. L’incarnation que réclame encore l’élection présidentielle dans la 5ième république ne sera que l’ultime étape d’un travail en commun.

D’abord savoir qui nous sommes et d’où nous venons. Se réapproprier le cœur du socialisme. Il s’agit, à partir de nos expériences passées, y compris dans l’exercice du pouvoir, de recentrer notre discours et nos propositions sur le social, l’institutionnel, la démocratie, l’environnement. Il s’agit ensuite de donner une autre perspective et une autre vision aux Français. Les crises qui se succèdent, qu’elles soient sanitaires, économiques, environnementales ou sociales méritent d’autres réponses que celle apportées aujourd’hui par une droite libérale et en pleine dérive autoritaire.

Ensuite construire un projet cohérent prenant en compte la situation actuelle du pays tant sur le plan sociétal que moral. Nous le ferons à partir de propositions claires, concrètes et finançables. La troisième étape sera de proposer à tous les partenaires intéressés par un projet de coalition de partager un avenir commun de gouvernement.

Nous avons pris acte de tous les mouvements sociaux, des Gilets jaunes aux personnels soignants en passant par les salariés du privé et les marches pour le climat. Nous avons pris acte de la demande de protection, de services publics efficaces, d’une vision claire sur l’écologie, d’une instruction publique émancipatrice et de sécurité.

La crise sanitaire nous oblige à revoir l’organisation de notre système de santé, de recherche, d’approvisionnement, La crise sociale nous oblige à revoir le rôle de l’Etat, des services publics, la crise écologique nous oblige à revoir nos moyens de production et de consommation, les « décarbonner » pour respecter la planète….la crise morale nous oblige à révolutionner l’école pour lui permettre de redevenir un chemin d’émancipation…..

Une nouvelle page s’ouvre. Elle doit aboutir à un projet de coalition unificateur qui devra permettre une candidature représentant l’ensemble de la gauche.

Ni effacement, ni soumission de qui que ce soit à qui que ce soit.

Ce que nous faisons et que nous proposons à tous, c’est un big bang des consciences de gauche, un nouveau CNR s’impose.

 

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Cocotte minute ! – Edito Lettre n°100

Par Julien Dray 


On doit le dire et le répéter : la situation sanitaire et sociale de notre pays impose des choix difficiles pour aujourd’hui et pour demain mais pas n’importe lesquels ! Cette crise inédite, mondiale, est un défi pour tout pouvoir en place. Et c’est aux conséquences sur la vie de chacun que l’on peut mesurer le taux d’adhésion collectif.

On le constate partout en France, la colère est maintenant aussi forte que la peur. Nous nous étions soumis à la première vague bon an mal an. Malgré nos doutes quant à la sincérité des informations, malgré nos doutes sur les mesures annoncées, nous avions accepté une restriction, que nous croyions provisoire, de nos libertés. Nous imaginions alors un début et une fin et cette fin nous faisait tenir. On le croyait !

L’Etat, notre modèle social, les personnels soignants, les métiers autrefois dit « sans importance » …tout ça allait nous permettre de passer ce mauvais moment.

Et puis les chiffres tombent et s’accumulent. Tant sur le plan sanitaire que sur le plan social, cette pandémie a fait bien plus de victimes que les trop nombreux malades dont le nombre augmente chaque soir au 20 heure. Cette pandémie a fait surtout des vainqueurs et des vaincus : les actionnaires des multinationales de l’économie numérisée d’un coté et le reste de la population de l’autre. Cette pandémie a révélé l’étendue des ravages sur nos services publics.

Augmentation de la pauvreté, de la précarité, du chômage. Détérioration significative du moral des Français. On ne voit plus la fin. Lorsque que l’on compare la situation dégradée d’une population toute entière avec les indécents profits de quelques uns, on comprend que cela peut devenir explosif.

C’est à une gestion chaotique, où l’on nous dit tout et son contraire, que l’on est confronté. C’est une gestion anxiogène, un management par la peur, la culpabilisation, l’infantilisation que nous subissons : la tentation d’un pouvoir de plus en plus autoritaire.

Ce sont des restrictions inédites, dont notre pays est un champion de la surenchère, que nous sommes obligés d’accepter. Aucun autre pays n’adhère au concept de l’auto-attestation dérogatoire, à la prune de 135 euros jusqu’à la prison si on oublie l’indispensable sésame. Aucun autre pays n’a mis en place un confinement aussi draconien. Aucun autre pays n’a séparé le commerce essentiel de celui qui ne le serait pas.

Aucun autre pays n’a profité à ce point d’une situation de crise pour s’en prendre aussi gravement aux libertés publiques. Aucun ! Et pour quel résultat ?

Nous devons l’affirmer, le dire, le répéter : ça suffit ! il n’y a pas de fatalité ! Une autre politique est non seulement possible mais nécessaire, indispensable…. Vitale ??

On ne veut plus dépendre exclusivement des décisions parfois stupides d’un soit disant comité de défense qui n’est soumis à aucun contrôle démocratique ! On veut moins une fin que le début d’autre chose.

Les français n’en peuvent plus et nous devons leur répondre autrement que par la restriction, le renforcement des contrôles, la culpabilisation, autrement qu’avec cette idéologie qui s’installe, qui voudrait démontrer que les seules solutions seraient désormais des solutions autoritaires, parce qu’on ne pourrait pas faire confiance au « peuple » parce que la démocratie rimerait soit disant avec « impuissance » et parce que chacun devrait apprendre à se méfier de son voisin, des nouveaux ennemis de l’intérieur.

La pente glissante dans laquelle la société Française glisserait alors emporterait même ceux qui aujourd’hui pensent qu’il ne s’agirait que d’un mal nécessaire. Au jeu de la solution autoritaire, il y a toujours plus autoritaire que soi. Et des forces obscures dans la société française se mettent à nouveau à rêver de ce type de solutions.

Pour s’opposer à cela il est urgent d’affirmer qu’une autre politique est possible. La démocratie n’est pas un luxe mais un impératif pour remobiliser le pays. Il faut opposer un nouveau programme de transition économique et social imprégné de justice.

C’est la page d’un libéralisme, destructeur de lien, qu’il faut tourner. Et il faut la tourner rapidement avant que soient inscrites dans la table des lois cette dérive sécuritaire à laquelle nous pourrions assistés impuissants !

La cocotte boue et nous sommes assis sur le couvercle ! il est temps de se lever !

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Etats Unis : une condition nécessaire mais pas suffisante ! – Edito lettre n°99

Par Julien Dray 

A ce stade, on ne peut plus douter. Joe Biden sera le prochain président des Etats Unis. Dans la plupart des démocraties du monde entier, on exprime un « OUF » de soulagement. Cette élection américaine aura monopolisé beaucoup de notre temps, parfois un peu trop.

L’emballement de la Gauche en général et de la Gauche Française en particulier pour le candidat démocrate est symptomatique d’une frénésie anti-Trump qui ne dit pas son nom. Si on pouvait souhaiter la défaite de Trump, fallait-il soutenir inconditionnellement Joe Biden ? était-il besoin d’aller jusqu’à en faire un « François Mitterrand » à l’américaine ? Lorsque l’on connait le positionnement idéologique du candidat démocrate, c’est assez étonnant !

En tout état de cause, ce que l’on nous annonçait comme « plié » d’avance a cependant confirmé la fragilité des sondages divers et variés. On a l’impression que le monde des élites espérait tellement la défaite de Donald Trump, qu’il a anticipé une trop large victoire de son opposant. Ce n’a pas été le cas.

Le nombre d’électeurs, la dispersion des votes communautaires autrefois acquis à un camp, la forte mobilisation du vote populaire n’avait pas, loin s’en faut, été anticipé. Lorsque l’on constate que le perdant a obtenu davantage de voix que Barack Obama pour son deuxième mandat, on ne peut s’arrêter à commenter uniquement la victoire de Joe Biden.

Certes, elle est la condition nécessaire pour que les Etats Unis se débarrassent d’un pouvoir autoritaire, identitaire et parfois dangereux tant dans le discours que dans les actes. C’est la condition nécessaire pour que les Etats unis retrouvent le chemin de la responsabilité sanitaire, écologique et du multilatéralisme. C’est la condition nécessaire pour un retour des Etats unis dans les accords de Paris, dans l’OMS.

Pour autant, si la condition nécessaire est acquise, elle n’est pas suffisante.

La campagne électorale à mis en exergue des fractures qui n’ont pas disparu et qui se sont même visiblement renforcées. Donald Trump n’a pas conservé seulement sa base électorale, il l’a développée. Le populisme et la démagogie ont convaincu un large public parmi les classes populaires principalement mais pas seulement. L’individualisme associé au concept « America first » s’est étendu. Trump a perdu mais le Trumpisme demeure ! Les républicains ne l’ignorent pas. Il sera difficile de se débarrasser de son influence.

S’il est un paradoxe, comme souvent dans cette grande démocratie, c’est qu’à la fois on semble vouloir revendiquer plus de liberté individuelle et plus de protection de l’Etat ; La crise sanitaire n’y étant sans doute pas étrangère. L’équation apparaît donc très compliquée à résoudre, d’autant plus avec un sénat acquis à l’opposition.

La gestion de la crise sanitaire sera sans doute un test important d’orientation de la politique de santé dans un premier temps. Beaucoup de voix se sont exprimées contre la gestion erratique du président Trump qui a privilégié l’économie à la vigilance et à la santé de ses compatriotes.

Il y a de nombreuses leçons à retenir de cet épisode politique outre atlantique : sur la protection, la guerre commerciale et l’identité par exemple. Les démocrates devront certainement user de beaucoup de courage. Ils devront tenir compte de la demande de protection. Ils devront également parvenir à réconcilier les américains entre eux, très divisés aujourd’hui. Il leur faudra refonder un pacte social. Il leur faudra donner du sens à une ambition, emprunter le chemin d’une idéologie s’adressant aux couches moyennes et défavorisées : Oser les valeurs d’une gauche populaire. Bernie Sanders pourrait les y aider si, contrairement à la campagne des primaires, il n’est pas marginalisé par l’appareil.

On le voit. Loin de tout résoudre, l’élection de Joe Biden apparaît davantage comme un défi à relever que comme un long fleuve tranquille. On le sait aussi, ce qui se passe aux Etats Unis a souvent des influences dans le monde entier.

L’arrivée de Donald Trump avait favorisé le développement de régimes autoritaires les plus radicaux sur la planète ; espérons, sans trop d’illusions, que la victoire de Joe Biden favorisera celle de la démocratie et des forces de progrès !

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PANIQUE !? – Edito lettre n°98

Par Julien Dray 


Cette expression née dans les années 70 n’est pas due au hasard. Quel que soit le côté vers lequel on se tourne, c’est l’angoisse qui est au rdv.

Il y a la pandémie. Du jamais vu. Elle est mondiale. Elle affole le monde. Le pouvoir erratique, hésitant, prend des mesures brutales de dernier recours. Les décisions prises aujourd’hui le sont dans une précipitation qui ne peut être qu’un élément supplémentaire d’inquiétude. Les journées, les semaines et peut-être les mois à venir seront longs, sans possibilité de se divertir, de libérer les esprits, de renforcer le lien social. Pour les uns se sera métro, boulot, dodo et pour les autres ce sera l’enferment contraint. Nous serions sensés être en sécurité ? nous vivrons dans la peur de ne pas avoir d’issue à ce tunnel sans fin.

La situation de notre pays est anxiogène. La politique du chiffre d’une part et l’abandon de certains services de renseignements, le manque d’anticipation, entre autres, menée depuis des années, ont ouvert des brèches et n’ont pas permis de préparer ce qui arrive aujourd’hui. Nous portons tous une part de responsabilité.

Et puis il y a une offensive islamique sans précédent qui, sans nul doute, a compris l’intérêt du moment et profite de notre faiblesse pour tenter de faire plier la république sur ses principes essentiels. Il n’y a pas de hasard à la concomitance des deux phénomènes.

La peur, là encore, l’emporte sur la raison. La peur c’est opaque, c’est une notion qui pousse à se méfier de tout, de l’autre. La peur force à la déraison. Elle peut aboutir à la violence ! Il faut une autre méthode de gouvernance. Le discours dominant alimente cette peur plus qu’elle ne la combat.

Instrumentaliser la peur, ce n’est pas notre ADN. On sait que la peur est inversement proportionnelle à l’efficacité sur tous les plans ! La peur, ce n’est pas une valeur de gauche.

Notre modèle démocratique est en danger ? C’est à nous de le défendre. Il y a ici et là des propositions inquiétantes ? C’est à nous de les dénoncer, de les confronter à nos principes. On pourrait être tenter de se diriger vers un régime autoritaire ? C’est à nous d’opposer notre conviction humaniste, sociale, solidaire.

La France est un pays et c’est aussi une histoire, un récit ! elle n’est forte que lorsqu’elle est debout, qu’elle fait peuple, qu’elle transmet de l’universel ! Nous ne sommes pas faits pour vivre dans le communautarisme, dans l’individualisme, dans l’égoïsme, dans un monde qui voudrait en rabattre sur nos libertés et sur notre commun ! Nous ne devons pas nous laisser impressionner !

Il n’y a pas de hasard. Tout est lié. Et pourtant nous ne sommes pas en guerre. Nous sommes dans un combat qui mérite un autre discours et d’autres actions. Nous sommes dans une période où nous devons réaffirmer notre attachement à une république sociale et laïque.

Sur la gestion de la pandémie, on doit donc d’abord traiter les conséquences sociales et culturelles ; ne pas favoriser ceux qui ont déjà, lors de la première vague, vu leur fortune augmenter de façon exponentielle au détriment de tous les autres… Que n’avons nous pas plus largement débattu pendant et après la première vague pour prendre des décisions d’intérêts collectifs ?

Sur la gestion du terrorisme il faut aller à la source, accepter de comprendre d’où, aujourd’hui vient le mal. Ne plus jamais verser dans la naïveté. Tout est lié ! Que n’avons nous pas davantage soutenu les Kurdes à un moment de l’histoire où il était possible d’éradiquer la mouvance islamique ?

La prééminence d’un pouvoir à tendance monarchique affaiblit sans doute un peu plus la république et donne des armes à ceux qui veulent la remplacer par des idéologies extrémistes, fondamentalistes !

Si nous ne nous respectons pas, si nous n’imposons pas clairement le respect d’un état de droit, si on ne nomme pas pas les choses clairement, nous continuerons, fatalistes, à vivre dans la peur. Nous subirons, impuissants, des procédures d’exception qui se succèderont et qui mettrons à mal notre modèle.

Nous devons donc rester debout. Entretenir notre capacité d’indignation. Evacuer la peur. Elaborer un discours digne de notre histoire. Réinventer la concorde plutôt que d’appelr vainement à l’unité. Construire un front démocratique.

Exigeons un vrai débat, une vraie conférence élargie à toute la population pour aboutir à un pacte démocratique d’une République fière de son triptyque et de sa spécificité.

Notre crédo, notre seul crédo c’est celui d’un état social d’intérêts collectifs ; d’un état laïc qui ne s’accorde pas avec le oui mais !

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« Mal nommer les choses c’est ajouter aux malheurs du monde » Albert camus – Edito lettre n°97

Par Julien Dray 


L’innommable assassinat d’un hussard de la république ne peut pas être un épisode de plus dans la longue série des attentats terroristes qui touche aux fondamentaux de notre république.

Nous ne pouvons pas réduire notre réaction collective à la compassion pour les victimes et leurs familles. Soyons clairs, il est évident que notre indignation, notre affection, notre solidarité doivent être exprimées y compris en organisant des manifestations de soutien ou d’affirmation de notre union nationale.

Cependant, cela ne suffit pas. Cela ne suffit plus. Nous n’en sommes plus aux circonvolutions de langages. Nous ne pouvons plus, sous couvert de vouloir épargner ou protéger une communauté, biaisé notre discours. Car oui, en effet comme le disait Camus : « Mal nommer les choses c’est ajouter aux malheurs du monde ». Jusqu’à aujourd’hui c’est peut-être bien ce que, inconsciemment, nous avons fait.

Alors disons-le clairement. L’islam politique radical met en danger, et c’est un moindre mot, notre démocratie. La justification d’une religion n’a rien à faire dans le pays des droits de l’homme. Dans ce pays où la séparation de l’église et de l’état est un principe intangible.

Ce n’est pas un fou, ce n’est pas l’acte isolé d’un individu, ce n’est pas un citoyen lambda qui a assassiné un professeur des écoles. C’est l’Islam politique radical qui en est la cause. Un Islam qui s’est développé dans notre pays, principalement dans les secteurs abandonnés de la république. L’abandon de la police de proximité, les atermoiements sur la loi de 1905, le clientélisme ici et le laisser faire à d’autres endroits ont permis ce développement. La situation sociale et économique dégradée a fait le reste.

Nous n’affirmons plus ce que nous sommes par peur de froisser, d’apparaître injustes, de créer des inégalités ? Pendant ce temps, nous n’appliquons pas la loi. Certains revendiquent même de l’adapter, dans un sens ou dans un autre et rien n’est fait. Ces tergiversations sont la porte ouverte au radicalisme.

La mort atroce de Samuel Paty ne doit pas rester sans réponse. Elle doit être un élément déclencheur pour donner le nom de l’ennemi de la république. Ce ne serait que justice et respect envers un professeur qui a transmis, à travers ses cours, les valeurs de notre république. Il n’a commis aucun délit. Au contraire de cela, il a ouvert les consciences d’enfants à l’esprit critique, au libre arbitre et à la liberté d’expression.

Notre peine est immense et notre colère l’est également. Il s’agit maintenant de ne plus jamais fermer la parenthèse dans l’attente fatale du prochain attentat.

La défense de la laïcité est plus que jamais d’actualité.

Etre citoyen de ce pays c’est se conformer à cette loi là. Sans compromis. Tout doit changer pour que nous retrouvions enfin notre vocation universelle. Une vocation qui ne s’accommode pas, ne s’accomodera jamais de la barbarie et de l’obscurantisme !

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