26 octobre 2018

L’écologie otage de l’impôt ?

Par Julien Dray

La situation des ménages se dégrade. Outre que le chômage qui, toutes catégories confondues, avoisine aujourd’hui le chiffre de six millions, les taux de précarité et de pauvreté augmentent également de façon inquiétante.
Le choix politique d’Emmanuel Macron de privilégier un petit pourcentage de super riches n’a donc aucun effet ni sur l’emploi, ni sur le pouvoir d’achat d’une grande majorité de la population.

On a opté pour l’amélioration de la situation des actifs à grand renfort de publicité alors même que les baisses de cotisations consenties, si elles hypothèquent les revenus indirects, ne compensent pas l’ensemble des augmentations en tous genres et principalement celles liées à l’énergie… cette amélioration, supposée, des actifs n’a donc aucune conséquence sur l’activité.

Ce sont bien les classes populaires, les classes moyennes et les retraités qui payent le prix fort d’une politique s’appuyant sur la culpabilisation pour imposer ses réformes.

On sait par ailleurs que moins on a de moyens, moins on a de choix. Moins on a de moyens, plus on habite loin des centres villes voire des villes elles mêmes. Moins on a de moyens plus on dépense en transport pour aller travailler et en charges fixes pour pouvoir se chauffer. Moins on a de moyens et plus on est touchés par la taxation énergétique. Plus on est touchés par la taxation énergétique et moins l’on se soigne, moins l’on mange équilibré….

Ce qui ressemble à une Lapalissade semble pourtant complètement échapper au pouvoir en place.

Ainsi, on assume d’opter pour une taxation punitive sans se préoccuper de la solvabilité des plus faibles. On assume d’augmenter la taxation sur le diesel, sur le gaz et dans le même temps on supprime des crédits d’impôts concernant l’installation de matériaux à énergie renouvelable permettant des économies par exemple sur le chauffage.

Nous n’avons guère suffisamment anticipé, dans le passé, le changement climatique et ses conséquences. Cependant, la COP21, a permis d’une part d’identifier des pistes d’amélioration et de mettre en place un certain nombre de mesures favorisant les économies d’énergie tant au niveau de l’individu qu’à tous les niveaux de la société.

La conversion de l’ensemble des citoyens ne peut se faire en excluant, en ôtant toujours plus de possibilités de se chauffer, de se déplacer et donc de trouver un travail aux plus fragiles de nos concitoyens d’abord mais également à la grande majorité de la population périurbaine, rurale ; celle qui ne vit pas intra-muros, dans les grandes villes où il suffirait de traverser la rue pour trouver le graal.

L’urgence climatique commande d’avoir une volonté indéfectible pour faire évoluer les comportements à tous les niveaux de la société. Le préalable à toute réforme est de comprendre par quoi et par qui commencer, comprendre comment associer, responsabiliser les citoyens par une prise de conscience individuelle et collective, certainement pas en culpabilisant des populations plus ou moins ciblées.

Enfin, lorsque l’on entend, devant la représentation nationale, de la bouche même du ministre du budget, l’aveu que les sommes perçues à travers les taxes et impôts divers ne sont pas systématiquement reversés sur les budgets auxquels ils étaient destinés…

N’est-on pas en droit de se demander si pour ce qui concerne l’écologie, elle ne serait pas l’otage d’un déficit budgétaire public global ? A ce stade, nous n’avons aucune réponse concrète.

Julien Dray 

 

 

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