3 mars 2020

C’est la crise : politique et sociale – Edito lettre n°73

Par Julien Dray 


Sauf à considérer que l’ensemble des luttes en cours n’ont aucune pertinence ; sauf à considérer que la légitimité démocratique, dont on connaît les ressorts, s’impose à tout débat ; chacun peut admettre que nous sommes entrés dans une crise profonde.

Voilà maintenant plus d’un an que dans tous les secteurs d’activité, l’expression populaire est passée de la fatalité et l’acceptation à l’indignation et la colère. Lorsqu’on touche aux fondamentaux de notre système, que la situation de 80% ,voire davantage, de Français se dégrade et que dans le même temps on note une explosion des hauts revenus et des dividendes, la cohésion nationale n’est plus possible.

Les œillères idéologiques dont se sont parés le président et son exécutif deviennent mortifères dans une société qui n’est jamais sortie d’un modèle de référence, vanté par le monde entier, issu du conseil national de la résistance.

Le nouveau monde voudrait y mettre fin et ça ne passe pas. Il use alors de méthodes autoritaristes voire violentes. Il impose. Il passe en force. Jusqu’au 49.3 d’aujourd’hui.

La crise est politique. Elle confirme s’il en était besoin que la 5ième république est à bout de souffle. Le pouvoir du président devient celui d’un monarque suprême ; seul à décider. Ce pouvoir là est de plus en plus contesté La détestation se concentre même sur le personnage le plus haut placé. Emmanuel Macron est contraint aujourd’hui à une protection inédite en France : plus de 700 personnes au service de sécurité du président.

La crise est politique et c’est avant tout parce que la démocratie nous échappe. Le pacte social est une limite pour la légitimité du pouvoir. Le président, par son obstination à ne servir qu’une partie très ciblée de la population, perd la confiance fragile qui lui avait été accordée plutôt contre son adversaire que pour ses idées et son programme.

La crise est politique parce qu’elle est sociale. On a beau sortir des éléments de langages tendant à faire croire que la situation s’améliore, que la politique de ce pouvoir porte ses fruits, ça n’imprime plus. On a beau transmettre de belles courbes et de beaux tableaux s’appuyant sur des moyennes ; on comprend bien que tout cela trahie une réalité indépassable.

La pauvreté et la précarité ont significativement augmenté depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron. Les services publics ont été dégradés. L’hôpital public est dans une situation catastrophique, inédite. La sécurité est devenue une repression féroce ; elle ne protège plus le droit, principalement celui de manifester. Seul le travail indépendant s’est développé. Les radiations à Pôle emploi se sont démultipliées.

« La vraie vie des vrais gens » n’est pas celle des courbes et des tableaux. Elle est faite, de plus en plus, de petits boulots, de contrats courts, d’emplois précaires, de travailleurs pauvres, de retraités en dessous du seuil de pauvreté, de crainte de l’avenir, de peur du déclassement…

Le projet de réforme des retraites est la réforme injuste de trop. Elle doit être combattue parce qu’elle concerne tout le monde.

Mais comme nous l’avons dit ici, défendu et répété, il est nécessaire de montrer plus fort et plus massivement le trou béant qui existe entre l’obsession du prince et le rejet de la population.

Seule une action d’ampleur nationale peut répondre à cette nécessité.

Il ne s’agit donc pas d’organiser partout en France des manifestations morcelées mais de se retrouver tous, massivement sur les boulevards de Paris, un jour où le plus grand nombre pourra venir pour dire NON à une dérive autoritariste qui n’a que trop duré!

 

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