24 octobre 2019

L’Algérie ou la révolution permanente.

Par Gaël Brustier


La mobilisation massive des Algériens comme la stratégie employée par l’oligarchie – militaire entre autres – pour provoquer la dislocation du mouvement sont d’intéressantes leçons pour comprendre la vague de contestation qui soulève nombre de sociétés de continents différents.

En Algérie, comme le signifiait Djamila Bouhired, considérée en Algérie comme une héroïne nationale, le peuple algérien veut parachever sa Révolution fondatrice, en défendant une aspiration démocratique renouvelée et professant un refus catégorique de la répartition inégalitaire des revenus qui a été le sceau du régime depuis bien longtemps.

On peut ajouter à ces aspirations une façon d’exorciser la guerre civile des années 1990, dont on prédisait qu’elle avait rendu le peuple algérien amorphe. Mouvement social, populaire, la contestation algérienne se cherche un débouché politique.

Le pouvoir mise sur des arrestations symboliques pour casser la dynamique civique contestataire et sur des élections présidentielles « arrangées » pour sauver le régime. Si la rue, les intellectuelles, les forces sociales imposent une constituante, la donne changera fondamentalement. C’est l’alliance de la révolte sociale et de l’aspiration démocratique qui porte ce mouvement comme elle en porte d’autres.

Au Liban, l’explosion sociale et démocratique ébranle tant le pouvoir des Hariri que celui du Hezbollah, contesté par voie de conséquence dans ses propres bastions. La division confessionnelle et communautaire, la gestion « consociative » (c’est-à-dire prenant pour médiateurs les représentants communautaires du pays) héritée du fragile équilibre des Accords de Taëf de 1989, mettant fin à quatorze ans de guerre civile, n’a réglé en rien la question sociale… Elle revient à la vitesse d’un cheval au galop et rattrape les gouvernement du monde entier.

Enfin, comment ne pas relier la révolte sociale de ces deux pays du monde arabe ou proche-oriental d’abord aux Gilets Jaunes, souvent cités localement et au réveil de la société chilienne contre les malfaçons de la transition démocratique post-Pinochet qui a laissé un système inégalitaire perdurer parce que les équilibres nécessaires à son départ l’exigeaient.

Démocratie et aspiration égalitaire soulèvent le monde… et mettent fin au pessimisme ambiant.

 

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