26 novembre 2019

La révolution qui vient

Par Gaël Brustier


« L’hégémonie commence à l’usine ».

Cette phrase d’Antonio Gramsci mérite qu’on s’y attarde. Il n’y a plus beaucoup d’usines en France et en Europe mais sa signification est autre. C’est à partir du processus de production et des intérêts matériels des masses, du « peuple », des salariés, des petits patrons et des auto-entrepreneurs et même, soulignons le, des stagiaires, cette main d’œuvre corvéable à merci.

Donc, oui, à la base du front culturel, il y a le front économique, il y a le front social. Le « combat culturel » ne peut être extrait de cette dimension économique et sociale, de cet aspect matériel prééminent, à partir duquel, effectivement, se construit la vision du monde et « l’idéologie ».

Le mouvement des Gilets Jaunes est une des facettes d’un processus qui allie ce que l’on appelle « le mouvement économico-corporatif » aux fragiles radicelles d’un moment politique à venir. Les signaux faibles sont quand même des signaux à prendre en compte. De samedi en samedi, malgré LBD et « nasses » arrosées de lacrymogène, des Français se rassemblent. Les facteurs nombreux.

Au contraire de l’Italie, pas de Beppe Grillo, ici, pour prendre la tête d’un mouvement des places mené tambour battant en camping car. Aux élections européennes, les listes Gilets Jaunes n’ont pas rallié un grand nombre de suffrages. Est-ce à dire que ce mouvement ne pèse pas réellement sur le destin du quinquennat Macron.

La mobilisation du 5 décembre, plus encore qu’une « convergence des luttes », c’est la possible coagulation d’un mouvement social, culturel et politique d’ampleur.

Il manque pour l’heure l’étincelle mais pas le potentiel. Les peuples d’Europe vivent encore.

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