11 juillet 2018

La théorie du chaos Jupitérien !

Par Edmond Thanel

Si on devait résumer la potentielle stratégie politique d’Emmanuel Macron, on pourrait reprendre cette phrase issue d’une étude sur la théorie du Chaos ramenée au management d’entreprise :

« Les transformations de notre univers obligent à développer une intelligence complexe, afin d’établir une démarche systémique et chercher à élaborer des stratégies pour aborder l’imprévisible, l’aléatoire et le qualitatif ».

La pensée complexe dont se réclame le président –vous aurez noté que, par modestie sans doute, il ne parle pas d’intelligence- apparaît comme l’article premier de son mode de fonctionnement.

Posant le postulat de la complexité, il prépare ainsi ses supporters, ses admirateurs mais aussi ses collaborateurs, à marcher sur un chemin recouvert d’un épais brouillard. Peu importe que nos marcheurs ne saisissent pas les contours, les alentours, peu importe qu’ils ne comprennent pas tout, loin de là, s’ils perçoivent devant ou au dessus d’eux leur guide ; un guide suprême auquel ils font, contraints par leur choix d’avancer, une confiance aveugle.

Les mots du guide sont choisis. Ils font appel à notre instinct , à la connaissance que nous avons de l’histoire, à l’imagerie populaire. Les mots sont choisis mais ils nous entrainent vers un ailleurs nouveau, distinct de la tradition, de la convention. Les mots sont utilisés pour servir de repères, de marqueurs à nos esprits formatés et on ne s’en méfie pas puisque ces mots sont ceux de notre instruction nationale.

Et pourtant ! si l’on refuse un instant de se laisser endormir, de se laisser hypnotiser ! si l’on oblige notre conscience à reprendre le dessus, alors on discerne l’écart entre les mots, tels que nous les appréhendons dans l’imaginaire collectif et l’usage qu’Emmanuel Macron en fait.

Cette prise de conscience fait apparaître la réalité dissimulée dans un désordre assumé, le brouillard se dissipe et l’on comprend que si la rhétorique est singulière, l’objectif, lui, est clair !

Nicolas Sarkozy s’était mué en manager d’entreprise à la conduite de l’état, Emmanuel Macron lui substitue encore une autre dimension. Il se présente en « leader » jouissant de sa légitimité démocratique pour imposer une vision qui, se voulant moderne, fustige le passé, bouleverse nos modes de réflexion, attise nos peurs, fait appel à nos plus bas instincts, alimente notre désir de liberté individuelle, nous invite à baisser le pouce quand il désigne les coupables, les profiteurs, les assistés, les bénéficiaires de ce « pognon de dingue » qui plombe nos comptes ; l’argent jeté par les fenêtres.

Il brouille les pistes, se déclarant « anti-système » alors même qu’il le fige, qu’il l’utilise au seul profit des premiers de cordée, qu’il se l’approprie, qu’il le « verticalise »

Il met en pratique une stratégie bien connue de ses amis du CAC40 : c’est la théorie du chaos adapté au libéralisme économique d’état.

La réponse politique à cette pensée complexe ne l’est pas moins parce que Monsieur Macron ne fait pas vraiment de la politique mais du business !

Et lorsqu’il met des mots sur sa pensée, pour en faire un message républicain, il les emprunte à quelques personnages.

Le terme « Capitalisme populaire » par exemple était une théorie de Madame Tatcher, reprise par madame Le Pen et plus tard par Monsieur Caméron. En citant ces noms on comprend quel est son objectif et d’où vient son inspiration.

Nous n’en sommes plus à devoir répondre à un positionnement politique sur une échelle de gauche à droite…ce n’est pas là qu’il faut le chercher, il n’y est pas. Son nouveau monde est au delà de nos principes de reconnaissance…Il n’est effectivement ni de droite ni de gauche, il est Napoléon et Louis Philippe, il est Saint Louis, il est un roi qui se voudrait soleil et qui n’est que l’ombre de nous mêmes quand nous sombrons dans l’apathie !

La république qu’il nous propose en mélangeant solennité et droit divin, n’est ni la cinquième, ni la sixième, mais la troisième ou la quatrième teintée de bonapartisme, mâtinée de monarchie !

Monsieur Wauquier comme madame Le Pen ont tout de même du souci à se faire. La marche qu’Emmanuel Macron propose est un large piétinement de leurs plates bandes…

Nicolas Sarkozy voulait enterrer mai 68…ce que Monsieur Macron voudrait lui c’est enterrer 1789…en rétablissant noblesse et clergé dans de pleins pouvoirs. Il serait temps que le tiers état se réveille et mette fin à cette embolie systémique ! Il n’y a que la gauche républicaine pour incarner ce retour aux sources.

Edmond Thanel   

 

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