10 septembre 2019

Municipales : Une somme d’élections locales ne fait pas une dynamique nationale

Par Daniel Goldberg

Dans la plupart des villes de France, les femmes et les hommes qui souhaitent s’engager dans un futur mandat municipal réfléchissent déjà à leur programme et leur stratégie d’alliances. C’est louable, même si les citoyens sont pour le moment assez éloignés de ces enjeux et, à vrai dire, peu sollicités.

Pourtant, ces derniers, souvent partisans de l’unité, auraient sans doute beaucoup à dire, en tous les cas celles et ceux qui se situent parmi la gauche et les écologistes, pour enjoindre les futurs candidat.e.s à avoir des stratégies victorieuses. On peut se complaire dans la figuration comme cela a été le cas déjà trois fois, aux élections présidentielle, législatives et européennes, mais la victoire à chaque fois d’E. Macron et de sa famille politique, avec comme principal challenger le Front national, devrait amener à réfléchir. Dans cette histoire, chacun est coupable, car chacun est responsable.

Les données sont cependant simples pour les scrutins des 15 et 22 mars prochains : si la gauche et les écologistes ne veulent pas, dès le premier tour, être éliminés ou en incapacité de l’emporter au second, ils doivent bâtir des alliances ouvertes et transparentes, de gré ou de force.

Toute autre attitude, poussée sans doute par le fait que chacun.e se pense indispensable à la conduite de sa commune ou encore par le sentiment que les 36 000 élections municipales n’auront aucun lien entre elles est mortifère pour construire nombre de victoires locales et une espérance nationale.

Est-ce que la gauche et les écologistes vont dès cette fin 2019
donner pour 2022 encore une fois la victoire à E. Macron ?

Car c’est bien le fond du sujet : soit on considère que la politique suivie depuis 2017 ne répond pas aux urgences sociales, environnementales et démocratiques, déconstruit notre modèle social et que les deux côtés de l’enclume LREM / FN (sans qu’ils soient équivalents) mettent à mal la République, et, dans ce cas, le rôle de tout.e citoyen.ne.e engagé.e est de faire en sorte que son action locale ait une traduction limpide nationale, voire internationale. C’est le principe même de stratégie du colibri : chacun.e participe à hauteur de ses possibilités à une exigence commune.

Soit on considère que, finalement, les enjeux locaux (et sa propre personne!) surdéterminent le reste, et c’est, avec panache peut-être et habilement sans doute, participer soi-même à renoncer à construire une alternative crédible pour 2022.

La mémoire collective doit se souvenir des grandes victoires de la gauche aux municipales, en 1977 ou en 2008 : en-dehors de la qualité des candidats, c’étaient des mouvements nationaux qui portaient nos listes victorieuses. Et, de même, en 2001 ou en 2014, ce sont des causes nationales qui ont causé le rejet de beaucoup de nos candidats, et moins des raisons locales.

Donc, si on se situe dans la première hypothèse, alors les stratégies d’alliances doivent être clairement exprimées localement pour s’inscrire dans une possible dynamique nationale. Il est encore temps de décréter l’utilité d’une Convention de la gauche et des écologistes pour les élections municipales, qui se tiendrait avant la fin 2019, afin d’engager chacun localement, dans une démarche commune.

Il sera temps alors de forcer les destins locaux et les inimitiés séculaires pour voir en quoi, la somme de battements d’ailes de papillons locaux dans l’ensemble des villes et des villages de France peut faire un tout et renverser l’ordre politique établi depuis 2 ans.

Daniel Goldberg  

 

 

 

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