6 juin 2020

Annulons les dettes publiques du monde d’avant pour préparer le jour d’après!

Par Arthur Courty ; Charles Adrianssens ; Paul Montjotin

« Les dettes publiques françaises et européennes seront-elles un jour payées ? »

Les montants des dettes publiques françaises et européennes deviennent si grands et sur des échéances si longues qu’on peut douter qu’elles soient un jour payées. 120% du PIB, 2 600 milliards d’euros… A de tels niveaux, la dette publique ralentit durablement l’économie des pays tel un boulet, tire vers le bas les systèmes de solidarité et affaiblit la capacité des États à mener la transition écologique. Exposée à des crises financières systémiques, la dette publique est aussi une bombe à retardement. Bref, c’est désormais une crise de confiance majeure dans l’économie européenne.

« La relance budgétaire post Covid-19 ne peut se passer d’une annulation partielle des dettes »

C’est parce qu’il y a une crise de confiance que le consensus politique est à un relâchement de l’orthodoxie budgétaire. Mais ce dernier peine à se transformer concrètement. Au niveau européen, la France se gargarise du plan de relance historique mis en place par la Commission européenne. Mais quels seront les effets de ce plan de relance alors que le poids de la dette publique demeure aussi important ? La France se montre malheureusement incapable de porter ce sujet, alors que certains États comme l’Espagne et le Portugal proposent des solutions nouvelles comme la mise en place d’une « dette perpétuelle » ou la création de « coronabonds ». Il nous faut aujourd’hui tous reconnaître que les dettes contractées pendant la gestion de crise du Covid-19 et avant doivent être réexaminées. Sinon, la relance budgétaire sera très largement bridée.

« Convention citoyenne sur la Dette »

Quelles parties des dettes publiques doivent être annulées ? Le débat d’experts sur cette question ne peut se passer de l’expression démocratique. Sur le modèle de la Convention citoyenne pour le Climat, la France pourrait organiser une Convention citoyenne sur la Dette, dont les propositions seraient votées par le Parlement. Son cahier des charges serait d’identifier les dettes devenues inopérantes par rapport aux enjeux de la relance post Covid-19. Et d’articuler ces annulations de dette à des grands chantiers d’investissements publics cohérents avec le « Green Deal » européen ou a minima avec le plan de relance de la France.

« Relancer l’investissement public pour la transition écologique, l’emploi et les territoires »

Les capacités d’investissement public libérés par l’annulation de la dette publique française permettront des investissements ambitieux finançant l’adaptation de la société aux défis nouveaux que nous impose la crise du Covid : création d’emplois verts, lutte contre le changement climatique, services publics résilients… Alors que les taux d’intérêt sont au plus bas, la France pourrait aussi développer les capacités d’emprunt des collectivités locales, afin d’assurer des retombées locales pour les Français.e.s

Bien sûr, l’annulation des dettes publiques n’est pas une fin en soi. Elle ne fonctionnera que si elle prend place dans un plan gouvernemental coordonné prévoyant une fiscalité plus juste et la participation des entreprises.

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