6 juin 2018

Make our planet great again…but not yet!


Le Président de la République n’est jamais avare dans ses déplacements, dans ses discours de grandes envolées lyriques pour expliquer combien son action va révolutionner le monde, la politique, la vie des gens…

Force est de constater depuis un an que le passage du discours aux actes est toujours déceptif.

L’environnement n’échappe pas à cette règle. A peine arrivé au pouvoir, Emmanuel Macron brandissait son « make our planet great again » repris par les cohortes de Marcheurs sur les réseaux sociaux. On allait voir ce qu’on allait voir! Trump faisait vaciller l’Accord de Paris sur le Climat âprement négocié par François Hollande lors de la COP 21. Les effets d’annonce étaient vibrants. La chute est rude.

La loi sur l’agriculture et l’alimentation qui vient d’être votée par l’Assemblée nationale est l’expression des renoncements présidentiels du « en même temps »… Le rejet des amendements sur l’interdiction du glyphosate par la majorité En Marche en est l’expression la plus flagrante. Cédant au lobby de Bayer-Monsanto, les parlementaires ont accepté de renoncer à l’interdiction du glyphosate avec des exemptions possibles qui font traîner l’arrêt de l’exploitation de ce produit dangereux au-delà du raisonnable.

L’enjeu de la biodiversité dépasse de loin les intérêts économiques du géant de la chimie et des engrais ou pesticides. Pire, l’interdiction d’épandage de pesticides à proximité des habitations a été écartée. Tout ce qui aurait pu faire progresser une agriculture plus saine et plus respectueuse de l’environnement a été repoussé. En témoigne le maintien des élevages de poules en batterie.

Tout aussi pernicieuse est l’autorisation donnée à Total d’adjoindre de l’huile de palme dans ses carburants. Or, chacun sait que l’huile de palme nourrit aujourd’hui une pression foncière sur des territoires dont la biodiversité est en extrême danger. L’orang-outan est en passe de disparaître, son habitat naturel étant de plus en plus menacé.

Autre renoncement, la loi ELAN sur sa partie concernant le logement social. Le candidat Macron avait fait des annonces tonitruantes; il allait régler le manque criant de logements sociaux. La réalité va être terrible : des constructions au rabais, avec des normes environnementales très basses. Vous êtes pauvres? vous aurez une passoire énergétique. Au-delà du coût pour les ménages, c’est une contribution forte au réchauffement climatique. C’est de l’énergie de chauffage supplémentaire consommée pour compenser les pertes.

Sur les sujets environnementaux, Emmanuel Macron a mis en avant Nicolas Hulot comme étendard. A force d’avaler des couleuvres, l’espèce risque de disparaître de nos territoires.

Il est urgent de sortir de la politique spectacle. Captain Startupnation n’est pas un super héros Marvel. Il n’y a pas, à la fin, un effet spécial qui va faire disparaître la pollution et remettre la planète dans l’état où elle devrait être.

La politique environnementale de Macron est un échec pur et simple! Actons-le!

Il faut une ambition politique très forte sur ces sujets. Nous socialistes sommes capables aujourd’hui de définir un compromis politique pour préserver la planète et soutenir une économie porteuse de croissance.

Dans le domaine de l’agriculture, il faut sortir du modèle de l’agriculture intensive et favoriser le bio, les techniques diversifiées, les semences rares, les approches qui favorisent la pollinisation et les circuits courts de distribution. Il y a des emplois à la clef à créer, depuis l’agriculture, jusqu’à la distribution.

Dans le domaine des énergies, nous devons organiser de manière plus volontariste la transformation vers une économie verte. C’est d’abord une fiscalité incitative qu’il faut mettre en place pour favoriser la transformation de la production dans les entreprises vers un taux de recyclage des matières premières en forte augmentation, vers une industrie plus sobre en énergies et en rejets. Ce sont des filières de formation et d’installation qu’il faut mettre en place pour favoriser la transition écologique : isolation thermique des bâtiments, unités de production locales d’électricité solaire, filières de réparation des objets de la vie courante… autant de domaines dans lesquels nous pouvons aller vers une économie vertueuse source de croissance, d’emploi et d’un environnement plus sûr.

C’est enfin l’automobile qui doit être un secteur clef de la conversion écologique. La start up Nation doit accoucher d’urgence d’une filière automobile décarbonée, alimentée par exemple par hydrogène.

Notre plus grand tort, à nous Français, depuis les années 1970, est d’avoir tourné le dos à la production, considérant que nous pouvions tirer toute la croissance exclusivement d’une économie de services.

Aujourd’hui, nous savons que la pollution ne s’arrête pas aux frontières, que les sacs plastiques traversent les océans, qu’un téléphone portable nécessite la production de composants qui impactent l’environnement pour extraire les métaux rares et les transformer.

Nous avons un devoir, en tant que socialistes, de proposer un nouveau compromis politique, économique et social pour une soutenabilité des activités humaines sur notre planète.

Ce compromis est possible. Il peut même être gagnant.

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