La SSD n’est ni une pleureuse, ni la tiers-France

Par Sylvine Thomassin, maire de Bondy

L’État est faible en Seine-Saint-Denis et fait semblant de ne pas le savoir : moins de policiers.ères, d’enseignants.es et de magistrats.es. Et pour celles et ceux qui sont là, plus jeunes et moins expérimentés.ées qu’ailleurs.

Nos villes courent depuis des années après la sécurité (recrutement de policiers.ères municipaux.ales, vidéo tranquillité,…), après l’éducation (politiques de rattrapage par l’éducation populaire, les activités périscolaires,…), après la justice (permanences d’accès aux droits, écrivain.e public.que,…).

Nos villes courent après l’égalité sur leurs fonds propres pour contribuer à assurer des politiques régaliennes de l’État. Les habitants.tes sont moins protégés.ées et paient des impôts plus lourds.

Le témoignage des élus.es et des habitants.tes depuis des décennies ne suffisait pas. Le rapport parlementaire de juin 2018 (1) l’a mis en évidence, chiffres et statistiques à l’appui, les inégalités criantes que subissent les habitants.tes de ce département. Les députés ont même affirmé une République en échec en Seine-Saint-Denis et une faillite d’un État inégalitaire et inadapté.

Avec 4 autres maires du département, ceux de Stains, l’Île Saint-Denis, Aubervilliers et de Saint‑Denis, nous avons décidé de poursuivre le combat en formant un recours indemnitaire contre l’État. Ce recours (2) montre que l’État n’évalue pas les besoins et que l’allocation des moyens se veut égalitaire, mais ne l’est pas. Comment pouvoir affecter le moyens si on ne sait pas où sont les manques ? Le département le plus pauvre de France est sous-doté par rapport aux autres. Nous exigeons de la transparence dans l’attribution des différentes dotations et subventions pour enfin assurer l’équité territoriale dans l’intérêt de notre pays.

Nous croyons, comme Thomas Piketty le réaffirme, que la construction des inégalités est organisée depuis des décennies, de façon passive ou active par l’État. Il ne reste aux Maires, pompiers de la République, que le droit pour se faire entendre et donc la formalisation de ce recours.

Nous aimons notre pays, nous aimons la Seine-Saint-Denis, la jeunesse et l’énergie de sa population en sont la force vive. Les entreprises de demain se créent ici, les start-ups aussi avec une moitié d’entre elles qui relèvent de l’ESS. Quel signal positif peut-on donner au plus haut sommet de l’État à nos concitoyens.nes pour que notre pays n’oublie pas sa passion de trois siècles pour l’égalité et que notre département contribue à sauver la France ?

1. Rapport de F. Cornut Gentille et R. Kokouendo sur l’évaluation de l’action de l’État dans l’exercice de ses missions régaliennes en Seine-Saint-Denis, Assemblée nationale, mai 2018.

2. Recours préparé par Maître Arié Halimi, avocat.

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