24 janvier 2022

Climat, nous sommes au pied du mur !

Le climat fait l’objet de belles déclarations d’intentions, des proclamations et surtout… des renoncements! Nous le savons aujourd’hui, nos modèles économiques ne sont pas soutenables pour la planète. Nous continuons à faire comme si on pouvait réparer un barrage hydraulique avec des pansements en caoutchouc.


Réussir ce défi de sauver l’humanité et les autres espèces animales et végétales implique une transformation rapide et profonde de nos comportements et de nos décisions politiques de long terme.


Un enjeu de tension de cette transition se situe dans l’énergie. Nous savons depuis les écrits de J Rifkin que la décarbonation de l’économie passe par la transformation profonde du mix énergétique mondiale et donc l’accroissement de la part de l’électricité dans ce mix. L’essor rapide des voitures électriques vient créer des consommations supplémentaires. Pour consommer plus, il faut produire plus et transporter plus. L’accroissement de la consommation d’énergie électrique suppose un dimensionnement tout autre de nos réseaux soumis par ailleurs à l’intermittence des énergies renouvelables, notamment éolienne et solaire. Nous n’avons pas anticipé suffisamment l’usure de nos tranches de réacteurs nucléaires. C’est une question centrale que doit résoudre élection présidentielle : la France est-elle capable de soutenir sa transition écologique sur le plan de la production énergétique?


L’épidémie de COVID nous aura démontré une chose : nous n’apprenons rien de nos erreurs. Nous continuons à nous enferrer dans un modèle destructeur. Pendant la phase de sidération du premier confinement nous nous sommes tous promis de produire différemment, de consommer mieux et moins, de nous recentrer sur nous-mêmes et de retrouver l’essentiel. Dès que l’épidémie a laissé paraître une éclaircie, nous avons repris de plus belle ce modèle productiviste, nous glorifiant de 6% de croissance… Et c’est reparti pour un tour, on produit à bas coût des biens en Chine, on les transporte sur d’énormes cargos au diesel ou par avion, puis dans des containers routiers pour les écouler sur le marché…


Dans cette présidentielle, certains candidats mettent l’accent sur l’immigration, pointent l’immigré comme la source de tous nos maux. Mais que proposent-ils pour les terres du Bangladesh qui seront immergées? Que proposent-ils pour ces habitants des îles paradisiaques qui seront sous les eaux? Que proposent-ils pour les habitants de ces terres désertifiées par la chaleur? Rien. Que proposent-ils pour arrêter la déforestation des poumons verts de la planète? Rien.


Cette présidentielle est l’occasion unique pour organiser un projet de société autour d’un autre mode de vie. Une production raisonnée, de nouveaux métiers émergents, de nouveaux savoirs, une consommation respectueuse des ressources, une protection des plus faibles, la taxation des profits liée à la dégradation des biens communs.

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