15 décembre 2022

Retraites : Il y a un tournant sur le chemin de la guerre !

Tout paraissait clair. Même si personne n’avait anticiper le moment. L’ancien agent du KGB, Monsieur Poutine, personnage outrecuidant, mégalomane et narcissique, ivre de ses succès passés et certain de son droit, imaginait pouvoir développer et étendre, grâce à sa seule puissance, son domaine impérial. Il rêvait -peut-être en rêve-t-il toujours- de reconstituer une union soviétique digne de sa grandeur présumée. Pour lui tout était simple.


L’agression contre l’Ukraine était, dans ce projet, une étape décisive. Ce devait être aussi rapide et simple que de poster une lettre dans la boîte. Pourtant, l’impétueux autocrate se heurtât à l’incroyable : La prodigieuse résistance d’un peuple ! l’affront salutaire, conscient et assumé de femmes et d’hommes revendiquant leur indépendance et leur liberté ! la détermination admirable d’une nation toute entière !

Monsieur Poutine avait constitué un système où la certitude et la violence servait de moteur. Son pouvoir, assis sur la corruption, la peur et l’autoritarisme, devait le préserver en interne comme à l’extérieur. Il se mentait à lui-même. Il se voilait la face pour se donner la possibilité de vivre de la corruption et de ses mensonges. Le peuple Ukrainien a déjoué le scénario idyllique du tsar autoproclamé !

Sa guerre est un échec. C’est un premier tournant. Pourtant, loin de l’admettre, Vladimir Poutine a choisi la fuite en avant. Il ne peut accepter cette défaite : ce serait aussi admettre son incompétence. Il lui fallait donc trouver de nouveaux objectifs, une nouvelle sémantique. Une nouvelle génération, autour du maitre du Kremlin, lui en a donné le fond et la forme.

Il ne s’agit plus seulement d’une guerre contre un pays et en l’occurrence, l’Ukraine, mais d’un combat idéologique, un conflit de civilisation, une guerre contre l’occident ! Un occident décrit comme décadent. Une description qui en rappelle d’autres dont on sait de quelles tragédies elles sont le signe.

C’est au nom de l’ordre moral que Vladimir Poutine écrit aujourd’hui ses discours. C’est au nom de cet ordre moral qu’il souhaite entrainer son peuple. Ce Faisant, il l’affirme : l’occident se serait perdu dans sa fange, il serait devenu à l’image de la Rome antique, un système dépravé, un nouvel espace pour Sodome et Gomorrhe.

Il s’allie donc naturellement avec des régimes totalitaires, trop heureux de trouver, à travers les projets de Poutine, une nouvelle légitimité ; eux qui était souvent contesté dans leur propre pays. L’Iran et la Corée du nord font partie de cette alliance. Qui s’en étonnera ? Au delà, fort d’un soutien aux gouvernances corrompues en Afrique, on y bâtit une armée de mercenaires pour garantir avec le plus grand cynisme la protection du chef de l’ordre moral.

Tout cela ressemble à l’installation idéologique d’une nouvelle guerre froide. Il faut prendre très au sérieux cette dérive fallacieuse et la dangereuse inflexion qui en découle. L’Europe, face à cette situation a pourtant, ces derniers mois, cédé beaucoup sur le terrain de l’engagement politique. Elle s’est même plus ou moins effacée, se plaçant derrière les Etats Unis. Un cadeau imprévu dont les américains sont trop heureux : ils peuvent à nouveau s’imposer comme la super puissance protectrice du monde.

L’union Européenne a un rôle primordial à jouer dans ce nouveau contexte. Elle a à témoigner d’une histoire au moins aussi riche et ancienne que celle de l’imaginaire Poutinien ; lui qui se voudrait le digne héritier, l’incontestable représentant, de l’ancestrale culture slave face à la sous culture occidentale illustrée par la Pop-Musique.

Nous étions, nous sommes et nous serons toujours aux côtés du peuple Ukrainien. Nous devons continuer, sans faiblir, à l’aider, à défendre son intégrité, à retrouver son indépendance, à refuser la loi du plus fort. Et nous devons aussi revendiquer et défendre un modèle républicain, et laïc.

Nous devons être la force motrice, et universaliste, de l’égalité sociale et d’une liberté émancipatrice. Nous devons même l’affirmer comme une exigence pour nous-mêmes, pour tous les peuples à commencer par le peuple Russe. Il mérite depuis toujours un autre chemin que celui de la peur.

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