8 octobre 2019

Marseille : Unité ou sectarisme ! – Edito Lettre n°55

Par Julien Dray


Il y a quelques mois, une graine était semée dans une terre que l’on croyait peu fertile. Différents partis et mouvements se rencontraient à Marseille pour envisager ce que l’on ne croyait plus possible et que, cependant, beaucoup attendaient : une candidature unique de la Gauche aux prochaines municipales.

La déclaration courageuse de Jean-Luc Mélenchon apporte un nouveau crédit à un accord qui, s’il devait se concrétiser, serait mobilisateur et prometteur. C’est un élément nouveau qu’il faut saluer, ce que nous faisons ici.

Nous le disons depuis des mois et des mois : l’unité est la condition sine qua none.

Qu’une ville de l’importance de Marseille soit parmi les premières à voir enfin se réunir la gauche peut et doit servir d’exemple partout en France.

Mais alors que les choses avançaient de la meilleure façon qui soit, on apprend la décision unilatérale de 52 adhérents EELV et de leur candidat de se désolidariser du reste de la Gauche.

Outre que cela nuirait à l’ensemble de ses partenaires naturels pour l’élection municipale à Marseille, on créerait un précédent qui pourrait s’étendre et s’avérer très destructeur.

Aucune raison objective ne semble pouvoir justifier un tel positionnement. Tous les partis et mouvements de gauche ont adopté l’urgence sociale, écologique et démocratique. L’unité donnerait une réelle chance de battre n’importe quel candidat de droite ou d’extrême droite.

Il ne s’agirait donc que d’une candidature EELV proclamant être la seule légitime à représenter les Marseillais de gauche ? Ou plus encore les Marseillais « de gauche et de droite » ou « ni de gauche, ni de droite » ? Qu’adviendra-t-il si ni la gauche ni EELV ne parvenaient pas au second tour ? Avec qui le candidat écologiste scellerait-il un accord ?


On sait aujourd’hui ce que signifiaient les slogans du candidat LREM à la présidentielle de 2017. L’antisystème qui devait agréger les jeunes et les anciens, les femmes et les hommes, en effaçant l’ancien clivage gauche/droite, s’est en fait largement déporté pour situer l’affrontement entre la droite et l’extrême-droite. Que cette stratégie ait pour origine un centre-droit qui ne dit pas son nom ou l’écologie, les mêmes raisons produiront les mêmes effets : les mêmes victimes.

Les grands perdants à n’en pas douter seront les gens !

Il nous reste heureusement encore du temps pour choisir l’unité face au sectarisme. Partout en France, il s’avère nécessaire de s’obstiner à renforcer la dynamique unitaire, se préserver d’exclure et de garder des places libres à celles et ceux qui souhaitent rejoindre ce combat salutaire. EELV sera toujours la bienvenue dans la bataille !

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