Du noir à l’audace! – Edito lettre n°82

Par Julien Dray 

Est-ce ce confinement dur, qui dure et qui finit par agir sur nos consciences ? Est-ce la communication contradictoire d’un pouvoir hésitant ? Est-ce la prééminence de l’information brute, chaotique et naturellement anxiogène qui prend le pas sur notre réflexion ? Nous sommes tous endeuillés, angoissés, inquiets pour la santé de nos proches. Nous sommes inquiets pour toutes celles et ceux qui se lèvent la peur au ventre, pour aller travailler, pour sauver des vies, pour nous permettre de rester confinés.

Nous avons peur de nous-même ? Il semble que l’on ait éteint l’espoir et pourtant.

Qu’avons-nous à envier ? Quelle honte devrions-nous cacher ? Quelle pénitence devrions-nous payer ?

Non, la France n’est pas devenue le dernier de la classe des pays développés, des pays industrialisés, des pays fondateurs de droits humains. Arrêtons donc de nous perdre dans un dénigrement systématique. Il n’est pas idéologiquement neutre. L’histoire nous a appris que les auteurs de ces postures ne préparent que des solutions noires. Non, nous ne sommes pas, collectivement, sans ressource, sans élan, sans volonté.

Cette crise inédite est effectivement révélatrice à bien des égards. Elle ne l’est pas seulement pour la France mais pour le monde. A vouloir par trop déclasser notre pays, nous en oublions son histoire et sa faculté à toujours pouvoir se relever, reconstruire des jours heureux.

Il ne s’agit donc pas d’enfoncer le clou dans la tête de ceux qui ne croient plus en rien. Il ne s’agit pas davantage de céder à un quelconque fatalisme : une histoire déjà écrite où la France ne serait plus que renvoyer au piquet.

Il faut rallumer les lumières. Ne pas avoir peur du présent et encore moins du jour d’après.

« Si la seule solution est la mort, nous ne sommes pas sur la bonne voie. La bonne voie est celle qui mène à la vie, au soleil. On ne peut avoir froid sans cesse » Albert Camus

Comme nous l’a appris Camus il faut donc aimer le soleil. Avoir l’audace de regarder la nature ; celle de l’environnement et celle des hommes. Ne pas les vivre toujours et uniquement comme des agressions.

A bien y regarder, le meilleur de l’humanité est devant nous. Il se déploie tous les jours. Les voix qui s’expriment, qui combattent, qui agissent viennent de toutes les strates de la société : des citoyennes et des citoyens. Ces voix sont aujourd’hui étouffées, mal entendues. Elles nous disent en creux qu’il y a des moments où les valeurs doivent s’imposer sur la fuite en avant du compteur à chiffres.

C’est une force nouvelle qui émerge d’un volcan éteint. Cette force n’est encore qu’un bruissement, qu’une rumeur. Elle a besoin d’une volonté collective pour éclater. Elle a besoin d’un discours. Un discours qui va bien au delà du règlement de compte ou d’un jeu de chaises musicales. Et alors cette force là déplacera des montagnes !

Ce moment peut et doit être historique. Il est commandé par l’humanité. Il est aussi un appel de la terre des femmes et des hommes. Il faut donc passer du noir à l’audace !

« Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho… aux huées fanatiques » Jean Jaurès. La vérité est de fait révélée par cette crise. Ne nous mentons donc pas à nous mêmes.

Pour la gauche et pour l’écologie ce peut être l’année zéro. Pas celle où l’on oublie son histoire et ses convictions, pas celle où l’on perpétue de vieilles querelles, mais celle où l’on reparle à l’humanité, où l ‘on revendique enfin une volonté de construire une nouvelle société.

Ce moment est un formidable pied de nez à tous les contempteurs de l’argent roi.

Le monde ancien nous avait rendu défaitistes, cyniques, individualistes. Au nom du bon sens tout devait être accepté. Le monde nouveau ne naitra pas cette fatalité mais du combat.

Il nous faut ici sortir de la torpeur et retrouver notre volonté.

Comme toujours il y a le pessimisme de la raison et L’optimisme de la volonté. Dans le moment actuel l’optimisme de la volonté doit l’emporter.

Alors tout sera possible. Tout est possible !

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