4 décembre 2019

A partir du 5 décembre : C’est le tour de la France ? – Edito n°61

Par Julien Dray 


On ne compte plus le nombre de pays dans lesquels aujourd’hui la population se soulève massivement pour dire STOP à l’injustice, qu’elle soit sociale, fiscale, démocratique ou institutionnelle. Mais ce qui réunit toutes les manifestations en cours, de part le monde, c’est le refus d’un système injuste et oppressif.

En France, plus qu’ailleurs c’est bien le sujet qui « coagule » la multitude des mouvements dans une multitude de secteurs. Les Gilets jaunes l’ont dit les premiers et continuent à le crier depuis plus d’un an. La répression assumée et les violences policières ne les ont pas fait taire.

Derrière cette colère qui se cristallise il y a un non dit. Un non dit que le gouvernement fait semblant de ne pas entendre : la question du pouvoir d’achat et des salaires.

Il ne s’agit donc plus aujourd’hui de l’expression d’une opposition à telle ou telle réforme mais un « ras le bol » général vis à vis d’une politique qui creuse, comme jamais auparavant, les inégalités. Inégalités entre pauvres et riches ; inégalités entre hommes et femmes, inégalités de naissance, de culture, d’origine.

A partir du 5 décembre, ce ne sont pas une ou des corporations que l’on retrouvera dans la rue mais plus certainement la France oubliée, négligée, humiliée, niée. La France des fins de mois de plus en plus improbables. La France des travailleurs déçus parce que déchus de leur pouvoir de vivre dignement. La France des retraités de plus en plus pauvres. La France de la jeunesse étudiante précaire. La France du service public en pleine crise. La France qui ne croit plus aux promesses d’un avenir meilleur pour tous. La France qui jusque là pensait à une fatalité inéluctable et qui a compris.

Cette France là a compris que l’on peut, que l’on doit, beaucoup mieux, partager les richesses ! Elle a compris que la méthode consistant à creuser les déficits pour légitimer des réformes antisociales servait une toute petite partie de la population : les plus riches !

Cette France là n’en est donc plus à négocier tel ou tel aspect de la réforme des retraites. Elle n’en veut pas. Cette France là n’en n’est plus à se fourvoyer dans un débat entre public et privé. Elle veut de la justice pour tous. Elle n’en peut plus d’avaler des couleuvres. De payer pour des services publics qu’elle voit se fermer les uns après les autres. De payer pour un modèle social en démolition permanente. De payer pour les premiers de cordée au seul ruissellement de la sueur coulant de son front.

Cette France là regarde le monarque de travers. La déception a dépassé depuis longtemps l’espoir qu’auprès de certains il avait suscité. Sa vie son œuvre. La saison une. La saison deux. C’est déjà trop. Trop de mépris. Trop de fuite en avant. Trop de beaux discours pour trop de précarité, trop de déclassement. Pour Trop d’enrichissement des déjà grosses fortunes.

Pour paraphraser Carmen, on pourrait dire :

La France est un oiseau rebelle
Que nul ne peut apprivoiser
Et c’est bien en vain qu’on l’appelle
S’il lui convient de refuser

Prends garde à toi !

Après Le Liban, le Chili, Hong-Kong, l’Algérie…et tant et tant d’autres pays ; à partir du 5 décembre, serait-ce le tour de la France ? La solidarité, la fraternité, la dignité ont rdv dans la rue !

Souhaitons que, tous ensemble, les Français se retrouvent de façon massive, unitaire et durable.

Au pouvoir qui s’obstinerait à rester sourd, cette France là pourrait alors lui dire : prend garde à toi !

 

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