8 avril 2020

Applaudir c’est bien, revaloriser les salaires, ce sera mieux !

Par Daniel Goldberg


Les personnels soignants, et par extension, toutes celles et tous ceux qui sont en première ligne pour préserver nos vies confinées, sont applaudis largement à travers le pays, tous les soirs à 20h. Cette reconnaissance par tous de leur engagement professionnel et personnel est un fil rouge sur lequel la société française peut se reconstruire après la catastrophe sanitaire que nous vivons.

Mais cette catastrophe sanitaire – au sens premier, un renversement de l’ordre des choses -, va se doubler, on le perçoit de plus en plus nettement, d’une crise économique et sociale de grande ampleur. Les prévisions de fort appauvrissement de notre pays, de pertes de revenus pour nombre de familles malgré les dispositifs mis en œuvre, notamment le chômage partiel, l’absence de compensation pour tous ceux qui auront vu leur activité s’arrêter, mais également les coûts en augmentation pour les familles les plus précaires avec la suppression des marchés alimentaires et des cantines scolaires, tout cela indique que le monde d’après devra prendre en compte des sujets qui étaient mis de côté par les décideurs publics depuis des années.

Parmi ceux-ci, les conditions de vie des aides-soignantes des hôpitaux, des Ehpad ou des lieux d’accueil pour les personnes handicapées, les salaires et conditions d’emploi des travailleurs sociaux et médico-sociaux méritent d’être dès à présent discutés.

Puisqu’ils – et pour beaucoup elles – sont mis à l’honneur dans nombre de médias, par des déclarations publiques fortes, par le sentiment très répandu de leur utilité sociale finalement essentielle à nos vies, de la naissance au décès, il faut se saisir de cette opportunité pour transformer les paroles en actes.

Puisqu’ils et elles sont indispensables, engageons dès maintenant les négociations entre les organisations professionnelles des salarié.e.s, celles des employeurs publics et privés avec la participation des pouvoirs publics puisque ces professions agissent pour le compte de l’État ou des départements, dans le cadre de politiques publiques nationales et départementales.

Salaires et conditions de travail, formation initiale et continu, déroulé de carrière, tous les sujets sont sur la table depuis des années sans trouver de concrétisation. Le confinement et la réduction de beaucoup d’activités peut être donc finalement l’occasion d’avancer.

On dira que ce n’est pas le moment. Mais cela ne l’a jamais été précédemment. Et gageons que, lorsque le cours de nos vies aura repris un peu de normalité, de beaux esprits diront qu’il y a d’autres priorités.

Et qui sait, les organisations syndicales pourraient être toutes partantes pour engager ensemble les débats et, de leur côté, la gauche et les écologistes pourraient même se retrouver pour porter cette même exigence de début de ces négociations, voire mêle sur le contenu des principales revendications à porter.

L’utilité sociale de ces métiers d’attention aux autres, en particulier celles et ceux qui sont vulnérables, n’a pas de prix aujourd’hui.

Et bien il est temps d’en donner un pour demain !

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