Archives de catégorie : Jérôme Grataloup

Halte aux violences policières

Par Jérôme Grataloup

Alors que les gilets jaunes sont rejoints depuis plusieurs semaines dans les rues par les manifestations pour le climat, celles contre les violences faites aux femmes et désormais par les syndicats, la tension avec les forces de police ne redescend pas et continue d’avoir un impact massif sur les manifestants et de questionner plus globalement les droits et libertés individuelles des Français.

Des propos inquiétants du préfet Lallement aux œillères du ministre de l’Intérieur, cette situation ne peut pas perdurer car elle met en péril l’unité nationale. Il y a 15 ans déjà, les émeutes des banlieues, qui portaient déjà la voix, à l’instar aujourd’hui du mouvement des gilets jaunes, des oubliés de la République, avaient abîmé le contrat national et la devise française.

On est à nouveau amené à se poser des questions sur la volonté profonde de gouvernements qui autorisent des manifestations massives, sans jamais répondre aux demandes émises par les manifestants, et en laissant les événements s’envenimer. On l’a vu sur les Champs Elysées il y a plusieurs semaines et encore à Place d’Italie récemment. Le dispositif semble parfois avoir été pensé pour déraper, pour opposer, pour mettre les deux camps en difficulté.

Les manifestants sont gazés, soi-disant pour lutter contre les débordements. Certains sont visés par des tirs de LBD car on ne pourrait pas les distinguer de ceux qui « cassent ». Pourtant, en regardant les images des manifestations ou en s’y rendant, on sait qu’il est rarement difficile de distinguer des citoyens manifestants des casseurs, cagoules et casques bien vissés sur la tête. On entendrait presque le gouvernement demander aux gens d’arrêter de se rendre aux manifestations. Ce serait certainement plus simple pour eux.

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Tous dans la rue le 5 décembre !

Par Jérôme Grateloup


Des hôpitaux et des services fermés à répétition, des postes et des lits supprimés, des remplacements à n’en plus finir… Tous ceux qui travaillent à l’hôpital public connaissent ce quotidien depuis des années et voient inexorablement leurs conditions de travail se dégrader.

Ils étaient nombreux dans la rue le 14 novembre dernier pour dénoncer cet état de fait. Les heures supplémentaires comme une deuxième journée, le travail dans le stress et l’urgence, les tensions avec les usagers du service public, etc.

Ce service public, le gouvernement s’évertue à le détricoter depuis des mois. La loi sur la Fonction publique de cet été fragilise fortement le statut des fonctionnaires.

Mais au-delà, c’est à tous les travailleurs que ce gouvernement s’en prend. La réforme de l’assurance chômage, entrée en vigueur en début de mois, va avoir un impact sur plus d’un million de Français qui verront, pour certains, leurs allocations diminuer. La future réforme des retraites, dont on peine à avoir l’entièreté des contours, mais dont les premiers échos notamment relatifs à la suppression des régimes spéciaux et au passage au système par points, inquiète fortement.

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La crise sociale n’est pas éteinte !

Par Jérôme Grataloup


Après plus de 10 mois de mobilisation, et alors que les manifestations des gilets jaunes s’essoufflent et disparaissent, 4 français sur 10 continuent de soutenir le mouvement. De fait, la crise sociale est loin d’être résolue. Et ce n’est pas la consultation, lors du grand débat, des corps intermédiaires, qui a changé la donne.

Le malaise social français se ressent dans toutes les couches de la population, des classes moyennes aisées aux plus exclus en passant par les classes populaires. La réponse du gouvernement, ou plutôt l’absence de réponse concrète et la perpétuation des réformes sociales injustes, font de cette rentrée une poudrière et une porte ouverte aux mouvements extrémistes pour les prochaines élections municipales.

La consultation tardive des élus locaux, eux même fatigués de se battre seuls depuis des années contre l’abandon des services publics de l’état, n’aura pas suffi.

Le gouvernement continue par ailleurs ses réformes du modèle social français, qui d’ici quelques années n’aura plus rien d’exceptionnel ni de protecteur. Alors qu’il fut un bouclier contre les affres de la crise économique en 2008, Macron le détricote lentement, consciencieusement, et durablement.

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L’hôpital se meurt

Par Jérôme Grateloup

Après la crise des EHPAD, nous assistons à une crise des urgences. A l’heure actuelle, ce sont plus de 70 services qui sont en grève en France.

Face à la nécessaire continuité du service public de ces agents, qui dénoncent l’incapacité de réaliser leurs missions d’aide à la population dans les conditions actuelles d’exercice, certains soignants comme ceux de l’hôpital Lariboisière ont décidé de se mettre en arrêt maladie. Continuer la lecture

L’internationalisation de la crise des gilets jaunes

Par Jérôme Grataloup

Depuis le début des années 2000 toutes les démocraties modernes connaissent un accroissement marqué des inégalités de richesse. L’explosion des flux de capitaux financiers, via l’essor des nouvelles technologies, ont transformé le capitalisme en marché sans règles, sans limites et sans morale.

La crise des subprimes de 2008 a montré au monde entier les désastres de la spéculation effrénée de quelques-uns qui n’ont pour unique but que de s’enrichir sur le dos du reste de la population. Face à cette crise majeure, les états se sont endettés pour sauver le système bancaire et reconstituer les marges des entreprises. Mais depuis quelques temps, force est de constater que, malgré l’intervention de la puissance publique, les richesses continuent d’atterrir dans les mêmes portefeuilles, les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres s’appauvrissent.

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La Gauche a sa part de responsabilité dans l’émergence des partis populistes

Par Jérôme Grataloup

Il y a quelques jours, les américains se rendaient aux urnes pour renouveler une partie de leurs parlementaires. Si la Chambre des représentants était entièrement renouvelée, seul un tiers des sièges du Sénat, soit 33 ou 34 sièges, faisaient l’objet d’un vote, ne permettant pas réellement au parti démocrate, du fait d’une carte électorale défavorable à la chambre haute, de reprendre totalement la main sur le Parlement. Continuer la lecture