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« Prenons au sérieux les conséquences psychosociales de la crise sanitaire »

Par Arthur Courty ; Charles Adrianssens ; Paul Montjotin


Laurent Berger, leader de la CFDT, a proposé le 5 novembre 2020 la mise en place d’un comité permettant de mesurer l’état psychologique des Français. Parallèle au conseil scientifique, ce dernier devrait permettre de guider et éclairer les décisions politiques à l’aune des conséquences psychologiques des Français. Si pour l’instant l’exécutif ne s’est pas prononcé sur une telle proposition, celle-ci mérite au moins de mettre en avant la face cachée du COVID-19, à savoir les conséquences « invisibles » de la gestion de la crise sanitaire sur les Français.

« Isolement, précarité, repli sur soi, charge mentale : un cocktail explosif à long terme »

Quelques chiffres qui parlent d’eux-mêmes : depuis le 17 mars 2019 les Français ont été confinés 70 jours, ce qui en fait environ 1 jour sur 3 passés lors de ces 8 derniers mois sous la contrainte de mesures grandement restrictives de nos libertés individuelles. Et ce sans compter le dé-confinement progressif de mai/juin ainsi que les divers couvre feux, interdictions de rassemblement et autres fermetures de bars/restaurants/cinémas…

Bien que difficilement mesurable dans l’immédiat, cela aura des conséquences fortes et durables sur le plan psychologique des Français et donc sur la gestion de la sortie de crise.

« Prendre en compte les inégalités face aux risques psycho-sociaux de la crise »

Car en effet, le confinement ici se double d’enjeux majeurs dans le quotidien des Français comme la garde des enfants, les inquiétudes liés à la perte de son emploi, le renoncement au soin, le mal-logement… Or, aux difficultés préalables au COVID et déjà mises en avant par les différents mouvements sociaux de 2018 et 2019, l’année 2020 vient donc ajouter une source d’anxiété supplémentaire pour beaucoup de ménages. Dans une situation où la France est déjà divisée ce cocktail isolement, précarité, et charge mentale accrue peut représenter un véritable terreau explosif pour l’après COVID.

Cela est d’autant plus vrai que les premiers impactés par les conséquences psychologiques du confinement sont, d’une part, les très précaires et, d’autre part, la classe moyenne. En effet, cette même frange de la société Française, dont sont issus les Gillets Jaunes et les quartiers populaires, se retrouvent encore une fois à cumuler les facteurs aggravants de la situation actuelle.

Car si cette crise réhabilite les emplois de ces « oubliés » de la république (caissières, éboueurs, femmes de ménage, infermières et aides-soignantes…) elle fragilise aussi énormément les couches les plus précaires (intérim, travail au noir) ainsi que les intermédiaires, ces cadres moyens, ouvriers qualifiés et autres métiers du tertiaire qui étaient jusqu’alors le reflet de stabilité du CDI proche du salaire médian.

Il est donc frappant de voir l’absence de prise en compte des risques psycho-sociaux de cette population dans les choix actuels du gouvernement. Et si aujourd’hui aucune étude fiable ne permet d’évaluer l’impact réel du confinement sur cette partie de la population il est du devoir du politique d’anticiper.

« Après le premier confinement, certains Etats ont décidé d’agir fortement pour prévenir les conséquences psychosociales de la crise sanitaire. »

Un des signes annonciateurs de ce malaise généralisé peut être trouvé dans le rapport au télétravail. Si beaucoup d’études soulignent les effets bénéfiques tant sur la productivité que sur le bien être dans le cas d’un télétravail cadré et de courte durée, l’effet sur le long terme est lui beaucoup plus contrasté. En effet, les mesures de généralisation du télétravail sur de longues périodes nécessitent une nouvelle gestion des risques sanitaires en entreprise. Avec la prise en compte des mauvaises conditions ergonomiques qui conduisent à des douleurs pour les salariés mais aussi la difficulté de différencier vie privée et vie professionnelle ainsi qu’une pression accrue des employeurs due à la disponibilité considéré comme permanente de chacun.

L’intervention de la puissance publique est nécessaire. Preuve que cela est possible avec l’Espagne, où le gouvernement de gauche, sous l’impulsion de la ministre Yolanda Diaz (Podemos), a mis en place en septembre 2020 une nouvelle loi pour encadrer le télétravail. Elle donne davantage de droits aux salariés, notamment en matière de qualité du cadre de travail à la maison et de droit à la déconnexion, et de contre-parties à respecter par l’employeur, comme la prise en charge intégrale des frais d’équipements du poste de travail à domicile et des factures de fonctionnement générées.

Pour conclure, si aujourd’hui l’enjeu majeur pour le gouvernement est celui de contenir l’avancée d’un virus qui n’en finit pas de faire des victimes, il devient plus qu’urgent de mettre en place un dispositif permettant de mesurer l’impact effectif de la crise sanitaire pour éviter que cette dernière ne se transforme en une crise sociale d’ampleur dans les années à venir.

A la sortie de crise, avoir tous ces enjeux en tête permettra aussi de rendre le plan de relance plus efficace par exemple en accompagnant davantage les acteurs de l’économie du care et du bien-être.

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PANIQUE !? – Edito lettre n°98

Par Julien Dray 


Cette expression née dans les années 70 n’est pas due au hasard. Quel que soit le côté vers lequel on se tourne, c’est l’angoisse qui est au rdv.

Il y a la pandémie. Du jamais vu. Elle est mondiale. Elle affole le monde. Le pouvoir erratique, hésitant, prend des mesures brutales de dernier recours. Les décisions prises aujourd’hui le sont dans une précipitation qui ne peut être qu’un élément supplémentaire d’inquiétude. Les journées, les semaines et peut-être les mois à venir seront longs, sans possibilité de se divertir, de libérer les esprits, de renforcer le lien social. Pour les uns se sera métro, boulot, dodo et pour les autres ce sera l’enferment contraint. Nous serions sensés être en sécurité ? nous vivrons dans la peur de ne pas avoir d’issue à ce tunnel sans fin.

La situation de notre pays est anxiogène. La politique du chiffre d’une part et l’abandon de certains services de renseignements, le manque d’anticipation, entre autres, menée depuis des années, ont ouvert des brèches et n’ont pas permis de préparer ce qui arrive aujourd’hui. Nous portons tous une part de responsabilité.

Et puis il y a une offensive islamique sans précédent qui, sans nul doute, a compris l’intérêt du moment et profite de notre faiblesse pour tenter de faire plier la république sur ses principes essentiels. Il n’y a pas de hasard à la concomitance des deux phénomènes.

La peur, là encore, l’emporte sur la raison. La peur c’est opaque, c’est une notion qui pousse à se méfier de tout, de l’autre. La peur force à la déraison. Elle peut aboutir à la violence ! Il faut une autre méthode de gouvernance. Le discours dominant alimente cette peur plus qu’elle ne la combat.

Instrumentaliser la peur, ce n’est pas notre ADN. On sait que la peur est inversement proportionnelle à l’efficacité sur tous les plans ! La peur, ce n’est pas une valeur de gauche.

Notre modèle démocratique est en danger ? C’est à nous de le défendre. Il y a ici et là des propositions inquiétantes ? C’est à nous de les dénoncer, de les confronter à nos principes. On pourrait être tenter de se diriger vers un régime autoritaire ? C’est à nous d’opposer notre conviction humaniste, sociale, solidaire.

La France est un pays et c’est aussi une histoire, un récit ! elle n’est forte que lorsqu’elle est debout, qu’elle fait peuple, qu’elle transmet de l’universel ! Nous ne sommes pas faits pour vivre dans le communautarisme, dans l’individualisme, dans l’égoïsme, dans un monde qui voudrait en rabattre sur nos libertés et sur notre commun ! Nous ne devons pas nous laisser impressionner !

Il n’y a pas de hasard. Tout est lié. Et pourtant nous ne sommes pas en guerre. Nous sommes dans un combat qui mérite un autre discours et d’autres actions. Nous sommes dans une période où nous devons réaffirmer notre attachement à une république sociale et laïque.

Sur la gestion de la pandémie, on doit donc d’abord traiter les conséquences sociales et culturelles ; ne pas favoriser ceux qui ont déjà, lors de la première vague, vu leur fortune augmenter de façon exponentielle au détriment de tous les autres… Que n’avons nous pas plus largement débattu pendant et après la première vague pour prendre des décisions d’intérêts collectifs ?

Sur la gestion du terrorisme il faut aller à la source, accepter de comprendre d’où, aujourd’hui vient le mal. Ne plus jamais verser dans la naïveté. Tout est lié ! Que n’avons nous pas davantage soutenu les Kurdes à un moment de l’histoire où il était possible d’éradiquer la mouvance islamique ?

La prééminence d’un pouvoir à tendance monarchique affaiblit sans doute un peu plus la république et donne des armes à ceux qui veulent la remplacer par des idéologies extrémistes, fondamentalistes !

Si nous ne nous respectons pas, si nous n’imposons pas clairement le respect d’un état de droit, si on ne nomme pas pas les choses clairement, nous continuerons, fatalistes, à vivre dans la peur. Nous subirons, impuissants, des procédures d’exception qui se succèderont et qui mettrons à mal notre modèle.

Nous devons donc rester debout. Entretenir notre capacité d’indignation. Evacuer la peur. Elaborer un discours digne de notre histoire. Réinventer la concorde plutôt que d’appelr vainement à l’unité. Construire un front démocratique.

Exigeons un vrai débat, une vraie conférence élargie à toute la population pour aboutir à un pacte démocratique d’une République fière de son triptyque et de sa spécificité.

Notre crédo, notre seul crédo c’est celui d’un état social d’intérêts collectifs ; d’un état laïc qui ne s’accorde pas avec le oui mais !

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Le cache misère du couvre feu !

Par Julien Dray 

Ce doit être l’époque. On utilise des mots et des expressions qui en rappellent d’autres –époques-. Celles et ceux qui les ont vécues comme celles et ceux qui, attachés à notre histoire s’en sont imprégnés, ressentent un malaise contenu. Il y a là comme une négation, comme un détournement macabre, un amalgame. Autre signe du temps présent.

C’est un choix délibéré, n’en doutons pas. C’est une dramatisation assumée qui a pour but de graver les consciences. Il fallait des coupables pour justifier de cette décision là. Il fallait montrer l’autorité du chef. Cette demande d’autorité existe dans la population quand la situation sanitaire apparaît si confuse, anxiogène. Alors le chef a dit, seul, sans consulter la représentation nationale, sans débat ni au parlement, ni au sénat.

Le ton paternaliste et moraliste du président pendant son intervention télévisée n’efface cependant pas les véritables raisons des décisions d’aujourd’hui.

Notre hôpital, comme notre système de santé, est exsangue. Le manque de lits, le manque de moyens, le manque de personnels. Voilà les vraies raisons qui obligent aujourd’hui à prendre des mesures contraignantes, destructrices de lien et peut-être fatales pour un certain nombre de professions, d’entrepreneurs, de secteurs d’activités.

Personne ne peut nier le fait de devoir agir contre cette pandémie. Personne ne conteste qu’elle reprend de la vigueur et que les semaines à venir seront encore plus difficiles.

Personne non plus ne pourra nier le fait que depuis des années, le monde de la santé, celui qui est au contact des patients, a alerté sur les conséquences que pourrait avoir une crise sanitaire. Personne enfin ne pourra contester que la première vague aurait pu, aurait du, être l’ultime avertissement pour repenser notre protection sanitaire.

Cela a-t-il été fait ? Non. On a continué, comme si de rien n’était à prévoir des suppressions de lits. On a continué à n’appréhender le système de santé que du point de vue comptable. On a fait comme s’il suffisait de courber le dos en attendant que la crise passe. Mais elle n’est pas passée. Elle revient de plus belle.

De cette première vague on peut retenir trois choses : Elle n’a pas servi à en préparer une deuxième, elle a drastiquement renforcé les inégalités sociales et elle a permis au pouvoir une attaque inédite de nos libertés publiques.

La gestion d’abord. Confuse, contradictoire, mensongère. Le pouvoir a donné le sentiment de naviguer sans voir. Il s’est couvert plus qu’il n’a couvert et protégé la population. Les déclarations sans actions se sont succédées…sur la gestion des masques, des tests, des gestes barrières… On a menti sur presque tout avec pour conséquences un doute grandissant dans la population et une méfiance délétère.

Et puis il y a la gestion économique et sociale pendant cette première vague et ses résultats. Alors, certes, l’état Français a tenté d’amortir les conséquences de la pandémie. La mise en place du chômage partiel par exemple a sans doute permis de limiter le nombre de pertes d’emploi. L’état libéral s’est converti pour un temps à une doctrine plus redistributive, abandonnant les sacrosaints critères contraignants de la dette. Mais ce ne sont pas les français dans leur ensemble qui ont au final profité du « pognon de dingue » mis sur la table. Ce ne sont pas pas les français aisés, moyens supérieurs ou même riches. Ce sont les hyper riches, le tout petit pourcentage de ces immenses fortunes qui les ont vu grossir de façon exponentielle. Et de l’autre côté, les plus pauvres le sont encore davantage après la première vague. Les taux de pauvreté et de précarité ont explosé.

A-t-on pris la mesure de cela ? Non. Absolument pas. La réponse, c’est une nouvelle phase d’atteinte à nos libertés publiques et c’est grave. La peur semble anémier notre capacité à réagir.

Accepterons-nous une deuxième fois ce cocktail explosif associant l’enrichissement des plus riches, l’appauvrissement des plus pauvres, la perte de nos libertés publiques, le sacrifice de notre jeunesse, le sacrifice de pans entiers de secteurs, de milliers d’actifs, de la culture ?

La crise sanitaire et sociale révèle non pas les limites mais les méfaits d’un libéralisme qui s’est développé au détriment de nos valeurs en détruisant petit à petit un système que l’on nous a longtemps envié. Il est temps de dénoncer cette dérive. Il est temps de retrouver notre capacité à réagir et au delà, à agir !

On ne peut pas laisser un couvre feu cacher la misère d’une idéologie inégalitaire et aveugle, la misère d’une gestion comptable, la misère de cette incarnation (amorale ?) du pouvoir.

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Changement d’époque : la gauche à l’heure du COVID – Edito lettre n°94

Par Julien Dray 


Cent milliards. Explosion assumé du déficit public. Critère des trois pourcents oublié.

Tant en France que pratiquement partout en Europe, on semble avoir été contraint de se rendre à une évidence. Sans intervention des états, on va à la catastrophe. Le constat est clair.

Et ce faisant, c’est à une négation du libéralisme à laquelle on assiste. Celui qui devait tout résoudre par la liberté laissée aux premiers de cordée de choisir la longueur de la corde. La valeur de liberté habillée en chacun pour soi, le libre cours à la financiarisation de l’économie, à l’actionnariat comme seul maitre à penser pour tout le monde…tout cela se heurte au réel imposé par la pandémie. Le politique est dans l’obligation de reprendre le pouvoir, de réguler, de décider, de trouver dans l’urgence le rempart à une lame de fond annoncée.

A la crise sanitaire va s’ajouter une crise sociale inédite. Le seul recours, c’est de redonner sens à une démocratie sociale. Démocratie sociale, sociale démocratie. Sans le dire, on adopte donc les bases de ce qu’aucun parti de gouvernement et de gauche avait su ou pu imposer !

Il est donc temps pour la gauche, toute la gauche, de retrouver un peu de bon sens. Nous sommes dans un changement d’époque : une réelle prise de conscience. Il ne s’agit pas d’en être spectateurs !

Autant l’affirmer. Si la sociale démocratie s’est quelque peu perdue dans une économie de marché de moins en moins régulée, elle a, dans ses fondements, les bases pour réinventer l’avenir. C’est à elle, parce qu’il vaut toujours mieux choisir l’original à la copie, de reprendre la main sur les idées quelques soient les sujets.

Si on ne le faisait pas, le naturel revenant inexorablement au galop, le changement de cap idéologique que semble avoir pris le président Macron et qu’il faut évidemment relativiser ne sera somme toute qu’une parenthèse éphémère. On le pressent déjà en détaillant le plan de sauvegarde.

Il apparaît aujourd’hui plus important, voire primordial, d’agir avec, par et pour la population plutôt que de s’opposer de façon systématique et parfois pavlovienne. La gauche a les cartes en main. Elle n’a qu’un ennemi : elle même !

Aucune confiance ne sera accordée à la division. Les Gilets jaunes l’ont dit pour une grande majorité de la population. Ils sont le reflet d’une société perdue, désabusée et en colère. Ce qu’ils dénoncent et que nous n’avons pas assez entendu c’est que l’exclusion sociale ressentie, le déclassement de la tranche dite « moyenne », l’augmentation de la précarité, de la pauvreté vont au delà des réductions que l’on en fait à force de chiffres interprétés.

Il ne s’agit donc plus de calculs, de négociations égotiques, d’hégémonie de tel ou tel parti ou mouvement. Tout cela renforce la méfiance à l’égard du politique. Il se n’agit ni plus ni moins que de construire ensemble ! Ce n’est plus un choix parmi d’autre, c’est la seule voix de l’alternance.

Chacun, cependant, avec son identité propre ! Le parti socialiste aussi et les sociaux démocrates en premier lieu. Le changement d’époque due à la révélation imposée par le ou la COVID 19 rebat les cartes idéologiques et donne raison aux fondements de la sociale démocratie. C’est donc bien aux socialistes de se repenser, de travailler à un projet émancipateur et laïque ; présenter un programme à proposer ensuite dans le pot commun de la gauche.

Il est temps de s’émanciper enfin de cette 5ième république qui concentre les pouvoirs. Il est temps d’organiser un système permettant une plus large participation de la population, une réelle fonction de la représentation nationale. Il est temps de réfléchir à des stratégies industrielles marquant une rupture avec le productivisme, de développer des créneaux technologiques utiles. Il est temps surtout de s’ouvrir à de nouveaux projet conquérant face aux multinationales du numérique. Il est temps de revoir notre organisation du temps de travail. Il est temps de doter les jeunes d’une réelle autonomie de départ. Il est temps de refaire de l’école le creuset de l’égalité par une révolution éducative. Il est temps, et la crise sanitaire l’a imposé comme une évidence, de renforcer les services publics, de valoriser les premiers de corvée. Il est temps d’affirmer le pouvoir du politique face au pouvoir économique, y compris quand il le faut par des nationalisations si décriées par les libéraux. Il est temps de revoir le logiciel qui conduit à sacrifier la grande majorité de la population sur l’hôtel des déficits. Le temps n’est plus à l’hypocrisie mais à l’affirmation de valeurs ! à leur traduction concrète et claire.

L’hégémonie libérale de ces vingt dernières années doit être battue en brèche !

Le temps n’est pas à l’effacement de la pensée socialiste mais à son retour !

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Etats-Unis : La Covid-19 peut-elle mener à des avancées sociales ?

Par Cécile Soubelet

Dernièrement, les médias français ont focalisé leur attention sur la gestion sanitaire de la pandémie par Trump, et l’ampleur du mouvement Black Life Matter. Pourtant, en arrière-cour, les choses bougent, suscitées et accélérées par la crise sanitaire actuelle et ses conséquences sociales.

Chez les démocrates, une union inédite se met en place en faveur de mesures sociales. Ils étaient rivaux, jusqu’au début du mois d’avril dernier quand Bernie Sanders abandonnait la course pour les primaires, laissant le champ libre à Joe Biden. Désormais, ils ont mis à profit le confinement pour établir ensemble (et des groupes de travail alliant politiques, associatifs, experts et société civile) un programme commun, marquant un virage à Gauche pour les Démocrates. Six dossiers principaux – santé, économie, changement climatique, réforme de la justice, éducation et immigration – pour un rapport final qui devrait marquer le programme officiel démocrate pour les élections présidentielles.

Les avancées sociales et environnementales sont celles qui ont permis un terrain d’entente, comme le souligne le New York Times. Parmi les mesures, on peut souligner l’augmentation du salaire minimum fédéral à 15 dollars (13,3 euros) ou l’instauration d’un congé payé de 12 semaines en cas de naissance ou de maladie, ou bien encore l’abaissement à 60 ans (contre 65 aujourd’hui) de l’âge donnant accès à l’assurance santé publique. Par ailleurs, alors que le chômage a explosé ces dernières semaines, laissant les populations les plus fragiles au bord de la pauvreté, et exacerbant les inégalités entre ceux qui peuvent se soigner et ceux qui ne le peuvent pas, les Démocrates font un premier pas en reconnaissant le droit à tout Américain d’avoir accès à « une assurance publique abordable, de haute qualité et sans franchise ».

On ne peut que saluer et encourager le tournant progressiste que prend la campagne démocrate avec des premières proposition au profit d’une plus grande justice sociale. Des expérimentations de revenu universel dans des grandes villes, avec l’aide du patron de Twitter.

On le demande depuis plusieurs années, portés par la voix de Julien Dray, les Américains osent s’y lancer : le milliardaire patron de Twitter a annoncé qu’il travaillait avec 16 maires américains pour instaurer un revenu de base universel dans leurs villes.
Cette expérience pourrait ainsi bénéficier à 7 millions d’Américains dans des villes comme Seattle, Los Angeles, Atlanta, Newark ou encore Jackson, alors que la crise du Covid-19 a multiplié par plus de 10 le nombre d’Américains qui vivent du chômage. Ils sont en effet à ce jour près de 18 millions à toucher une allocation, et des milliers d’autres ont perdu leur emploi, sans ressources.

Concrètement, Jack Dorsey va donner plusieurs millions de dollars pour financer ce programme expérimental impulsé par l’ancien candidat à la primaire démocrate Andrew Yang, dont l’ambition depuis 2016 est de fournir à chaque Américain de 18 ans et plus un revenu de 1.000 dollars par mois sans condition. A l’époque Elon Musk s’était également porté volontaire pour contribuer à la mise en place de cette mesure.

Si les Etats-Unis le tentent, pourquoi pas nous ?

Pour un revenu universel de 50 000 euros pour tous les Français, à leur majorité, financés par les acteurs du numérique.

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Le plan de reconstruction post-COVID19 doit être l’occasion d’un nouveau modèle de démocratie sociale et écologique

Par Arthur Courty ; Charles Adrianssens ; Paul Montjotin


« La Convention citoyenne sur le climat ne doit pas se substituer à une large consultation des Français sur le plan de relance »

La Convention citoyenne pour le climat apparaît aujourd’hui comme un rendez-vous manqué. Prenons acte qu’elle est une originalité démocratique. Les propositions qui en ressortent sont, elles, plus classiques et font la part belle à l’écologie punitive. La proposition explosive de limitation de la circulation à 110km/h a d’ailleurs repoussé au second plan l’ensemble des travaux de la Convention. Embarrassé, le gouvernement a dû la retirer avec fracas. A l’inverse, la proposition de la semaine de 28h qui avait le mérite de remettre le débat de la transition écologique de manière positive, a été enterrée discrètement par l’exécutif.

Les citoyen.ne.s tirés au sort n’ont pas démérité. Mais les contradictions des propositions indiquent que le gouvernement ne pourra faire l’économie d’un débat et d’un vote populaire pour son plan de relance. Il faut rappeler que la convention était née suite à la crise des Gilets Jaunes. Plus récemment, l’exécutif s’était beaucoup avancé sur l’importance de cette convention pour son plan de relance. Il se retrouve piégé, n’ayant pas des ambitions écologiques, sociales et démocratiques à la hauteur des enjeux.

« Une nouvelle forme de social-démocratie »

Cette situation ne fait que souligner que pour etre juste et efficace, le plan de reconstruction post-Covid doit imperativement être partagé avec les Français.e.s et reposer sur un nouvel élan démocratique. Si les choix du gouvernement ne sont pas partagés par nos concitoyen.ne.s, ils manqueront forcément leur cible et créeront de nouvelles tensions. L’abstention historique aux élections municipales 2020 confirme que nous sommes à un moment critique. La relance doit donc associer les citoyen.ne.s, les territoires et la société civile organisée.

Le plan de reconstruction peut être lui-même l’initiateur d’une nouvelle forme de social-démocratie. De ce point de vue, on retiendra de la Convention pour le climat son originalité en particulier sur le rôle du Conseil Économique Social et Environnemental. Il serait idéal de le réutiliser avec encore plus d’ambition pour le plan de reconstruction, lui même devant finir par un débat national et une approbation des Français par referundum. »

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