Archives par étiquette : Union des gauches

Déconne pas Jean-Luc !

Par Daniel Goldberg

Le ton de L’Engagé.e se veut bien sûr respectueux des personnes et il n’est pas question d’en manquer envers Jean-Luc Mélenchon à qui on peut reprocher sans doute beaucoup de choses, mais pas d’affirmer honnêtement les principes de ce qu’il pense juste.

Néanmoins, dans la série Baron Noir – à coup sûr dystopique ! -, Michel Vidal, alors qu’il est à la tête d’une formation émancipée de la gauche traditionnelle et se réclamant du peuple, est apostrophé de cette même façon parce qu’« on ne peut pas aller à la prochaine présidentielle dans cet état 1».

Ici, dans la vraie vie, nous n’avons pas le luxe de pouvoir manquer un nouveau rendez-vous décisif pour notre pays, en nous en remettant à des scénaristes de talent. Il nous revient d’écrire la page de 2022, celle d’un pays et de ses habitants fiers d’être en République dans un monde de conflits violents, de régimes autoritaires ne reconnaissant que la force comme régulation, un monde au futur dévoré par les défis écologiques et les urgences sociales.

Un monde où le pire de l’économie de marché financiarisée s’affranchit de toute régulation. Nous ne sommes sans doute pas à un moment de bascule vers un monde d’après, mais plutôt dans une sorte d’acmé capitalistique dans laquelle l’ensemble des risques sont reportés sur les états et sur les citoyens, de la flexibilisation de l’emploi en passant par les dettes et même maintenant les lieux de travail qui doivent être fournis par les salariés eux-mêmes.

Alors, disons-le d’emblée : en 2022, seule la victoire sera belle.

La défiance des citoyens s’étant à ce point ancrée depuis des années, toute participation visant essentiellement à préserver ses parts de marché politique pour un futur plus enviable sera non seulement vouée à l’échec, mais très sévèrement jugée par les femmes et de gauche qui nous espèrent encore. Et cela vaut pour toutes et tous, pas uniquement pour les Insoumis.

Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon a choisi de tirer seul les conséquences de la situation de la gauche et du pays. Il a présenté sa candidature et a obtenu en quelques jours les 150 000 soutiens qu’il jugeait nécessaire pour la valider.

En quoi cela conduit-il à une démarche potentiellement gagnante ? En quoi et avec quelle dynamique le programme L’Avenir en commun auquel il nous propose de nous rallier aura-t-il plus de succès que par le passé ? Pense-t-il être à ce point attendu pour marcher, seul, son chemin ? En quoi affirmer qu’il a déjà des équipes prêtes à gouverner est-il un gage pour les citoyens de gauche et écologistes qui ne l’ont pas suivi jusqu’ici ?

Au moment le plus fort d’une crise sanitaire qui conduit à un séisme économique et social sans précédent dans l’histoire récente, Jean-Luc Mélenchon devrait en revenir à François Mitterrand auquel il aime bien, avec raison, se référer.

Au creux de son parcours, celui-ci a écrivait « Un homme de gauche ne peut pas se contenter d’être partisan de la justice, il doit connaître les ressorts de la société qui lui permettront d’assurer la victoire de la justice. »2. Cinquante après, ce sont ces ressorts qu’il faut activer pour permettre la victoire, la rendre possible et même désirable par les citoyens épris de justice sociale, d’enjeux écologiques et de participation démocratique. Et non pas seulement tuer le match à défaut de le gagner.


1 série Baron noir, saison 3
2 Ma part de vérité (1969)

 

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Changement de paradigme – Edito Lettre n°96

Par Julien Dray 


Où est la Gauche ? Alors que tout démontre aujourd’hui que le libéralisme ne répond plus, loin de là, à la crise que nous traversons et qui, de sanitaire, se transforme en crise sociale, on constate l’absence criante de la Gauche.

La multiplication des appels à l’union, aussi nécessaire soit-elle, ressemble davantage à un appel au secours vain qu’à une conquête idéologique. On sait pourtant d’une addition, dont un plus un ne fait pas deux ; qu’elle ne permettra certainement pas, quelque soient les configurations, de voir la gauche au deuxième tour des présidentielles. Le temps n’est plus au calcul. Chaque composante n’est pas égale à une autre composante.

La méthode empirique prévaut sur toutes les autres. Avant de se rassembler, puisqu’on ne se ressemble pas tout à fait, il faut s’identifier. Ce défaut d’identification rend stérile toute initiative de programme commun.

Comment ne voit-on pas que la période que nous vivons pourrait être une merveilleuse opportunité de refondation conquérante pour la Gauche ? Comment ne parvient-on pas à s’approprier, dans un contexte de basculement international, ce qui apparaît aujourd’hui comme des évidences.

Plus d’état ? moins d’état ? nous disaient les libéraux ? Aujourd’hui cette thèse est battue en brèche ! c’est l’état, c’est plus d’état et surtout des services publics de qualité qui viennent au secours de notre présent. Tous ces personnels que l’on a bafoués, mutilés de leurs moyens, réduit à un coût que l’on a qualifié de « Pognon de dingue », qu’aurait-on fait sans eux les six derniers mois ?

Pas touche au 3%, au sacrosaint critère du libéralisme économique ? Aujourd’hui, par choix du président, on en est à 10% et ce n’est pas fini. Le pouvoir l’a bien compris. On va sortir le carnet de chèque pour tuer dans l’œuf la colère qui monte, qui monte, casser la contestation.

Privatisation de tout y compris du patrimoine…. Voilà ce que les libéraux suivaient comme ligne de conduite. Les nationalisations ? Ah non ! certainement pas disaient-ils ; ce sont encore des dépenses, des impôts et les riches n’en veulent pas. Pourtant aujourd’hui, ne va-t-on pas être contraint à nationaliser des pans entiers de notre industrie ? d’en relocaliser une partie ?

Contraints par la situation, le libéralisme s’efface et adopte des solutions que les sociaux démocrates ont toujours défendues. Et nous restons spectateurs. C’est à nous de l’ancrer dans l’histoire et c’est maintenant !

L’histoire nous tend les bras. La Gauche doit reprendre ses droits. S’approprier les idées empruntées « provisoirement » par la droite, les développer et dire en quoi nous les mettrions en œuvre bien différemment que le pouvoir actuel.

La mutation qui s’opère, nous devons la revendiquer haut et fort ! Un projet social démocrate moderne est mieux à même de répondre à un avenir durable !

Si l’impérieuse nécessité est de se refonder, elle doit l’être d’abord sur les idées !

Répartitions des richesses, mode de production, mode de travail, émancipation et autonomie de la jeunesse, nationalisations, Un état fort, des services publics de qualité, Une république affirmée et laïcité sans complaisance, lutte contre les inégalités, contre la pauvreté…. C’est tout ce qui fait l’ADN du socialisme.

Et nous disons ici : Taxe sur les GAFFAM ; partage de la richesse produite, circuits courts ; sortie du productivisme et s’il le faut nationalisations lorsqu’il y va de l’intérêt général du pays ; Géni industriel en mouvement associé à une grande politique de recherche ; Réduction du temps de travail ; semaine de quatre jours, télétravail ; dotation pour chaque jeune de 18 ans ; révolution éducative, refaire de l’école le lieu central de la république, renforcement des services publics ; 6ième république pour sortir de la paralysie de cet état technocratique, une politique de l’aménagement du territoire qui tienne compte de l’urgence climatique et enfin un combat pour la république laïque, contre tous les radicalismes..

Avant le programme, il faut un projet. Avant le projet il faut des idées. Avant les idées il faut une identité. Léon Blum par son courage, François Mitterrand par son combat idéologique nous ont montré que d’une part il ne faut en rabattre sur rien et que d’autre part il faut convaincre de son identité, de ses idées pour construire un projet de rassemblement.

Alors ? alors au travail ! Le changement de paradigme, ici, à l’Engagé.e, nous l’avons acté et le travail, nous le faisons et nous continuerons à le faire !

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Donner du sens à l’unité ! – Edito Lettre n°85

Par Julien Dray 


La situation d’aujourd’hui a été grandement facilitée, ces dernières années, par la dispersion des forces à gauche et par le manque de soutien politique clair aux luttes sociales qui furent pourtant autant d’alertes face à la mise en pièces de notre modèle.

En cherchant à se distinguer les uns des autres, nous nous sommes accommodés de nos divergences et ce faisant nous nous sommes éloignés du bruit de la rue. Nous avons dénoncé avec force la violence d’en bas et ce faisant nous avons laissé la violence d’en haut se développer. Par soucis d’apparaître parfois comme des républicains modèles, nous n’avons pas toujours su trancher, accompagner, soutenir clairement le combat des cœurs battants de notre république pour la justice ou pour les libertés publiques.

En se bornant souvent à réagir d’en haut aux injustices tant sociales que fiscales, bien réelles, provoquées par un exécutif et une majorité soumise au prince, n’a-t-on pas oublié la base ?

Les bases de ce qui appelle le changement : La lutte sociale ; le ras le bol populaire ; les mouvements divers comme celui des jeunes pour l’environnement ; celui des cheminots, des enseignants, des soignants pour la fonction publique ; celui des retraités ; celui des avocats ; celui des salariés du privé à qui l’on avait tout promis et enfin celui des Gilets jaunes ?

Et puis le virus est arrivé. La crise sanitaire a-t-elle permis une prise de conscience politique ?

La période de confinement a montré un accroissement des inégalités, elle ne les a pas créées. La période a mis en lumière les dérives environnementales générées par la mondialisation, elles existaient déjà avant. Il s’agit d’une lente mais inexorable tendance qui s’installe depuis trop longtemps. La politique d’Emmanuel Macron a exacerbé cette tendance par des choix opposant les premiers de cordée aux premiers de corvée.

La crise sanitaire a, en fait, révélé l’urgence du changement. L’urgence de tout reprendre à la base. Alors maintenant que faire ?

Les fondations de toute alternative se coulent dans la terre du réel. C’est un chantier de bâtisseurs qui attend la gauche. Seul le rassemblement de toutes ses forces peut y parvenir.

C’est pierre après pierre et en partant d’en bas que la maison France se reconstruira. Chaque pierre doit être taillée d’une lutte citoyenne, Chaque étage doit être une étape de rassemblement et d’unité, d’un « ensemble ».

L’édifice sera crédible s’il s’agit d’une œuvre collective. Sinon il restera un fragile amoncellement de micro structures prêtes à s’effondrer, à s’opposer ou à rejoindre « les forces de l’argent ».

Il faut comprendre que ce moment d’arrêt imposé par le COVID-19 est un appel à dire « STOP » à l’aveuglement. Il est une invitation, pour la Gauche, à repartir de la base ; de ce qui a permis les succès ; les avancées sociales et démocratiques ; le progrès. Pour cela la Gauche a besoin de se reconstruire sur deux piliers : l’unité de tous et l’unité du peuple.

Dans ce moment particulier beaucoup de bonne intentions s’affichent. Prenons-les comme telles sans chipoter sur la sincérité de ces démarches. Cependant, fort de nos expériences passées, de nos propres échecs et des illusions déçues, restons prudents. Nous ne nous contenterons pas d’avoir ou la forme ou le fond. Ce que nous voulons c’est la forme et le fond.

La forme c’est évidemment le rassemblement de toute la Gauche sans aucune exclusive et sans procès en sorcellerie. Le fond c’est être offensif sur des mots d’ordres clairs et pas simplement sur des analyses anti-libérales que l’on se dépêche d’oublier une fois arrivés au pouvoir.

Oui à l’unité pour la dotation universelle en taxant les GAFFAM’s
Oui à l’unité pour en finir avec la 5ième république
Oui à l’unité pour la garantie d’emploi à l’échelle régionale.
Oui à l’unité Pour supprimer les aides à ceux qui prennent davantage à la planète que ce qu’ils lui donnent.

Oui à l’unité, pleine et entière dans sa forme mais avec du fond.

Donner du sens. C’est la base !

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Au rond point c’est priorité à gauche ! – Edito lettre n°83

Par Julien Dray 


Le temps apparaît, pour tout un chacun, comme suspendu. Nous sommes plus ou moins à l’arrêt. Spectateurs admiratifs de celles et ceux qui garantissent notre survie. Reclus à l’intérieur. Interdits de mouvement, nos partageons virtuellement nos impressions, nos sentiments, nos incertitudes, nos analyses, nos pensées. Il nous arrive de fuir le confinement par la pensée. C’est un exercice aussi inédit que la situation sanitaire. Et nous prenons acte !

Ce moment éclaire le passé. Que nous le nommions crise ou guerre, il est une conséquence de choix, de dénis, d’aveuglements voire de fuites en avant. Ce moment nous oblige à regarder comment nos sociétés ont évolué, comment nous avons abandonné des valeurs morales pour tenter de rester dans la compétition économique. Ces valeurs oubliées par l’état, que nous portons ici, en France, génétiquement en nous, manquent aujourd’hui cruellement à notre capacité collective d’anticiper, de réagir et de protéger. Quelque soit la situation.

Il n’est pas question d’effacer, d’accuser, de désigner, de montrer du doigt. La gauche comme la droite se sont fondues dans les fours d’une mondialisation financiarisée. Un acte volontaire pour la droite. Un acte contre nature pour la gauche.

Ce moment éclaire le passé et oblige à imaginer, construire, inventer un monde nouveau. Un monde centré sur l’humanisme, le respect, la solidarité, le progrès. La préservation de l’homme et de la nature. Demain commence aujourd’hui !

Nous sommes au bout de quelque chose. Un virus, en se propageant, laisse apparaître l’étendue des dégâts : Dégât sanitaire, dégât social, dégât économique, dégât générationnel, dégât institutionnel. Le confinement ne protège pas des inégalités. Il les confirme et les développent. Dans les têtes, aux fins de mois, c’est ajouté la fin du monde. La terre, elle, se sent mieux. Elle a fait passer son message. Sera-t-il entendu ?

Tant d’alertes ont préalablement été posées. Tant d’impatiences, de colères ont été exprimées. Tant de choses existaient avant l’arrivée du COVID 19. Le virus n’était-il pas déjà dans l’exercice du pouvoir ? particulièrement ces dernières années ? Il n’a alors eu d’autre réponse que la répression. Il est encore aujourd’hui tenté par la culpabilisation du citoyen lambda. Pour faire oublier ses manquements ? Mais le Corona virus ne se soigne pas au LBD.

A l’état major aussi indécis qu’éloigné de sa zone de combat, il faudrait substituer l’état Majeur, œuvrant à l’émancipation du peuple. Pour cela il faut un accord majeur. Une partition à une seule clef : celle des valeurs partagées. C’est à la gauche de le mettre en musique. Une Gauche enfin responsable, servant le même cœur, le même corps.

A l’évidence il faut tout changer. Si nous trouvons, dans ce moment, l’occasion d’une prise de conscience durable et humaine, alors, d’une crise improbable mais prévisible nous aurons fait une opportunité.

Les modes de productions consuméristes confinant à l’inutile dans le but de vendre tout et n’importe quoi ; les modes de financements par le haut qui ne ruissellent pas ; les modes de vie individualistes isolant les uns des autres. Tout est à redéfinir. Si nous ne le faisons pas à travers la mobilisation d’une gauche conquérante et unie, nous prendrons le risque du « laisser faire », le risque que rien ne change. La suite pourrait être plus grave que les pires films catastrophes hollywoodiens.

Oui, il faut une unité : l’unité du peuple. C’est le rond point au bout de la ligne droite. Et au rond point, c’est priorité à gauche !

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Municipales : Une chance pour la Gauche ? – Edito lettre n°74

Par Julien Dray 


Comme on dit c’est la dernière ligne droite. Les équipes sont formées, les derniers documents imprimés. La gestion de la cité connaîtra bientôt ses nouveaux représentants.

Cette campagne aura créé un précédent, durable ou pas. Chacun aura composé avec ce qu’il pense être le désir de l’opinion. Ainsi, on voit fleurir une multitude de listes plus ou moins anonymes. Des listes citoyennes n’arborant aucun logo. Toutes écologistes bien entendu. En fait on se cache souvent derrière son petit doigt. Ou bien on n’assume plus son appartenance à un parti, à un mouvement. Seule la couleur choisie pour les documents de campagne permet parfois de distinguer les influences de droite ou de gauche.

Cela peut avoir deux conséquences : soit on va voter « au doigt mouillé » soit on va refuser, par défaut de discernement, de choisir et cela va renforcer l’abstention. C’est peut-être l’objectif recherché par une volonté de dépolitiser cette élection.

Ne nous y trompons pas. La gestion de la cité, qu’elle soit communale ou au delà, n’est pas nécessairement la même lorsque l’on est de gauche, de droite ou bien ni de droite ni de gauche c’est à dire souvent de droite. La place du social, de la culture, la notion du « vivre ensemble », peuvent énormément varier. La défense des services publics, l’aide aux associations, la place du citoyen sont quelquefois sacrifiées à d’autres priorités.

Cette élection est pourtant, plus que d’autres par le passé, très politique. Et c’est une chance pour la gauche qu’elle aurait tort de laisser passer. Ce peut être le début d’une reconstruction salutaire, les prémices d’un rassemblement propice à créer enfin une alternative à un pouvoir solitaire et autoritaire.

Aussi il faut saluer toutes celles et tous ceux qui ont cherché, coûte que coûte, à rassembler sur leur listes l’ensemble des mouvements de gauche et les écologistes. Il faut encourager cette volonté là parce qu’elle est porteuse d’avenir. Disons-le simplement : L’initiative en revient souvent à ceux qui, par le passé déjà, ont éprouvé les listes d’union. Ils savent ce qu’apporte de bénéfices cette cogestion lorsqu’elle s’appuie sur des valeurs communes.

C’est par ailleurs en quelque sortes les préliminaires des changements qui pourraient intervenir lors des élections suivantes. : Les départementales, les régionales et les sénatoriales. La composition des listes municipales dit déjà beaucoup des futures orientations. Rappelons-nous que se sont ces élus qui désigneront vos sénateurs. Qui peut dire que la formation de la chambre haute n’est pas politique ? Aussi lorsque votre liste municipale est formée de membres issus de plusieurs partis ou mouvements, indifféremment de droite et de gauche, les conséquences peuvent aller à l’encontre du but recherché par l’électeur lambda.

Il est donc nécessaire de favoriser les listes d’union de la gauche et des écologistes qui assument ces valeurs que de tenter l’originalité d’un mélange contre nature. Elle pourrait coûter cher plus tard.

Espérons le constater dès le premier tour, ceux qui auront choisi le rassemblement dans la transparence, assumant leur volonté, refusant la division ; celles et ceux-là pourraient tirer leur épingle du jeu.

Espérons enfin que là où les gauches, où les écologistes ont choisi de défendre d’abord leur couleur, ils auront la possibilité, dans un second tour, de se retrouver.

Parce que la division coûte toujours très cher à la gauche. Parce que la population est en attente d’un dépassement de toutes les chapelles pour constituer une force d’alternative sociale et écologique.

Vive l’union, vive le rassemblement de la gauche et des écologistes.

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L’union de la gauche et des écologistes est impérative!

Par Charles Adrianssens, Arthur Courty, Paul Montjotin


Second tour des élections municipales : l’union de la gauche et des écologistes est impérative pour sanctionner le gouvernement et préparer l’alternance en 2022

« Amplifier la première défaite électorale d’Emmanuel Macron »

Les élections municipales seront la première reculade électorale d’Emmanuel Macron et de la République en Marche. Les élections municipales deviennent donc une véritable « élection de mid-term » qui conditionnera la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron et les prochaines présidentielles, c’est pourquoi la gauche doit prendre mesure de l’enjeu de ces élections et créer les alliances nécessaires au second tour permettant d’amplifier la défaite du gouvernement.

Bien sûr, les élections municipales sont d’abord un scrutin local. Mais, en pleine réforme des retraites, en plein 49-3, un an après la crise des gilets jaunes, après deux ans d’affaiblissement de nos services publics locaux comme nationaux et de nos mécanismes de solidarités, cette élection revêt d’une portée nationale qu’il ne convient pas de minimiser.

Alors qu’Emmanuel Macron veut imposer aux Françaises et aux Français un duel avec Marine Le Pen en 2022, la gauche et les écologistes doivent être capables de montrer qu’ils peuvent proposer un projet commun, une alternative crédible. Partout où les candida.t.e.s du gouvernement sont en capacité de gagner, la gauche et les écologistes ne doivent pas trembler et avoir le courage du rassemblement. Bien entendu, si les équilibres politiques de la gauche et des écologistes diffèrent d’un territoire à l’autre, nous avons cependant une boussole qui doit toujours nous rassembler : l’opposition à la politique nationale menée par Emmanuel Macron.
« Le rassemblement doit être clair, partout et en particulier dans les villes »

Considérant les spécificités locales, la formule de ce rassemblement n’est pas unique et peut être menée par différentes composantes de la gauche en fonction des territoires. Elle existe déjà au premier tour, derrière des maires sortants qui sont donnés gagnants, c’est le cas par exemple à Grenoble, un maire EELV, soutenu par le PS, le PCF, la Fance Insoumise et Place Publique ; à Montreuil ou le maire sortant rassemble déjà le PS-PCF-LFI-Génération ou encore à Clermont ou PS PCF, EELV et LFI font liste commune derrière le maire sortant.

L’alliance de la gauche et des écologistes devra se faire encore plus clairement au second tour, notamment dans les grandes villes, cœur de l’électorat d’Emmanuel Macron et qui seront particulièrement regardées lors de ce prochain scrutin. Il convient donc d’éviter les situations de division fragilisant la gauche, comme à Toulouse où la division risque de profiter au maire sortant LREM (ex UMP) dans une région pourtant traditionnellement à gauche. Si ces alliance peuvent aller à l’encontre d’ambitions locales, il ne faut pas perdre de vue l’objectif principal qu’est celui de gagner le plus de villes possible et ainsi envoyer un message fort au gouvernement. Chaque formation politique devra donc à son tour accepter la main tendue : ce sera tantôt à EELV (comme à Paris), tantôt au PS (comme à Lyon ou Strasbourg), tantôt au PCF, LFI et Place Publique.

« Ceux qui divisent seront sanctionnés par les Français »

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