Archives par étiquette : Santé

Applaudir c’est bien, revaloriser les salaires, ce sera mieux !

Par Daniel Goldberg


Les personnels soignants, et par extension, toutes celles et tous ceux qui sont en première ligne pour préserver nos vies confinées, sont applaudis largement à travers le pays, tous les soirs à 20h. Cette reconnaissance par tous de leur engagement professionnel et personnel est un fil rouge sur lequel la société française peut se reconstruire après la catastrophe sanitaire que nous vivons.

Mais cette catastrophe sanitaire – au sens premier, un renversement de l’ordre des choses -, va se doubler, on le perçoit de plus en plus nettement, d’une crise économique et sociale de grande ampleur. Les prévisions de fort appauvrissement de notre pays, de pertes de revenus pour nombre de familles malgré les dispositifs mis en œuvre, notamment le chômage partiel, l’absence de compensation pour tous ceux qui auront vu leur activité s’arrêter, mais également les coûts en augmentation pour les familles les plus précaires avec la suppression des marchés alimentaires et des cantines scolaires, tout cela indique que le monde d’après devra prendre en compte des sujets qui étaient mis de côté par les décideurs publics depuis des années.

Parmi ceux-ci, les conditions de vie des aides-soignantes des hôpitaux, des Ehpad ou des lieux d’accueil pour les personnes handicapées, les salaires et conditions d’emploi des travailleurs sociaux et médico-sociaux méritent d’être dès à présent discutés.

Puisqu’ils – et pour beaucoup elles – sont mis à l’honneur dans nombre de médias, par des déclarations publiques fortes, par le sentiment très répandu de leur utilité sociale finalement essentielle à nos vies, de la naissance au décès, il faut se saisir de cette opportunité pour transformer les paroles en actes.

Puisqu’ils et elles sont indispensables, engageons dès maintenant les négociations entre les organisations professionnelles des salarié.e.s, celles des employeurs publics et privés avec la participation des pouvoirs publics puisque ces professions agissent pour le compte de l’État ou des départements, dans le cadre de politiques publiques nationales et départementales.

Salaires et conditions de travail, formation initiale et continu, déroulé de carrière, tous les sujets sont sur la table depuis des années sans trouver de concrétisation. Le confinement et la réduction de beaucoup d’activités peut être donc finalement l’occasion d’avancer.

On dira que ce n’est pas le moment. Mais cela ne l’a jamais été précédemment. Et gageons que, lorsque le cours de nos vies aura repris un peu de normalité, de beaux esprits diront qu’il y a d’autres priorités.

Et qui sait, les organisations syndicales pourraient être toutes partantes pour engager ensemble les débats et, de leur côté, la gauche et les écologistes pourraient même se retrouver pour porter cette même exigence de début de ces négociations, voire mêle sur le contenu des principales revendications à porter.

L’utilité sociale de ces métiers d’attention aux autres, en particulier celles et ceux qui sont vulnérables, n’a pas de prix aujourd’hui.

Et bien il est temps d’en donner un pour demain !

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Agnès Buzyn, ou le Sganarelle du XXIe siècle

Par Samir Lassoued


Sganarelle fut Le Médecin malgré lui, Agnès Buzyn sera La ministre de la Santé malgré elle. Sous perfusion de faux remèdes, le Service Public de la Santé doit-il s’attendre à une mort certaine ?

Tels sont les termes du débat à l’heure où se propage la grève des hôpitaux dans tout le pays. On dénombre, à ce jour, plus de 230 hôpitaux en grève, rejoints par les professions libérales de santé ou encore celui du secteur sanitaire et social. Le nombre ne cesse de s’accroitre.

De Saint-Denis à Paris en passant par le Massif Central et la Réunion : plus de lits, plus de personnel, plus de respect des conditions de travail. Les revendications sont les mêmes.

Des milliers de grévistes, des revendications claires et partagées. Ces deux ingrédients ne semblent pas suffire à faire avancer les choses. Les raisons qui empêchent l’émergence d’un mouvement social structuré sont nombreuses.

Les directions de centres hospitaliers s’assurent de l’administration du palliatif libéral, pressurisant -un peu plus chaque jour- des agents à bout et rendant de plus en plus impossible le combat des représentants syndicaux.

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Mesures pour les urgences à l’hôpital : Cautère sur jambe de bois – Edito Lettre n°52

Par Julien Dray


Voilà donc plus de six mois que de très nombreux services d’urgences à l’hôpital sont en grève.

Fidèles à leur vraie méthode, celle que l’on connaît depuis mai 2017, Macron et son gouvernement ont d’abord méprisé. Le mouvement s’est développé.

Fidèles à leur incapacité à comprendre un mouvement social (on l’a vu avec les gilets jaunes), Macron et son gouvernement ont annoncé quelques mesures d’urgences au mois de juin. Il s’agissait de passer l’été au calme. Le mouvement s’est ancré.

Fidèles à leurs pratiques du faux débat, Macron et son gouvernement ont fait semblant de consulter les urgentistes en demandant à l’un des leurs un rapport. L’homme est évidemment respectable mais il est député LREM, la ficelle est un peu grosse, le mouvement s’est amplifié.

Fidèles à leur conception de la démocratie descendante, Macron et son gouvernement ont claironné des mesures complémentaires début septembre, 750 millions sur trois ans. Les Échos, le JDD et Paris Match ont apprécié. On attendra la traduction budgétaire pour y croire.

En tous les cas il semble bien que le mouvement va se généraliser.

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La santé n’a pas de prix … C’est fini ?

Par Edmond Thanel


Les plus anciens s’en souviennent. La politique de santé française était portée par un slogan qui engageait l’Etat devant sa population : « La santé n’a pas de prix ! » C’était sans doute aux débuts de l’Ancien Monde.
Lorsque l’intérêt général primait sur tout.
Lorsque la prévention était un maître-mot.
Lorsqu’on avait encore des médecins de famille.
Lorsqu’à l’école primaire, déjà, on passait au crible les maladies infantiles.
Lorsqu’on vaccinait.
Lorsqu’une classe d’âge avant le service militaire passait une visite médicale approfondie.
Lorsque la médecine scolaire et la médecine du travail avaient encore un sens préventif.

La santé n’avait pas de prix !

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Pénurie de médicaments en France : Vers un nouveau scandale?

Par Vautrin

Je ne connais pas grand chose à l’économie de la santé publique mais j’ai compris trois choses en économie de marché : un produit doit être tarifé à son coût marginal de production; un marché s’équilibre par les prix et lorsque les différents marchés mondiaux sont ouverts les prix doivent s’aligner entre les pays sauf à créer un déséquilibre régional.

Il semble bien que la situation de pénurie de certains médicaments en France provienne de la mise en oeuvre de ces trois principes. La réglementation des prix incite les fabricants des produits les plus chers à écouler leur production vers les pays où les prix ne sont pas réglementés et où la demande, certes plus rare car non solvabilisée par un système de protection sociale généreux, est néanmoins prête à payer.

Tout cela serait peut être admissible s’il ne s’agissait pas de médicaments. Passons sur le coté immoral de la méthode, en matière d’immoralité les grands laboratoires pharmaceutiques ont souvent donné des preuves tangibles de leurs capacité.

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