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Au rond point c’est priorité à gauche ! – Edito lettre n°83

Par Julien Dray 


Le temps apparaît, pour tout un chacun, comme suspendu. Nous sommes plus ou moins à l’arrêt. Spectateurs admiratifs de celles et ceux qui garantissent notre survie. Reclus à l’intérieur. Interdits de mouvement, nos partageons virtuellement nos impressions, nos sentiments, nos incertitudes, nos analyses, nos pensées. Il nous arrive de fuir le confinement par la pensée. C’est un exercice aussi inédit que la situation sanitaire. Et nous prenons acte !

Ce moment éclaire le passé. Que nous le nommions crise ou guerre, il est une conséquence de choix, de dénis, d’aveuglements voire de fuites en avant. Ce moment nous oblige à regarder comment nos sociétés ont évolué, comment nous avons abandonné des valeurs morales pour tenter de rester dans la compétition économique. Ces valeurs oubliées par l’état, que nous portons ici, en France, génétiquement en nous, manquent aujourd’hui cruellement à notre capacité collective d’anticiper, de réagir et de protéger. Quelque soit la situation.

Il n’est pas question d’effacer, d’accuser, de désigner, de montrer du doigt. La gauche comme la droite se sont fondues dans les fours d’une mondialisation financiarisée. Un acte volontaire pour la droite. Un acte contre nature pour la gauche.

Ce moment éclaire le passé et oblige à imaginer, construire, inventer un monde nouveau. Un monde centré sur l’humanisme, le respect, la solidarité, le progrès. La préservation de l’homme et de la nature. Demain commence aujourd’hui !

Nous sommes au bout de quelque chose. Un virus, en se propageant, laisse apparaître l’étendue des dégâts : Dégât sanitaire, dégât social, dégât économique, dégât générationnel, dégât institutionnel. Le confinement ne protège pas des inégalités. Il les confirme et les développent. Dans les têtes, aux fins de mois, c’est ajouté la fin du monde. La terre, elle, se sent mieux. Elle a fait passer son message. Sera-t-il entendu ?

Tant d’alertes ont préalablement été posées. Tant d’impatiences, de colères ont été exprimées. Tant de choses existaient avant l’arrivée du COVID 19. Le virus n’était-il pas déjà dans l’exercice du pouvoir ? particulièrement ces dernières années ? Il n’a alors eu d’autre réponse que la répression. Il est encore aujourd’hui tenté par la culpabilisation du citoyen lambda. Pour faire oublier ses manquements ? Mais le Corona virus ne se soigne pas au LBD.

A l’état major aussi indécis qu’éloigné de sa zone de combat, il faudrait substituer l’état Majeur, œuvrant à l’émancipation du peuple. Pour cela il faut un accord majeur. Une partition à une seule clef : celle des valeurs partagées. C’est à la gauche de le mettre en musique. Une Gauche enfin responsable, servant le même cœur, le même corps.

A l’évidence il faut tout changer. Si nous trouvons, dans ce moment, l’occasion d’une prise de conscience durable et humaine, alors, d’une crise improbable mais prévisible nous aurons fait une opportunité.

Les modes de productions consuméristes confinant à l’inutile dans le but de vendre tout et n’importe quoi ; les modes de financements par le haut qui ne ruissellent pas ; les modes de vie individualistes isolant les uns des autres. Tout est à redéfinir. Si nous ne le faisons pas à travers la mobilisation d’une gauche conquérante et unie, nous prendrons le risque du « laisser faire », le risque que rien ne change. La suite pourrait être plus grave que les pires films catastrophes hollywoodiens.

Oui, il faut une unité : l’unité du peuple. C’est le rond point au bout de la ligne droite. Et au rond point, c’est priorité à gauche !

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« La Nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement. »

 


Dans sa dernière intervention, Emmanuel Macron a choisi de rappeler que « Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. », cette deuxième phrase de l’article 1er de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 1789. Voulait-il démontrer ainsi qu’il avait changé ? Ou bien, pris dans sa réinvention continuelle, prenait-il la pleine mesure que notre République était fondée sur des valeurs qu’il avait lui-même peu mis en avant depuis le début du quinquennat ?

Aujourd’hui, au moment où des mesures de sortie de confinement se dessinent, ce dixième alinéa du Préambule de la Constitution de 1946 – tout autant au cœur de notre bloc de valeurs constitutionnelles – qui proclame donc que la France assure à toutes et tous des conditions nécessaires d’existence, prend tout son sens et mérite d’être mis en pratique.

En effet, la vague économique et sociale qui s’annonce, avec des pertes de revenus considérables notamment pour les classes moyennes et populaires, demande des réponses politiques fortes. Les crises comme celle de 2008 ont pour habitude, dans un premier temps, de compresser l’échelle des inégalités, en touchant fortement les plus hauts et les plus bas revenus. Mais, les premiers se relèvent relativement rapidement quand les seconds, dix ans après, peinent à retrouver le niveau qu’ils avaient auparavant.

Or, les filets sociaux actuels n’assurent plus une base de revenus suffisante pour de nombreux concitoyens. Plus qu’un hypothétique revenu universel, il s’agit de donner ici des moyens d’existence à celles et ceux qui risquent de basculer dans une grande précarité dans les prochains mois.

Aujourd’hui, environ le tiers des bénéficiaires potentiels n’a pas recours aux aides existantes et celles-ci excluent les moins de 25 ans qui prennent de plein fouet la crise avec la suppression des emplois précaires auxquels il sont cantonnés et des nombreux « petits boulots » lorsqu’ils sont étudiants. Par ailleurs, depuis la création du RMI en 1990, le revenu minimum a perdu de sa valeur par rapport aux revenus du travail (de 66,5 heures de SMIC brut en 1990 à 55,8 heures en 2018).

Ainsi, l’objectif minimum auquel le pays devrait s’astreindre serait que personne ne se situe, en cumulant le RSA et d’autres ressources, au‑dessous du seuil de pauvreté correspondant à 50 % du revenu médian, soit 855 euros par mois.

Mettre nos choix politiques en accord avec la Constitution nous engagent à agir. Relever notamment le RSA et l’ouvrir dès à présent aux 18-25 ans nous réarmeraient socialement à partir de nos valeurs fondatrices.

D’autant que les mesures qui seront prises prochainement esquisseront pour beaucoup ce que sera le « Monde d’après ». Soyons tous persuadés qu’il sera une impasse collective s’il ne permet pas à des millions de femmes et d’hommes de vivre dignement.

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La crise COVID acte la fin du leadership américain

Par Cécile Soubelet

Comme partout dans le monde, la gestion de la crise sanitaire est un véritable « crash test » pour les dirigeants politiques et les Etats-Unis ne font pas exception. Donald Trump oscille entre prises de position contradictoires, surmédiatisation, et justifications tant il est fragilisé sur de multiples plans.

Sur le plan politique d’abord car son déni et son manque d’anticipation en début d’année lui sont reprochés. Trump a notamment sous-estimé le nombre de tests en sa possession, or ils sont nécessaires pour autoriser un déconfinement. Du coup, Trump a du invoquer le Defense Production Act pour faire fabriquer jusqu’à 30 millions de tests/mois dans une entreprise du Maine.

Sur le plan sanitaire ensuite. Dans un pays où le système de santé est privé et décentralisé, il existe de profondes inégalités de soins médicaux en fonction des Etats fédérés. Ainsi, chacun a les pleins pouvoirs en matière sanitaire, et donc décide du confinement et de son application plus ou moins stricte.

Or, les gouverneurs interpellent aujourd’hui l’Etat fédéral pour recevoir de l’aide dans cette gestion de crise et surtout le déconfinement.

Sur le plan économique enfin, avec une économie en chute libre et une hausse du chômage, la droite américaine refuse de sacrifier l’économie sur l’autel sanitaire, et rejette toute idée de confinement. Plus encore, avec un effondrement du prix du baril de pétrole, c’est la fin (temporaire) du projet énergétique de Trump qui misait sur les énergies fossiles. Il a du au contraire accorder un plan d’aides spécifiques aux entreprises pétrolières.

Trump est-il sur le point de fasciller ? Non. Même si la question de tests pourra valoir de référendum sur la bonne gestion ou non de la crise, Trump mise désormais sur 3 piliers : la Chine (l’ennemi juré duquel il faut être le moins dépendant), l’immigration (suspension de toute immigration pendant 60 jours minimum), et les organisations multilatérales (comme l’OMS). 3 thématiques qui renforcent plus que jamais sa popularité auprès de son électorat.

Mieux, en face, rien ne fait jour côté démocrate. Joe Biden est inaudible et n’apporte aucune réflexion ou proposition alternative. Finalement, seuls des gouverneurs comme Andrew Cuomo de New York émergent dans le débat politique face à Trump.

Au final, cette crise révèle une non-gestion de la crise en interne, et surtout une perte d’influence diplomatique américaine. Le leadership américain n’est plus, à l’inverse de la Chine qui déploie son influence partout dans le monde, petit à petit comme nous le voyons en Italie ou en Europe de l’Est.

La question est alors de savoir à quel moment l’Europe, si désunie, s’en apercevra ?

D’un point de vue de politique intérieure enfin, il peut être surprenant que ni Trump ni Biden n’en profitent pour remettre en cause le modèle environnemental, sociétal ou le système de santé américain. 9% des Américains, soit 28 millions de personnes n’avaient pas de couverture maladie avant la crise. Depuis, plus de 22 millions de travailleurs ont perdu leur emploi en l’espace de 3 semaines, et avec, leur couverture médicale. Un tapis rouge pour des idées qui étaient celles de Bernie Sanders.

Mais où est passé le camp démocrate en pleine campagne électorale ?

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