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Municipales : Une chance pour la Gauche ? – Edito lettre n°74

Par Julien Dray 


Comme on dit c’est la dernière ligne droite. Les équipes sont formées, les derniers documents imprimés. La gestion de la cité connaîtra bientôt ses nouveaux représentants.

Cette campagne aura créé un précédent, durable ou pas. Chacun aura composé avec ce qu’il pense être le désir de l’opinion. Ainsi, on voit fleurir une multitude de listes plus ou moins anonymes. Des listes citoyennes n’arborant aucun logo. Toutes écologistes bien entendu. En fait on se cache souvent derrière son petit doigt. Ou bien on n’assume plus son appartenance à un parti, à un mouvement. Seule la couleur choisie pour les documents de campagne permet parfois de distinguer les influences de droite ou de gauche.

Cela peut avoir deux conséquences : soit on va voter « au doigt mouillé » soit on va refuser, par défaut de discernement, de choisir et cela va renforcer l’abstention. C’est peut-être l’objectif recherché par une volonté de dépolitiser cette élection.

Ne nous y trompons pas. La gestion de la cité, qu’elle soit communale ou au delà, n’est pas nécessairement la même lorsque l’on est de gauche, de droite ou bien ni de droite ni de gauche c’est à dire souvent de droite. La place du social, de la culture, la notion du « vivre ensemble », peuvent énormément varier. La défense des services publics, l’aide aux associations, la place du citoyen sont quelquefois sacrifiées à d’autres priorités.

Cette élection est pourtant, plus que d’autres par le passé, très politique. Et c’est une chance pour la gauche qu’elle aurait tort de laisser passer. Ce peut être le début d’une reconstruction salutaire, les prémices d’un rassemblement propice à créer enfin une alternative à un pouvoir solitaire et autoritaire.

Aussi il faut saluer toutes celles et tous ceux qui ont cherché, coûte que coûte, à rassembler sur leur listes l’ensemble des mouvements de gauche et les écologistes. Il faut encourager cette volonté là parce qu’elle est porteuse d’avenir. Disons-le simplement : L’initiative en revient souvent à ceux qui, par le passé déjà, ont éprouvé les listes d’union. Ils savent ce qu’apporte de bénéfices cette cogestion lorsqu’elle s’appuie sur des valeurs communes.

C’est par ailleurs en quelque sortes les préliminaires des changements qui pourraient intervenir lors des élections suivantes. : Les départementales, les régionales et les sénatoriales. La composition des listes municipales dit déjà beaucoup des futures orientations. Rappelons-nous que se sont ces élus qui désigneront vos sénateurs. Qui peut dire que la formation de la chambre haute n’est pas politique ? Aussi lorsque votre liste municipale est formée de membres issus de plusieurs partis ou mouvements, indifféremment de droite et de gauche, les conséquences peuvent aller à l’encontre du but recherché par l’électeur lambda.

Il est donc nécessaire de favoriser les listes d’union de la gauche et des écologistes qui assument ces valeurs que de tenter l’originalité d’un mélange contre nature. Elle pourrait coûter cher plus tard.

Espérons le constater dès le premier tour, ceux qui auront choisi le rassemblement dans la transparence, assumant leur volonté, refusant la division ; celles et ceux-là pourraient tirer leur épingle du jeu.

Espérons enfin que là où les gauches, où les écologistes ont choisi de défendre d’abord leur couleur, ils auront la possibilité, dans un second tour, de se retrouver.

Parce que la division coûte toujours très cher à la gauche. Parce que la population est en attente d’un dépassement de toutes les chapelles pour constituer une force d’alternative sociale et écologique.

Vive l’union, vive le rassemblement de la gauche et des écologistes.

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Covid-19 : l’échec du libéralisme économique mondialisé

Par Pierre Mazzorbo

L’épidémie de Coronovirus inquiète beaucoup plus que l’épidémie de grippe saisonnière même si elle fait beaucoup moins de victimes, à ce stade. Elle renvoie à un inconscient collectif qui est solidement ancré dans nos cultures.

Les plaies d’Egypte, avec cette épidémie de bubons qui affleurent sur la peau des Egyptiens. Les grandes épidémies de peste au Moyen-Age qui ont ravagé les grandes cités prospèrent. En est resté ce masque de la comedia del Arte, du dottore della peste, le docteur de la peste, avec son long bec d’oiseau courbé que les médecins bourraient d’épices et d’herbes pour éviter d’être touché par le virus mortel. Une sorte de masque médical avant l’heure.

Le coronavirus renvoie à la même peur primale: celle de la maladie incontrôlable qui frappe de manière aléatoire sans que le remède soit clair et efficace.

Au-delà de cet aspect sociologique, l’épidémie est un reflet terrible de nos sociétés. On voit de suite quel pays a un système de santé efficace et quel pays se met en danger à cause de son organisation sanitaire. La peur qui envahit les Etats-Unis d’Amérique est très intéressante à analyser. Le test y est payant. Le système de santé américain repose sur l’assurance privée. Il y a ceux qui sont assurés dont les soins seront pris en charge et les autres, qui sont face à un choix crucial : payer ou risquer. Cette absence de système de solidarité élémentaire met en péril toute la société américaine. Ne pas pouvoir se soigner, c’est multiplier les agents pathogènes et la prolifération non contrôlée du virus.

Le coronavirus repose la question de l’organisation des Etats, de la puissance publique et du contrôle de certaines politiques par celles-ci dans un monde où tout devenait à déréguler et à marchandiser. En France, il a fallu que l’Etat réquisitionne les masques médicaux et régule le prix des solutions hydro-alcooliques pour éviter la spéculation sur les prix.

Aux Etats-Unis, l’Etat fédéral n’a pas d’autre solution que d’implorer la clémence des assureurs…

Cette crise sanitaire, à laquelle la Turquie ajoute la crise migratoire, est aussi un test pour l’Europe.

Il n’y a pas de frontières qui tiennent avec un virus qui se propage aussi vite. Les échanges quotidiens entre tous les points du monde accentuent la propagation du virus. Nous sommes nous-mêmes les agents de diffusion du virus et de la maladie.

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