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D’UNE JUPE ET D’UN MINISTRE QUI PRÔNE LA « TENUE RÉPUBLICAINE » POUR LES FILLES…

Par Delphine Pineda

Un fait divers parmi d’autres en 2020 en France : encore une étudiante insultée et frappée parce qu’elle porte une jupe…

Vivre en 2020 en France, et ne toujours pas pouvoir s’habiller comme on le souhaite lorsqu’on est fille ou femme et qu’on sort dans la rue ? Oui, il y a quelque chose de toujours aussi grave dans ce fait si fréquemment rapporté ces derniers temps. Oui il y a quelque chose qui dérape encore et qui dérange, et oui il y a un courant d’ordre moral qui depuis quelque temps refait surface dans notre République.

Cet ordre moral qui exige des filles et des femmes qu’elles ne soient plus provocantes dans la rue et qu’elles baissent les yeux devant l’homme.

Cet ordre moral qui veut absolument ramener les filles et les femmes à un statut très cadré et parfaitement défini par une archaïque pensée. Une pensée archaïque pourtant aujourd’hui toujours véhiculée par des livres, des intellectuels, des professeurs et des églises : celle de la pudeur féminine et au delà celle de l’assujettissement des filles et des femmes à un « alter non ego » masculin plus fort et plus haut qu’elles.

Entendons-nous bien, ceci n’est pas que l’apanage des intégristes religieux comme certains voudraient nous le faire croire. Il n’y a qu’à écouter cette récente et si curieuse injonction d’un ministre de la République française en exercice, exigeant que les élèves s’astreignent désormais à porter une tenue « républicaine » lorsqu’elles se rendent à l’école ! Oui, vous avez bien entendu et bien lu, en 2020 en France, un ministre de la République en exercice se mêle d’établir le porté « républicain » et le porté « non républicain », c’est à dire le « provocant » et le « non provocant » en matière d’habillement scolaire pour les filles, nos filles !

Pourquoi relier ces deux affaires me direz-vous ?

Figurez-vous, chères lectrices et chers lecteurs qu’il existe en France une loi sur le harcèlement de rue que visiblement Monsieur le ministre et quelques autres semblent ne pas avoir lu ou bien ne pas avoir encore à l’esprit ! Et c’est infiniment regrettable et c’est infiniment coupable.

Cette loi promulguée en 2018 donne en effet le droit à chaque fille et à chaque femme de s’habiller comme elle le souhaite, et ce à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, où qu’elle se trouve en France. Cette loi a été conçue dans le but d’affirmer haut et fort que celles qui subissent en tant que femme des agressions verbales et/ou physiques ne sont pas les coupables, mais que ce sont bien leurs agresseurs qui sont coupables d’un acte contraire à la loi, et que ce sont bien leurs agresseurs qui sont en position de devoir rendre des comptes devant l’Institution, que les agressées aient été en jupe, courte ou longue, en jean, en short, en top, maquillées ou pas maquillées au moment de l’agression.

Cette loi est bien une loi de justice destinée à désormais protéger les citoyennes françaises et leurs filles de toute accusation de provocation, si facilement invoquée par les hommes agresseurs.

Alors Monsieur le ministre Blanquer, vous qui exigez désormais que chaque fille se rendant à l’école porte une « tenue républicaine » « non provocante » : est-ce votre façon de nous dire qu’au sein même de nos écoles, votre ministère est à ce point impuissant et incapable d’agir contre les pulsions testosteronnées de la gente masculine ?

Est-ce votre façons de nous dire qu’il est incapable de protéger nos filles de potentielles agressions ?! Ou bien n’est-ce pas en fait l’occasion pour vous de tirer à votre profit cet ordre moral qui s’en prend toujours en premier lieu aux filles et aux femmes, à leurs corps ainsi qu’à leur liberté ?

Chère lectrice, cher lecteur, peut-être pensez-vous que nous sommes loin d’en être arrivé à de telles extrémités… et pourtant… Regardons autour de nous, écoutons, lisons et réalisons à quel point cet ordre moral dont les femmes et les filles font comme d’habitude les premières les frais est en marche. Constatons le combat idéologique entre deux factions opposées en cours aujourd’hui, avec d’un côté celles et ceux qui souhaitent à tout prix aller de l’avant, en mordant la vie, ses bonheurs et ses aléas à pleines dents et de l’autre celles et ceux qui se raccrochent aux âges anciens, ces âges sombres où la femme doit se rendre invisible, baisser les yeux et s’habiller d’une façon parfaitement définie, tout en pudeur, afin de ne pas subir la raillerie, l’insulte, l’opprobre et le rejet ?

Cher Emmanuel Macron, cher Jean-Michel Blanquer, cessons de jouer avec le feu. Laissez les établissement gérer les élèves, ils sauront le faire, assurément mieux que vous.

Et faites par contre en sortes que la loi contre le harcèlement de rue qui a été promulguée soit enfin appliquée. Faites en sorte que tout soit mis en oeuvre pour que dès leur plus jeune âge et tout au long de leur vie, les garçons apprennent le respect absolu des filles et des femmes, et leur reconnaissent instamment ce droit à avoir exactement la même liberté, la même égalité, le même respect qu’ils s’accordent à eux mêmes et qu’ils accordent à leurs proches masculins.

C’est là votre travail, votre seul travail en la matière, et il est urgent que vous vous y atteliez afin de enfin rendre possible le « vivre toutes et tous ensemble » dans notre République. Merci.


LOI n° 2018-703 du 3 août 2018 renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes (JUSD1805895L) https://www.legifrance.gouv.fr/dossierlegislatif/JORFDOLE000036730730/

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« Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. » Antonio Gramsci

Par Delphine Pineda

Nombreux sont aujourd’hui les citoyen(ne)s français(es) à avoir cet étrange sentiment : ce droit politique fondamental, protégé par notre Constitution, qui consiste dans notre démocratie à pouvoir manifester son opposition et à pouvoir circuler librement en toute sécurité pour l’exercer, se réduit peu à peu comme peau de chagrin sous le pouvoir actuel.

Alors certes, la France n’est pas encore revenu aux temps où ceux aux commandes envoyaient l’armée contre leurs opposants et où les morts par centaines et parfois milliers étaient comptabilisés.

Il est cependant indéniable que, alors que nous sommes « en temps de paix », nous assistons depuis quelques mois à une sorte de bascule dans quelque chose de jamais vu depuis bien longtemps : le retour de l’emploi de la violence par l’Etat contre des populations civiles manifestant en masse.

Cet emploi de la violence est voulu, il est justifié et organisé, tant dans les discours et les mots employés par le pouvoir, que grâce à l’utilisation massive d’armes « de guerre » « à létalité réduites » et de techniques de coercition dangereuses, interdites dans pratiquement toutes les autres démocraties européennes. L’utilisation massive de ces armes et techniques de coercition a évidemment entrainé un nombre effarant et jusqu’alors inconnu de morts et de blessés parmi ceux qui ont osé exercer ce droit protégé par notre Constitution.

Après la Guerre d’Algérie : éviter au maximum le contact entre forces de l’ordre et manifestants

Cette bascule est de taille. Car il faut se rendre compte que depuis la fin de la Guerre d’Algérie jusqu’aux années 2000, tous les pouvoirs français en place redoutent plus que tout d’avoir à répondre d’un manifestant étendu sur le sol suite à une charge policière…
Ainsi en est-il de mai 1968, plus grande explosion sociale de l’après-guerre. Tout est mis en oeuvre par le préfet de l’époque, Maurice Grimaud, pour éviter un bain de sang, allant même jusqu’à écrire, dans une lettre adressée à chacun des fonctionnaires de police : « Frapper un manifestant tombé à terre, c’est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière » et de fait cette période de révolte connait peu de violences graves et aucun drame n’est réellement à déplorer en dehors de la mort par noyade du militant maoïste Gilles Tautin le 10 juin 68 alors qu’il était poursuivi par la police.

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« Police partout, justice nulle part » (1)

Par Delphine Pineda

« Ce gouvernement, je le caractérise d’un mot : la police partout, la justice nulle part. » (1)

Cédric Chouviat, 42 ans, père de 5 enfants âgés de 3 à 21 ans est mort par asphyxie « avec fracture du larynx » suite à un banal contrôle routier effectué par les forces de l’ordre qui ont semble-t-il une fois encore fait un usage disproportionné de la force que leur octroie la République française.

« Que le ministre Christophe Castaner reconnaisse la responsabilité des policiers dans la mort de mon fils. Et qu’il ne cache pas la vérité, qu’il ne camoufle pas les faits comme ça a été le cas jusqu’à présent », a commenté, dans un entretien à un grand journal français, le père de la victime Christian Chouviat (2)…

Le fait est aujourd’hui que Monsieur Chouviat n’a pas tord et que la mort violente de son fils intervient dans un climat de défiance lourd, très lourd, à l’égard de ceux qui commandent les forces de l’ordre et gèrent l’ordre public en France.
Souvenons-nous de Zineb Redouane morte à Marseille frappée au visage par une grenade lacrymogène en fermant les volets de son appartement, souvenons-nous de Steve Maïa Caniço mort noyé un soir d’été suite à une charge policière totalement disproportionnée lors d’une joyeuse fête de la musique, rappelons-nous que depuis le mois de novembre 2018, sur 640 manifestants, 49 mineurs et lycéens, 29 passants, 116 journalistes et 33 médics, plus de 867 signalements de violences policières ont été recensés, 2 décès constatés, 318 blessures à la tête enregistrées, 25 éborgnements et 5 arrachements de mains comptabilisés par le journaliste David Dufresne (3)… et autant de classements sans suite faute de preuve ou de possibilité d’identification des potentiels coupables, notamment par absence de port du numéro permettant de les identifier, pourtant obligatoire…

Oui, le fait est aujourd’hui que à cause d’un pouvoir trop avide de briser tout mouvement contestant dans la rue sa politique et afin de pallier aux absences de réponses d’un pouvoir qui semble être sourd à toutes les revendications, peurs et angoisses qui s’expriment depuis plus d’un an dans la rue, nous sommes nombreux à avoir le sentiment désormais d’être entrés dans quelque chose de nouveau en France, quelque chose de jamais vu depuis la Guerre d’Algérie, une sorte de guérilla, de guerre, où l’affrontement physique entre la police républicaine et ceux qu’elle est censée servir et défendre est de mise. Pour la première fois depuis très très longtemps, les morts et les blessés surgissent et s’entassent à la pelle dans l’espace public français, la plupart du temps sans un mot des autorités pour les blessés et tués, sans un mot des autorités pour calmer le jeu, sans un mot des autorités pour apaiser et faire chuter et stopper une tension de plus en plus palpable entre elles et celles et ceux qu’elles violentent.

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ROUEN : Quel Pataquès!

Par Delphine Pineda

À Rouen, ce 26 septembre 2019, en plein centre ville : un énorme incendie dans une usine chimique classée Seveso « seuil haut » se déclare, une série d’explosions au milieu de la nuit surviennent, 5 000 tonnes de produits chimiques partent en fumée sous les yeux des habitants, un immense nuage noir dégageant des odeurs pestilentielles se déploie et voyage sur des centaines de kilomètres, déposant sur son passage des retombées de suies noires et grasses qui maculent cultures, jardins, cours d’écoles, rivières et fleuve.

112 communes du département ont dès lors interdiction de procéder aux récoltes, les animaux sont cloisonnés dans leurs étables, les enfants n’ont plus le droit d’aller en classe, les chaussures doivent être laissées sur le seuil avant d’entrer chez soi, etc…

Abasourdie et médusée la population de Rouen et du département s’inquiète. Les questions elles aussi n’en finissent plus de pleuvoir, comme cette pluie noire et nauséabonde : comment cela est-il possible en 2019 en France, y-a t-il un danger pour notre santé, faut-il s’alarmer, se protéger, nettoyer, partir ?

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Quelques conseils pour réussir sa signature de soutien au Referendum ADP

Par Delphine Pineda

Avant de remplir le formulaire :

Le lien direct vers le formulaire PDF pour ceux qui souhaitent imprimer et déposer en mairie plutôt que de passer par le formulaire en ligne :
https://www.formulaires.modernisation.gouv.fr/gf/cerfa_15264.do

– Le lien direct vers le site pour voter en ligne :
https://www.referendum.interieur.gouv.fr/soutien/etape-1

– Se munir de sa dernière carte électorale et de sa carte d’identité afin d’y trouver les informations pour remplir le formulaire.

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