Archives par étiquette : LREM

Comme un air de crise… – Edito lettre n°69

Par Julien Dray 

La fronde du candidat VILANIE à Paris qui retourne la méthode Macron à son concepteur. Les départs de députés LREM à l’assemblée. Les affaires de plus en plus nombreuses touchant des proches ou des ministres. Les nominations autoritaires semant le doute. Les ingérences dans le déroulés de la justice, les comparaisons historiques hasardeuses (pour le moins). Les frasques et les interventions parfois grotesques des portes paroles du pouvoir. Les démissions d’adhérents qui ont cru à un mouvement démocratique. Tout cela ajoute à la distance de plus en plus importante entre le sommet du château et ce que l’on doit considérer aimablement de tout là haut comme la basse cour.

Les journées sont longues en Macronie. On a beau tenter de remplacer une information par une autre, on ne rend pas moins visible la rupture consommée entre le pouvoir et le peuple de France.

On a beau diversifier les déplacements, les évènements, les détournements, les déclarations, les mises au point ; rien n’efface la perte de confiance. Une perte de confiance qui s’étend maintenant à plus de deux tiers des citoyens français et qui semble durable.

On a beau user de la méthode Coué pour faire illusion sur des résultats positifs, sur des avancées économiques, rien ne détourne les français de ce sentiment d’injustice qui ronge le quotidien, qui alimente la peur de l’avenir pour soi-même et pour ses enfants.

C’est bien au modèle singulier issu de la révolution, du conseil national de la résistance, auquel les français sont attachés. Ils l’ont chevillé au corps. La politique du mépris, de la régression sociale, du creusement des inégalités, de la marche forcée vers un libéralisme économique qui s’affranchie de toute humanité, a été un révélateur. Personne n’est dupe. On comprend bien l’objectif : assimiler la France au modèle anglo-saxon. Nous avons une autre histoire. On ne peut pas réformer notre pays contre sa population.

Et si on le fait, coûte que coûte, alors on s’expose à revitaliser l’esprit de résistance d’une façon ou d’une autre.

Emmanuel Macron est face à lui même. Chaque jour le ramène aux limites de son discours. Un discours souvent brillant devant un auditoire sélectionné mais qui se traduit toujours par des réformes de plus en plus orientées à droite.

De ses discours de politique on ne retient donc plus rien. On entend par contre ce qu’il dit de son peuple, souvent depuis l’étranger. C’est ce qui apparaît comme l’orgueil d’un solitaire. C’est l’autoritarisme et les violences policières qui prennent le pas sur le besoin de sécurité. C’est la propagande d’un optimisme auquel on ne croit plus. C’est la certitude sur-jouée qui génère du rejet. C’est le monarque omnipotent qui prend la place du président. Les français n’en veulent pas, n’en veulent plus pour 70% d’entre eux.

Il voulait préempter les municipales comme il a préempté la présidentielle. Il voulait poursuivre son travail d’élimination, d’extinction, de la droite et de la gauche pour ne donner le choix qu’entre lui et le pire. A trop vouloir jouer sur son unique levier de légitimité -la faiblesse de l’opposition- il pourrait bien participer à la ressusciter. Nous ne saurions nous en plaindre à gauche, nous qui tardons trop à retrouver les bases d’une unité salutaire.

Il y a comme un air de crise. Comme une voix inaudible prêchant dans le désert. Qui du peuple ou du président auront raison d’une politique déjà usée…jusqu’à la corde ?

 

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Face au cynisme gouvernemental, unissons nos forces – Edito Lettre n°51

Par Julien Dray


Retraites, réforme de l’assurance chômage, crise des urgences : à l’heure de la rentrée sociale, le Président de la République et son gouvernement s’engagent dans un processus qu’ils ont semblé découvrir depuis la crise des gilets jaunes : la consultation des acteurs sociaux.

A quelques mois des élections municipales, le Président et son gouvernement tentent de faire croire qu’ils vont prendre en compte les doléances des corps intermédiaires si méprisés depuis le début du quinquennat. Mais cette nouvelle volonté subite « d’écoute » et de « co-construction » est un paravent. L’objectif de l’exécutif en cette rentrée est uniquement électoral : remporter les élections municipales de mars prochain.

En mai dernier, les élections européennes ont démontré que la désunion de la gauche avait permis à la République en Marche d’apparaître comme le parti politique qui pouvait tenir tête au Rassemblement National. Pourtant ce sont bien les politiques libérales menées par Emmanuel MACRON qui font le lit de ces populistes. En réalité, le cumul des scores de la Gauche unie nous aurait placé en tête… Cette élection européenne est notre échec collectif.

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Un an après, qu’en est-il vraiment du « en même temps » ?

8 mai 2018

Par Julien Dray

Emmanuel Macron démarrait bien d’un postulat qui plaçait les vieux partis à équidistance d’un point d’équilibre qu’il se promettait d’incarner. Les antagonismes « séculaires » entre la droite et la gauche étaient les principaux obstacles au « progrès » ; ils empêchaient toute approche réaliste. Il fallait donc renverser la table d’un système éculé en se plaçant au centre, en prenant de part et d’autre pour installer notre pays dans un monde qui ne l’attendait plus. La fameuse expression du « en même temps » était née.

Qu’en reste-t-il un an après ? Il existe bien encore un en même temps. Le centre de gravité s’est cependant déporté à droite, et quelquefois très à droite. Il ne faut donc plus prendre de la gauche et de la droite…mais du centre droit libéral et en même temps de la droite réactionnaire.

La seule force de la politique jupitérienne a donc été de faire éclater, exploser même, le bloc de gauche en convertissant certains sociaux libéraux à sa doctrine et en provoquant, en même temps, l’émergence et l’expression d’une gauche plus radicale, frontalement opposée à son projet européen, à sa vision de la mondialisation.

Aujourd’hui, un an après, il y a fort à parier que ses soutiens initiaux aient changé. Sa politique de droite a sans doute convaincu une partie des électeurs « LR » qui le préfèrent à leur nouveau responsable et « en même temps », la très grande majorité des électeurs historiques de la gauche de gouvernement, qu’ils se soient abstenus ou qu’ils aient voté Macron à l’élection présidentielle, ne croient plus en sa politique et lui tournent le dos.

La stratégie jupitérienne tendant à vouloir effacer les rapports gauche/droite pourrait bien aboutir, un an plus tard, à les réactiver. Le tout est de savoir sous quelle forme !

Dans un certain sens, Emmanuel Macron rend service à la gauche ; dans un certain sens et à certaines conditions.

En effet, si à l’intérieur de la famille de gauche, de toute la gauche, on continue à vouloir être hégémonique en affaiblissant l’autre, le camarade, celui qui, ici, sera considéré comme un social-traitre et là comme un dangereux extrémiste, alors la politique de l’actuel président aura de l’avenir, aux dépends de l’intérêt général, de notre modèle social et du progrès tant sur le plan écologique qu’humaniste.

Mais si ce tsunami, qui a emporté le parti socialiste sans lui substituer une alternative crédible, permettait de retrouver, sur ce champ de ruine, les bases et les fondements qui font l’universalité des valeurs de la gauche toute entière ; alors nous pourrions reconstruire l’unité indispensable à l’émergence d’un projet réellement progressiste, un programme que l’on pourrait définir comme « réformisme radical et durable ».

Le sectarisme nous a éloignés, séparés ? Il est nécessaire, aujourd’hui, de le dépasser.

Si certaines formes de radicalités politiques sont utiles au débat public, elles ne suffisent jamais, on le sait bien, pour prendre le pouvoir, si tant est qu’elles en aient l’intention. Les manifestations pourront se succéder, elles feront chaud au cœur, elles pourront même rassembler massivement, elles montreront une vraie volonté populaire de changement… mais si elles ne se traduisent pas par un projet politique associant l’ensemble de la gauche…elles ne seront que des étoiles filantes sur lesquelles les vœux d’espoir seront déçus, voire trahis.

On sait aujourd’hui clairement identifier nos adversaires politiques. Emmanuel Macron, après un an de réformes au pas de charge, s’est clairement déporté à droite, il est donc de ceux-là. Il y a bien une droite et une gauche. La droite se radicalise.

La gauche devrait suivre le même chemin ? Bien sûr que non ! Elle doit faire valoir sa diversité…et retrouver son unité ! Notre définition de la fameuse expression Jupitérienne, serait la suivante : rester nous mêmes et « en même temps » se rassembler !

La mondialisation financiarisée, effrénée, se renforce par l’austérité et le sacrifice du social un peu partout en Europe et « en même temps » si on pense au Portugal…

Julien Dray

@Juliendray

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