Archives par étiquette : Lettre n°73

C’est la crise : politique et sociale – Edito lettre n°73

Par Julien Dray 


Sauf à considérer que l’ensemble des luttes en cours n’ont aucune pertinence ; sauf à considérer que la légitimité démocratique, dont on connaît les ressorts, s’impose à tout débat ; chacun peut admettre que nous sommes entrés dans une crise profonde.

Voilà maintenant plus d’un an que dans tous les secteurs d’activité, l’expression populaire est passée de la fatalité et l’acceptation à l’indignation et la colère. Lorsqu’on touche aux fondamentaux de notre système, que la situation de 80% ,voire davantage, de Français se dégrade et que dans le même temps on note une explosion des hauts revenus et des dividendes, la cohésion nationale n’est plus possible.

Les œillères idéologiques dont se sont parés le président et son exécutif deviennent mortifères dans une société qui n’est jamais sortie d’un modèle de référence, vanté par le monde entier, issu du conseil national de la résistance.

Le nouveau monde voudrait y mettre fin et ça ne passe pas. Il use alors de méthodes autoritaristes voire violentes. Il impose. Il passe en force. Jusqu’au 49.3 d’aujourd’hui.

La crise est politique. Elle confirme s’il en était besoin que la 5ième république est à bout de souffle. Le pouvoir du président devient celui d’un monarque suprême ; seul à décider. Ce pouvoir là est de plus en plus contesté La détestation se concentre même sur le personnage le plus haut placé. Emmanuel Macron est contraint aujourd’hui à une protection inédite en France : plus de 700 personnes au service de sécurité du président.

La crise est politique et c’est avant tout parce que la démocratie nous échappe. Le pacte social est une limite pour la légitimité du pouvoir. Le président, par son obstination à ne servir qu’une partie très ciblée de la population, perd la confiance fragile qui lui avait été accordée plutôt contre son adversaire que pour ses idées et son programme.

La crise est politique parce qu’elle est sociale. On a beau sortir des éléments de langages tendant à faire croire que la situation s’améliore, que la politique de ce pouvoir porte ses fruits, ça n’imprime plus. On a beau transmettre de belles courbes et de beaux tableaux s’appuyant sur des moyennes ; on comprend bien que tout cela trahie une réalité indépassable.

La pauvreté et la précarité ont significativement augmenté depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron. Les services publics ont été dégradés. L’hôpital public est dans une situation catastrophique, inédite. La sécurité est devenue une repression féroce ; elle ne protège plus le droit, principalement celui de manifester. Seul le travail indépendant s’est développé. Les radiations à Pôle emploi se sont démultipliées.

« La vraie vie des vrais gens » n’est pas celle des courbes et des tableaux. Elle est faite, de plus en plus, de petits boulots, de contrats courts, d’emplois précaires, de travailleurs pauvres, de retraités en dessous du seuil de pauvreté, de crainte de l’avenir, de peur du déclassement…

Le projet de réforme des retraites est la réforme injuste de trop. Elle doit être combattue parce qu’elle concerne tout le monde.

Mais comme nous l’avons dit ici, défendu et répété, il est nécessaire de montrer plus fort et plus massivement le trou béant qui existe entre l’obsession du prince et le rejet de la population.

Seule une action d’ampleur nationale peut répondre à cette nécessité.

Il ne s’agit donc pas d’organiser partout en France des manifestations morcelées mais de se retrouver tous, massivement sur les boulevards de Paris, un jour où le plus grand nombre pourra venir pour dire NON à une dérive autoritariste qui n’a que trop duré!

 

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L’union de la gauche et des écologistes est impérative!

Par Charles Adrianssens, Arthur Courty, Paul Montjotin


Second tour des élections municipales : l’union de la gauche et des écologistes est impérative pour sanctionner le gouvernement et préparer l’alternance en 2022

« Amplifier la première défaite électorale d’Emmanuel Macron »

Les élections municipales seront la première reculade électorale d’Emmanuel Macron et de la République en Marche. Les élections municipales deviennent donc une véritable « élection de mid-term » qui conditionnera la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron et les prochaines présidentielles, c’est pourquoi la gauche doit prendre mesure de l’enjeu de ces élections et créer les alliances nécessaires au second tour permettant d’amplifier la défaite du gouvernement.

Bien sûr, les élections municipales sont d’abord un scrutin local. Mais, en pleine réforme des retraites, en plein 49-3, un an après la crise des gilets jaunes, après deux ans d’affaiblissement de nos services publics locaux comme nationaux et de nos mécanismes de solidarités, cette élection revêt d’une portée nationale qu’il ne convient pas de minimiser.

Alors qu’Emmanuel Macron veut imposer aux Françaises et aux Français un duel avec Marine Le Pen en 2022, la gauche et les écologistes doivent être capables de montrer qu’ils peuvent proposer un projet commun, une alternative crédible. Partout où les candida.t.e.s du gouvernement sont en capacité de gagner, la gauche et les écologistes ne doivent pas trembler et avoir le courage du rassemblement. Bien entendu, si les équilibres politiques de la gauche et des écologistes diffèrent d’un territoire à l’autre, nous avons cependant une boussole qui doit toujours nous rassembler : l’opposition à la politique nationale menée par Emmanuel Macron.
« Le rassemblement doit être clair, partout et en particulier dans les villes »

Considérant les spécificités locales, la formule de ce rassemblement n’est pas unique et peut être menée par différentes composantes de la gauche en fonction des territoires. Elle existe déjà au premier tour, derrière des maires sortants qui sont donnés gagnants, c’est le cas par exemple à Grenoble, un maire EELV, soutenu par le PS, le PCF, la Fance Insoumise et Place Publique ; à Montreuil ou le maire sortant rassemble déjà le PS-PCF-LFI-Génération ou encore à Clermont ou PS PCF, EELV et LFI font liste commune derrière le maire sortant.

L’alliance de la gauche et des écologistes devra se faire encore plus clairement au second tour, notamment dans les grandes villes, cœur de l’électorat d’Emmanuel Macron et qui seront particulièrement regardées lors de ce prochain scrutin. Il convient donc d’éviter les situations de division fragilisant la gauche, comme à Toulouse où la division risque de profiter au maire sortant LREM (ex UMP) dans une région pourtant traditionnellement à gauche. Si ces alliance peuvent aller à l’encontre d’ambitions locales, il ne faut pas perdre de vue l’objectif principal qu’est celui de gagner le plus de villes possible et ainsi envoyer un message fort au gouvernement. Chaque formation politique devra donc à son tour accepter la main tendue : ce sera tantôt à EELV (comme à Paris), tantôt au PS (comme à Lyon ou Strasbourg), tantôt au PCF, LFI et Place Publique.

« Ceux qui divisent seront sanctionnés par les Français »

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L’avenir des retraites en France ?

Par Vautrin


C’est peu dire que la confusion continue de régner dans le débat sur l’avenir des retraites de ce pays.

Non content d’avoir déjà entretenu une forme de confusion extrême en multipliant des consultations inutiles puisque non fondées sur un texte, en traînant au maximum sur la présentation de son texte, en multipliant au sein de la loi le recours à des ordonnances qui rend illisible l’ensemble du projet, en consultant le Conseil d’Etat d’une façon tellement cavalière que l’avis ressemble à un désaveu, alors même donc que tout cela fleure au mieux l’amateurisme au pire la volonté de dissimuler, c’est maintenant le débat devant la représentation nationale qui est escamotée.

Débat qui au mépris de la logique et des engagements pris devant les syndicats « réformistes » a commencé alors que les travaux de la conférence du financement ne sont pas conclus et que l’on voit mal comment ils pourraient l’être.

Débat qui n’a pas permis d’avancer sérieusement sur les modalités d’indexation du point et la prise en compte de la pénibilité.

Débat qui va sûrement se clore par l’usage de l’article 49-3 : il ne s’agit pas de contester le droit de l’utiliser mais de souligner que son usage au terme d’un processus parfaitement bâclé est une preuve de plus de l’impréparation d’un pouvoir qui se refuse au débat et de sa duplicité qui l’amène à éviter de débattre de ce qui est le cœur de sa réforme.

Le pouvoir nous dira que c’est la faute de l’obstruction de l’opposition. C’est évidemment faux : le gouvernement dispose de eux autres armes pour encadrer les travaux de l’assemblée qui sont beaucoup plus respectueuses du débat : le 44-2 qui permet de faire tomber les amendements de pure obstruction; le temps programmé qui permet d’imposer aux minorités de se concentrer sur les points essentiels de leur opposition au texte. Le pouvoir n’en a pas voulu.

Il est vrai que l’on peut se demander qui veut encore de cette réforme. La CGT et Fo n’en ont jamais voulu. L’UNSA et la CFDT peine à trouver dans le texte et la conférence du financement la trace des engagements pris pour les faire renoncer au mouvement cet hiver. Et même le MEDEF est maintenant parfaitement remonté contre le texte comme l’a fortement proclamé son président la semaine dernière dans Les Echos en soulignant l’absence totale de visibilité sur le financement.

Un débat parlementaire transparent, complet et démocratique n’aurait pas été de trop. Le gouvernement semble vouloir en priver le pays.

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Etats Unis : Primaires démocrate -2

Par Ouarda Benlalaa

Une étape vient d’être franchie dans les primaires démocrates : Pete BUTIGIEG vient d’abandonner, plaçant Bernie SANDERS, en tête. Le sénateur du vermont est désormais talonné par Joe BIDEN, l’ex vice président d ‘Obama.

Lors de son meeting à Los Angeles, le 1er mars, la pression est montée d’un cran. Ses partisans ont peur de revivre le cauchemar se 2016 qui a vu Hilary gagner les primaires et leur candidat éliminé par le parti car trop à gauche, avec comme résultat la victoire de TRUMP.

Bernie à cette époque était derrière. Là il est clairement en tête et les attaques pour le faire passer pour un communiste, insulte suprême aux Etats Unis, ne tiennent pas la route. Sanders s’inscrit comme le successeur de Roosevelt et il le revendique quand il explique ce qu’il appelle le socialisme démocratique : il souhaite redonner de la dignité aux Américains avec un salaire décent, une sécurité sociale, une éducation de qualité, un logement abordable et une retraite garantie.

Depuis 2016, la vision du socialisme a changé en Amérique. Les jeunes, les latinos, la classe moyenne et les afro- américains de moins de 29 ans ont voté massivement pour lui, ce qu’ils n’avaient pas fait quatre auparavant. Le soutien des latinos, surtout, devrait être capitale pour les Etats du Texas, de Californie et du Colorado. Sanders n’a pas hésité à aller à leur rencontre et à ouvrir des bureaux de vote dans la communauté latino.

Il est extrêmement populaire chez les jeunes, à qui il promet de supprimer les exorbitants frais d’entrée à l’université et la santé pour tous, des thèmes qui fédèrent chez les millénium, il a su utiliser les réseaux sociaux pour leur parler avec des thèmes essentiels pour leur avenir.

Bernie a tout pour séduire l’Etat le plus important des Etats unis, la Californie : l’écologie et les inégalités sont au cœur de son programme, thèmes majeurs chez les habitants de la golden coast. Le suspens s’arrête demain avec le super Tuesday :

on saura alors qui des électeurs ou de l’establishment démocrate aura eu le dernier mot.

 

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