Archives par étiquette : Edito

Big Bang au Parti Socialiste ! – Edito lettre n°101

Par Julien Dray 


Enfin ! Voilà maintenant des années qu’à travers cette lettre hebdomadaire nous défendons une vision singulière pour l’avenir de la gauche, un dépassement des partis et un chemin de rassemblement.

Nous publierons ici, dans quelques semaines, un résumé de ce travail de fond, des propositions concrètes, des contributions que nous avons semées dans le seul but de permettre à la gauche de retrouver foi en elle-même !

Le premier secrétaire du Parti socialiste a proposé un big bang et nous l’avons soutenu dans cette démarche.

Le conseil national du Parti socialiste a validé, d’une certaine façon, une grande partie des thèses que nous avons développées ici patiemment. Il s’agit bien d’un Big Bang. Nous en avions besoin pour repartir de l’avant !

Nous allons donc remettre le collectif au travail. Nous allons donc associer toutes celles et tous ceux qui le souhaitent, Militants ou sympathisants. Tous les volontaires sont les bienvenus.

Nous avons clos une période qui petit à petit a dégradé notre image et notre crédibilité. Nous avons besoin de retrouver nos valeurs, nos fondamentaux, pour retrouver la confiance populaire qui nous manque tant et aussi pour nous retrouver.

Notre démarche est simple. Elle définira d’abord notre identité socialiste. Elle s’attachera à la construction d’un projet de gauche pour notre Pays. Elle le présentera à l’ensemble des partenaires comme une contribution à un projet de coalition. L’incarnation que réclame encore l’élection présidentielle dans la 5ième république ne sera que l’ultime étape d’un travail en commun.

D’abord savoir qui nous sommes et d’où nous venons. Se réapproprier le cœur du socialisme. Il s’agit, à partir de nos expériences passées, y compris dans l’exercice du pouvoir, de recentrer notre discours et nos propositions sur le social, l’institutionnel, la démocratie, l’environnement. Il s’agit ensuite de donner une autre perspective et une autre vision aux Français. Les crises qui se succèdent, qu’elles soient sanitaires, économiques, environnementales ou sociales méritent d’autres réponses que celle apportées aujourd’hui par une droite libérale et en pleine dérive autoritaire.

Ensuite construire un projet cohérent prenant en compte la situation actuelle du pays tant sur le plan sociétal que moral. Nous le ferons à partir de propositions claires, concrètes et finançables. La troisième étape sera de proposer à tous les partenaires intéressés par un projet de coalition de partager un avenir commun de gouvernement.

Nous avons pris acte de tous les mouvements sociaux, des Gilets jaunes aux personnels soignants en passant par les salariés du privé et les marches pour le climat. Nous avons pris acte de la demande de protection, de services publics efficaces, d’une vision claire sur l’écologie, d’une instruction publique émancipatrice et de sécurité.

La crise sanitaire nous oblige à revoir l’organisation de notre système de santé, de recherche, d’approvisionnement, La crise sociale nous oblige à revoir le rôle de l’Etat, des services publics, la crise écologique nous oblige à revoir nos moyens de production et de consommation, les « décarbonner » pour respecter la planète….la crise morale nous oblige à révolutionner l’école pour lui permettre de redevenir un chemin d’émancipation…..

Une nouvelle page s’ouvre. Elle doit aboutir à un projet de coalition unificateur qui devra permettre une candidature représentant l’ensemble de la gauche.

Ni effacement, ni soumission de qui que ce soit à qui que ce soit.

Ce que nous faisons et que nous proposons à tous, c’est un big bang des consciences de gauche, un nouveau CNR s’impose.

 

https://www.facebook.com/groups/171451933557529/
Vous souhaitez recevoir La Lettre l’Engagé(e) directement dans votre boite mail ? Envoyez-nous un mail à l’adresse suivante : lengagee.lettre@gmail.com

Changement de paradigme – Edito Lettre n°96

Par Julien Dray 


Où est la Gauche ? Alors que tout démontre aujourd’hui que le libéralisme ne répond plus, loin de là, à la crise que nous traversons et qui, de sanitaire, se transforme en crise sociale, on constate l’absence criante de la Gauche.

La multiplication des appels à l’union, aussi nécessaire soit-elle, ressemble davantage à un appel au secours vain qu’à une conquête idéologique. On sait pourtant d’une addition, dont un plus un ne fait pas deux ; qu’elle ne permettra certainement pas, quelque soient les configurations, de voir la gauche au deuxième tour des présidentielles. Le temps n’est plus au calcul. Chaque composante n’est pas égale à une autre composante.

La méthode empirique prévaut sur toutes les autres. Avant de se rassembler, puisqu’on ne se ressemble pas tout à fait, il faut s’identifier. Ce défaut d’identification rend stérile toute initiative de programme commun.

Comment ne voit-on pas que la période que nous vivons pourrait être une merveilleuse opportunité de refondation conquérante pour la Gauche ? Comment ne parvient-on pas à s’approprier, dans un contexte de basculement international, ce qui apparaît aujourd’hui comme des évidences.

Plus d’état ? moins d’état ? nous disaient les libéraux ? Aujourd’hui cette thèse est battue en brèche ! c’est l’état, c’est plus d’état et surtout des services publics de qualité qui viennent au secours de notre présent. Tous ces personnels que l’on a bafoués, mutilés de leurs moyens, réduit à un coût que l’on a qualifié de « Pognon de dingue », qu’aurait-on fait sans eux les six derniers mois ?

Pas touche au 3%, au sacrosaint critère du libéralisme économique ? Aujourd’hui, par choix du président, on en est à 10% et ce n’est pas fini. Le pouvoir l’a bien compris. On va sortir le carnet de chèque pour tuer dans l’œuf la colère qui monte, qui monte, casser la contestation.

Privatisation de tout y compris du patrimoine…. Voilà ce que les libéraux suivaient comme ligne de conduite. Les nationalisations ? Ah non ! certainement pas disaient-ils ; ce sont encore des dépenses, des impôts et les riches n’en veulent pas. Pourtant aujourd’hui, ne va-t-on pas être contraint à nationaliser des pans entiers de notre industrie ? d’en relocaliser une partie ?

Contraints par la situation, le libéralisme s’efface et adopte des solutions que les sociaux démocrates ont toujours défendues. Et nous restons spectateurs. C’est à nous de l’ancrer dans l’histoire et c’est maintenant !

L’histoire nous tend les bras. La Gauche doit reprendre ses droits. S’approprier les idées empruntées « provisoirement » par la droite, les développer et dire en quoi nous les mettrions en œuvre bien différemment que le pouvoir actuel.

La mutation qui s’opère, nous devons la revendiquer haut et fort ! Un projet social démocrate moderne est mieux à même de répondre à un avenir durable !

Si l’impérieuse nécessité est de se refonder, elle doit l’être d’abord sur les idées !

Répartitions des richesses, mode de production, mode de travail, émancipation et autonomie de la jeunesse, nationalisations, Un état fort, des services publics de qualité, Une république affirmée et laïcité sans complaisance, lutte contre les inégalités, contre la pauvreté…. C’est tout ce qui fait l’ADN du socialisme.

Et nous disons ici : Taxe sur les GAFFAM ; partage de la richesse produite, circuits courts ; sortie du productivisme et s’il le faut nationalisations lorsqu’il y va de l’intérêt général du pays ; Géni industriel en mouvement associé à une grande politique de recherche ; Réduction du temps de travail ; semaine de quatre jours, télétravail ; dotation pour chaque jeune de 18 ans ; révolution éducative, refaire de l’école le lieu central de la république, renforcement des services publics ; 6ième république pour sortir de la paralysie de cet état technocratique, une politique de l’aménagement du territoire qui tienne compte de l’urgence climatique et enfin un combat pour la république laïque, contre tous les radicalismes..

Avant le programme, il faut un projet. Avant le projet il faut des idées. Avant les idées il faut une identité. Léon Blum par son courage, François Mitterrand par son combat idéologique nous ont montré que d’une part il ne faut en rabattre sur rien et que d’autre part il faut convaincre de son identité, de ses idées pour construire un projet de rassemblement.

Alors ? alors au travail ! Le changement de paradigme, ici, à l’Engagé.e, nous l’avons acté et le travail, nous le faisons et nous continuerons à le faire !

https://www.facebook.com/groups/171451933557529/
Vous souhaitez recevoir La Lettre l’Engagé(e) directement dans votre boite mail ? Envoyez-nous un mail à l’adresse suivante : lengagee.lettre@gmail.com

Faire face à l’affaissement démocratique – Edito lettre n°95

Par Julien DrayDaniel Goldberg

Peu à peu, de dérapages politiques plus ou moins contrôlés en polémiques quasi journalières enchaînées sur les plateaux télévisuels et les réseaux sociaux, notre pays sombre dans un no man’s land politique dont personne ne peut prévoir l’issue.

E. Macron n’en est pas seul responsable : la crise politique couvait avant lui et nous avions connu déjà de forts soubresauts, entre le choc du 21 avril 2002 et le « Non » au référendum de 2005, dont n’ont pas tenu compte les dirigeants français dans les faits.

Avec les quinquennats de N. Sarkozy et de F. Hollande, pour des causes différentes et sans les mettre sur le même plan, elle s’est aggravée. Et, en cela, E. Macron a « pris sa chance » en surfant dans sa campagne sur le « rejet du système », comme tout bon populiste qu’il condamne par ailleurs. Il a ainsi affaibli un peu plus et d’un même geste les partis politiques, certes déjà largement désavoués, les élus locaux, les syndicats et les associations, bref tous les corps intermédiaires qui font que la société tient dans son ensemble. Par la suite, sur fond de choix de ruissellement dépassés, il a engagé la confrontation avec les Gilets jaunes, puis sur la réforme des retraites. Il tient là sa part dans cette situation dangereuse.

Alors bien sûr, la droite qui s’est renforcée aux élections municipales, et par là-même au Sénat, les écologistes qui ont réussi une percée, essentiellement dans les centres urbains, et les socialistes qui ont sauvegardé l’essentiel et participé dans de nombreuses villes à des reconquêtes au sein des coalitions de progrès, chacun trouve à se satisfaire des échecs répétés de LREM depuis 2017. Et les Insoumis, persuadés que leur heure viendra, tentent de contenir à leur avantage le bouillonnement social.

Mais, aujourd’hui, aucune de ces forces politiques symbolisant une quelconque alternative à E. Macron ne semble en mesure de l’emporter en 2022, ni même de figurer au second tour. Et aucune de ces victoires locales n’engendre la moindre dynamique nationale.

En ce sens, les élections départementales et régionales du printemps prochain seront plus qu’un galop d’essai. A force de mobiliser dans le désert pour essayer de convaincre les 20 à 30 % du corps électoral qui se déplace encore pour voter, il serait peut-être temps de réfléchir concrètement à écouter et à parler aux 70 % qui, maintenant de manière quasiment militante, se détournent du débat public.

Dis autrement, la gauche et les écologistes ne peuvent gagner et gouverner durablement le pays dans un contexte de défiance démocratique exacerbée. Il nous manquera toujours le souffle pour aller chercher une « vraie » victoire et la force de gouverner dans la durée.

De deux choses l’une : soit cette fracture démocratique intéresse et il faut que les différents acteurs réfléchissent ensemble aux moyens d’y remédier, soit, finalement, chacun s’en satisfait et la juge sans retour, et nous pouvons alors continuer à gérer nos pré-carrés locaux, avec une offre nationale bien loin de la transformation sociale, écologique et citoyenne dont beaucoup se réclament.

L’unité de la gauche et des écologistes est le carburant d’un nouveau projet socialiste


En ce sens, la recherche de l’unité entre la gauche et les écologistes n’est pas qu’une martingale électorale par temps de disette citoyenne. Il ne s’agit pas seulement, même s’il est vrai que c’est déjà beaucoup, de la condition nécessaire pour espérer figurer au second tour des différents scrutins, et donc de peut-être pouvoir l’emporter.

Non, l’unité, sa recherche, sa construction, est le carburant d’un nouveau projet socialiste. D’abord pour dire ce que doivent être les Nouveaux Socialistes, débarrassés de leurs turpitudes d’hier, mais toujours fiers de leur ancrage social au bénéfice des classes populaires et des classes moyennes : un nouveau projet qui réponde au besoin de protection des salariés et des artisans de notre pays.

Cette union doit se traduire dans un contrat de gouvernement qui montre en quoi les différentes sensibilités sont prêtes à s’accorder pour conduire le pays. C’est un moyen pour redonner confiance dans la parole publique en disant concrètement le comment de ce qui se passerait si nous gagnons. Il n’est plus temps d’aligner des propositions si nous ne donnons pas le chemin pour y arriver. C’est la condition d’un dépassement sans effacement du Parti Socialiste, en direction de toutes celles et ceux qui lui ont fait confiance et l’ont quitté.

Nous n’avons pas le temps de construire la gauche de demain. Le temps presse : c’est celle d’aujourd’hui qui nous attend déjà ! La crise sociale, amplifiée par la catastrophe sanitaire, le désordre écologique de la planète, tout nous invite à aller plus vite, pour être au rendez-vous de l’Histoire qui s’écrit devant nous.

P. Eluard écrivait : « Il n’y a pas de hasard. Il n’y a que des rendez-vous. » Celui de la gauche et des écologistes est ici et maintenant.

https://www.facebook.com/groups/171451933557529/
Vous souhaitez recevoir La Lettre l’Engagé(e) directement dans votre boite mail ? Envoyez-nous un mail à l’adresse suivante : lengagee.lettre@gmail.com