23 janvier 2020

Promesses d’un régime sans parole

Par Vautrin

Alors que le gouvernement indique qu’il va continuer à négocier il a donc envoyé le projet de loi sur les retraites au conseil d’État la semaine dernière. Le conseil d’État a rendu son avis jeudi dernier et le conseil des ministres devrait normalement adopter le texte mercredi prochain 22 janvier. Des lors soit la poursuite de la négociation est un leurre, c’est vraisemblable, soit on se moque du conseil d’Etat et on navigue à vue, c’est possible aussi.

Personne ne sait toujours exactement ce qu’il y aura dans la réforme une fois finalisée. Evidemment nombreux sont ceux qui ont obtenu une copie du projet de loi mais personne ne peut dire que cette copie est la bonne ne serait-ce que parce que, après le conseil d’État, il est possible de prendre en compte les avis de celui-ci pour modifier le texte.

Et puis une fois la discussion parlementaire engagée il est aussi toujours possible de présenter des amendements chaudement recommandés par le gouvernement qu’il soit déposés par lui soit qu’ils émanent de parlementaires amis qui viendront modifier substantiellement la donne.

C’est d’ailleurs cela l’argument majeur utilisé par le gouvernement pour faire croire qu’il est encore capable de respecter le résultat d’une négociation.

On comprend pourtant à demi-mots si ce n’est pas à cor et à cri que rien ne les fera pourtant changer d’avis sur les fondamentaux de la réforme. Ils ont décidé ce régime universel qui, sous couvert d’égalitarisme basique, viens en réalité niveler les pauvres avantages que les uns et les autres ont obtenu avec le temps dans les luttes et bien souvent au profit ultérieur des autres catégories socio professionnelles. Ils ont par ailleurs décidé que la règle d’or, on dirait plutôt la règle d’airain, de l’équilibre absolu quelque soit par ailleurs les considérations économiques s’appliquerait de façon intangible.

Peu importe que le gouvernement décide des exonérations de charges elles ne seront pas compensées et il faudra que le régime universel s’ajuste. Peu importe que la politique économique du gouvernement ne soit pas exactement celle qui est prévue aujourd’hui et débouche sur un niveau de croissance permettant effectivement l’équilibre, il faudra que le régime universel s’ajuste. Peu importe les règles comptables qui déplacent plusieurs milliards il faudra que le régime universel s’ajuste.

L’article de base du projet de loi tel qu’il est aujourd’hui disponible impose l’équilibre mais ne dis jamais comment il sera réalisé. Nous le savons trop bien il sera réalisé par l’imposition toujours réaffirmé d’un rabot sur les pensions et d’un rabot sur l’âge de départ en retraite. Opportunément sort ces jours ci l’étude d’impact, on pesait pourtant qu’elle devait précéder la rédaction du projet, elle est évidement claire : il faudra encore raboter.

La seconde caractéristique du projet de loi est encore plus choquante pour les professions qui ont ralenti ou stoppé leur mobilisation , il s’agit de renvoyer au pouvoir réglementaire le soin de fixer par ordonnances les dérogations qui leur semblent aujourd’hui déjà acquises dans la discussion avec les partenaires sociaux .

Autant dire que rien n’est acquis et que la fragmentation du mouvement social a été acheté à vil prix sans garanties si ce n’est la promesse faite par un régime qui n’a plus de parole.

 

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