Archives par étiquette : Municipales

Municipales : Passer de la théorie à la pratique de l’unité

Par Daniel Goldberg


Dans la plupart des villes de France, les stratégies des formations politiques pour les prochaines élections municipales entrent dans leur phase décisive. Alors que le mouvement social ne faiblit pas, que les citoyens de gauche et écologistes exigent des responsables politiques des réponses à leurs préoccupations, chacun a bien conscience que la plus grande force d’Emmanuel Macron est l’absence d’alternative crédible.

Aussi, ce mois de mars sera décisif dans les étapes qui mènent à 2022 : toutes les élections municipales sont liées et chacune sera une brique présente ou non pour rebâtir une force de nouveau attractive, moderne qui réponde en même temps à la fin du mois, à la fin du monde et à la faim démocratique.

Pour ne pas s’exposer, LREM a choisi, dans une stratégie du coucou, de soutenir dans beaucoup de territoires des candidats issus de la gauche ou de la droite qui ont une chance de l’emporter, au-delà de toute considération de fond sur la gestion municipales ou les engagements de transformation qui peuvent s’opérer à l’échelon local.

La droite arrive à se réunir dans la plupart des communes, délaissant provisoirement les luttes entre LR et l’UDI, avec des porosités manifestes avec le RN. Ce dernier tente de prospérer électoralement, en « figeant » des électeurs pour emmener des élus LR à « réunir les droites » et sauter les barrières du front républicain.

Dans tout cela, la gauche paraît encore trop divisée pour des victoires locales possibles en mars se transforment en une victoire nationale permettant de mettre E. Macron sur le reculoir. Les postures d’EELV, au gré des villes, sans lien avec les politiques menées, sont illisibles. Le meilleur exemple en est sans doute Paris. Le PCF est souvent unitaire, mais peine aussi à l’être dans des villes dont le maire sortant est socialiste. Génération.s et le PRG tentent pour beaucoup de faire fructifier des intérêts locaux. Quant aux Socialistes, si la ligne nationale est claire, il est encore difficile de voir comment elle sera visible par la majorité par nos concitoyens, notamment dans les environ 900 villes de plus de 10 000 habitants.

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Politique de la ville : De 1977 à Aujourd’hui

Par Frédéric Ragueneau

La brève du JJD de ce week-end dans laquelle on apprend que le Président de la République a été « bouleversé » par le film Les Misérables et aurait « demandé au gouvernement de se dépêcher de trouver des idées et d’agir pour améliorer les conditions de vie dans les quartiers prêterait presque à rire si la situation n’était pas si grave et si ancienne.

Déjà en 1997 Raymond Barre avec son plan « habitant et vie sociale » a ébauché une politique de la ville se caractérisant par la volonté de réparer les quartiers d’habitat social et de traiter les problèmes sociaux locaux en s’appuyant sur l’idée que l’intervention de l’Etat doit à la fois répondre à l’urgence et moderniser l’action publique.

Or, on constate que depuis ce premier plan banlieue les actions menées pour aider spécifiquement les quartiers « sensibles » ou « populaires » les inégalités territoriales subsistent voire augmentent. Quelle découverte !

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Marseille : Unité ou sectarisme ! – Edito Lettre n°55

Par Julien Dray


Il y a quelques mois, une graine était semée dans une terre que l’on croyait peu fertile. Différents partis et mouvements se rencontraient à Marseille pour envisager ce que l’on ne croyait plus possible et que, cependant, beaucoup attendaient : une candidature unique de la Gauche aux prochaines municipales.

La déclaration courageuse de Jean-Luc Mélenchon apporte un nouveau crédit à un accord qui, s’il devait se concrétiser, serait mobilisateur et prometteur. C’est un élément nouveau qu’il faut saluer, ce que nous faisons ici.

Nous le disons depuis des mois et des mois : l’unité est la condition sine qua none.

Qu’une ville de l’importance de Marseille soit parmi les premières à voir enfin se réunir la gauche peut et doit servir d’exemple partout en France.

Mais alors que les choses avançaient de la meilleure façon qui soit, on apprend la décision unilatérale de 52 adhérents EELV et de leur candidat de se désolidariser du reste de la Gauche.

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Municipales : Une envie de Gauche ! – Edito lettre n°54

Par Julien Dray

La solution est là. Sous nos yeux. Et nous ne la voyons pas ? Depuis des mois, les Français ont compris. Le « macronisme » a pris un vrai visage libéral. Les illusions sont tombées. Le peuple de gauche veut et peut redresser la tête. Il le dit, il le hurle.

Il n’a certes pas la rhétorique politique ni toujours la légitimité démocratique. Alors il est contesté, stigmatisé, discriminé, humilié, dissuadé non seulement par un pouvoir de plus en plus violent mais également par l’indifférence des oppositions : Notamment celle des représentants de son camp.

Comment ne pas voir ce que révèle le mouvement des Gilets jaunes ? Comment ne pas soutenir clairement l’ensemble des contestations qui se font jour ? Comment ne pas voir ceux qui, dans la société civile, agissent parce qu’ils ne veulent plus attendre les politiques ou leurs représentants légaux ? Comment peut-on encore maintenir des stratégies de divisions lorsque les Français appellent à se retrouver ?

Tout est contenu dans leurs messages multiples. Ils en ont assez. Leur méfiance envers les partis politiques est à son apogée. Ils subissent, réforme après réforme, les reculs annoncés de la protection sociale, de la retraite et de la santé. Sont-ils condamnés à la fatalité ?

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Municipales : Une somme d’élections locales ne fait pas une dynamique nationale

Par Daniel Goldberg

Dans la plupart des villes de France, les femmes et les hommes qui souhaitent s’engager dans un futur mandat municipal réfléchissent déjà à leur programme et leur stratégie d’alliances. C’est louable, même si les citoyens sont pour le moment assez éloignés de ces enjeux et, à vrai dire, peu sollicités.

Pourtant, ces derniers, souvent partisans de l’unité, auraient sans doute beaucoup à dire, en tous les cas celles et ceux qui se situent parmi la gauche et les écologistes, pour enjoindre les futurs candidat.e.s à avoir des stratégies victorieuses. On peut se complaire dans la figuration comme cela a été le cas déjà trois fois, aux élections présidentielle, législatives et européennes, mais la victoire à chaque fois d’E. Macron et de sa famille politique, avec comme principal challenger le Front national, devrait amener à réfléchir. Dans cette histoire, chacun est coupable, car chacun est responsable.

Les données sont cependant simples pour les scrutins des 15 et 22 mars prochains : si la gauche et les écologistes ne veulent pas, dès le premier tour, être éliminés ou en incapacité de l’emporter au second, ils doivent bâtir des alliances ouvertes et transparentes, de gré ou de force.

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