Archives par étiquette : Lettre n°70

Inhumanité – Edito lettre n°70

 
Ce pouvoir avait déjà franchi toutes les bornes :
 
Des violences policières à l’encontre des Gilets jaunes en les renvoyant collectivement à un statut de « casseurs » ;

Du cynisme dans la gestion de sa réforme des retraites, dans sa relation avec les corps intermédiaires ;

Du nihilisme vis à vis des problèmes des travailleurs de tous les secteurs : les hospitaliers aux enseignants en passant par les routiers, les pompiers, les avocats, les policiers, les cheminots et combien d’autres…

De l’injustice en multipliant les cadeaux aux plus riches et les baisses d’aides au plus pauvres.


Bref, ce pouvoir s’est mis un nombre de citoyennes et de citoyens considérable à dos et pourtant ces derniers jours, il nous a montré qu’il pouvait encore aller plus loin.

C’est maintenant à l’humain qu’il fait défaut. Un pouvoir sans humanité a-t-il encore raison d’être ici, en France, dans le Pays des Droits de l’Homme ?

Faire voter les députés LREM contre une proposition de loi faisant consensus sur tous les autres bancs de l’assemblée quand il s’agit de la perte d’un enfant, de l’indicible douleur des parents pour ne pas nuire aux entreprises. C’est inhumain et scandaleux !

Interdire aux lycéens de poursuivre leur cursus d’examens parce qu’ils ont osé s’opposer à une loi Macron, parce qu’ils ont osé faire grève, manifester. C’est inhumain et injuste !

Donner une prime à ceux qui, parce qu’ils n’ont pas fait grève, sont récompensés de leur manque de courage parfois, de solidarité pour certains ou simplement leur crainte de représailles, c’est inhumain et délétère !

On touche, là, à un de nos fondamentaux : la fraternité ! L’humanité n’est pas seulement un journal, c’est un principe auquel on a pas dérogé depuis longtemps. Très longtemps !

Ce pouvoir serait-il capable de tout ? Après l’injustice, le cynisme, les violences policières… l’inhumanité ? Cela doit être combattu !

Trop c’est trop 

 

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Italie : Merci aux Sardines !

Par Cécile Soubelet

Un long soupir de soulagement. Ce fut la réaction des modérés italiens en découvrant les résultats des élections locales en Emilie-Romagne le 26 janvier dernier. Le Gouverneur sortant Stefano Bonaccini (Parti Démocrate) a été réélu par 51,4% des voix contre 42,7 pour Lucia Borgonzini, candidate de la Ligue.

 

Le premier revers électoral de Salvini

 

Et pourtant, Matteo Salvini avait tout mis en oeuvre ces derniers mois pour faire de ce scrutin un enjeu national. Le défi était de taille, tant l’Emilie-Romagne est décrite comme « un bastion rouge », puisqu’elle est dirigée par la Gauche depuis plus de 50 ans.
Salvini a voulu tenir le pari, coûte que coûte, afin de mettre la pression sur Rome et potentiellement obtenir des élections anticipées en cas de victoire. Ce n’en fut rien, contrairement aux sondages qui prédisaient la possible victoire de Salvini quelques jours avant le scrutin. Il a pourtant tout donné, abandonnant au second plan la candidate régionale : 300 meetings et réunions publiques en moins de trois mois et des mises en scène quotidiennes sur les réseaux sociaux.

 

En face, il a trouvé « un mur rouge » comme certains le dénomme.
 
Un bilan positif du candidat de Gauche sortant, comprenant une bonne gestion administrative, un taux de chômage de 5,9% ou une croissance de 2,2% en 2018. Mais surtout l’extraordinaire influence de la dynamique des sardines, mouvement citoyen de jeunes né dans la région devenu symbole nationale de la protestation et de la résistance contre l’extrême droite incarnée par Salvini.

 

Du reste, les habitants de l’Emilie-Romagne ne s’y sont pas trompés et se sont mobilisés avec un taux de participation de 67,67% contre 37% lors des précédentes régionales.
 
Effet de levier, dans les faits Salvini 70 000 voix par rapport aux élections européennes dans cette même région.

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Unité. Arrêtons d’en parler : Faisons-la !

 
Nous avons toujours été ici les promoteurs infatigables du rassemblement de la Gauche et des Ecologistes.
 
Nous avons constaté depuis longtemps que l’hégémonie de tel parti ou tel mouvement était pour le moins préjudiciable au partage des valeurs communes. Elle a entrainé plus de divisions que de rapprochements. Aucun détenteur de cette hégémonie électorale n’est parvenu depuis François Mitterrand à construire un programme ou un projet entrainant derrière lui toute la Gauche et les Ecologistes. Ou alors par défaut.

Pire. Des légitimités auto-proclamées ont empêché ne serait-ce qu’un échange objectif sur nos valeurs communes.
On a privilégié le leadership, les confrontations de personnes, les intérêts privés de chaque camp. On s’est recroquevillé sur des positions à tenir. On s’est enfermé dans le dogme. On a développé des idées contradictoires. C’était à qui serait le plus pragmatique, le plus écologique, le plus social ou le plus radical. On veut toujours avoir raison contre l’autre à gauche. On s’est concentré sur son nombril en oubliant le reste du corps et le corps, c’est l’ensemble d’une population qui ne digère plus nos divisions.
 
On a fait la part belle à nos adversaires. La Gauche s’est délitée au profit d’un centre de plus en plus à droite. A tel point qu’aujourd’hui il se confond avec elle.

Le résultat est là. Divisée, la Gauche est minoritaire dans ce pays. Aucun parti, aucun mouvement n’est parvenu à convaincre au delà d’un plafond de verre indépassable. Quelque soit le côté duquel on tire la couverture, elle laisse toujours apparaitre nos faiblesses.

Pourtant la politique menée depuis deux ans démontre, s’il le fallait, que la Gauche et la Droite, ce n’est pas la même chose. La liberté de la Droite n’est pas celle de la Gauche. L’égalité de la Gauche n’existe pas à droite.

Que voulons-nous ? Le pouvoir pour le pouvoir où la préservation, voire le développement, de notre modèle singulier ? La victoire sur ses partenaires historiques ou l’avènement d’une politique sociale et écologique de progrès pour le pays ? le plus beau score de la Gauche ou une majorité de celle-ci pour enfin changer la vie ?

Nous sommes tous différents et c’est heureux. Ne pouvons-nous pas cultiver nos différences, dans nos champs respectifs, tout en approvisionnant l’étal d’un projet commun sur le marché électoral ?

Nous l’avons démontré au plan local. Combien de communes, de collectivités, de départements, de régions ont été gérées avec succès lorsque la Gauche s’est montrée responsable et unie ? Chacun a su alors faire un pas, se remettre en question, accepter des compromis. Souvent, très souvent, les populations ont bénéficié de ces accords-là.

Il y a urgence. Nous pouvons sans aucun doute encore renverser la table. Remettre les choses à l’endroit, retrouver la confiance de nos citoyens. Cela passe par l’affirmation de nos valeurs communes. Par la volonté de concilier progrès et modèle social, préservation de la nature et partage de richesses.

Ce moment où les conflits se multiplient dans tous les secteurs publics ou privés.
Ce moment où il apparaît nettement que les Français rejettent massivement l’assimilation de notre modèle à celui des Anglo-saxons.
Ce moment où l’on veut nous enfermer dans un choix impossible entre un centre « droitisé à l’extrême » et l’extrême droite.

A ce moment là, à ce point de rupture là….

La Gauche et les Ecologistes ont la responsabilité historique de proposer une troisième voie.

Sans tergiverser, sans exclusive, sans perdre de temps encore et encore dans des débats contre-productifs sur l’irréconciabilité prônée par ceux-ci, sur des définitions radicales par ceux-là, la Gauche et les Ecologistes doivent faire, plutôt que d’en parler, cette unité qu’une grande majorité attend ! C’est aujourd’hui, maintenant, tout de suite qu’il faut la faire…

Alors faisons là, ensemble !
Partout !

Les Municipales arrivent à point pour nous en donner l’occasion.

Un taux de chômage faible ne fait pas le bonheur !

Par Edmond Thanel

Voilà qu’opportunément, le gouvernement nous envoie un message qu’il voudrait rassurant. Le taux de chômage à baissé en France. On pourrait s’en satisfaire et se dire que finalement tout va mieux : toutes les catégories répertoriées profitent en effet de cette embellie si l’on en croit Pôle emploi. Il y aurait même eu davantage de CDI créés.

Outre que le gouvernement oublie de dire que cette embellie, dans ce qu’elle a de réel, est due en grande partie aux conséquences des mesures prises sous le précédent quinquennat, il ne nous dit pas tout sur les raisons de celle-ci. Et c’est là, pour le moins, que le bât blesse.

En regardant de près le camenbert en illustration ci-dessus, on comprendra qu’il s’agit moins de création d’emplois que de radiations, de cessations d’inscription ou de défauts d’actualisation. 52,5% du résultat ; quand même ! Si l’on ajoute à cela la suspension de recherches d’emplois (maternité, maladie, retraites) on arrive à 61,3 % de l’ensemble. Et si l’on considère que les stages ne sont pas à proprement parlé, des emplois pérennes, on franchit allègrement les 70% qui ne sont pas des retours à l’emploi.

Dès lors une question se pose alors : Le sacro-saint critère du taux de chômage est-il vraiment le bon, et le seul, pour évaluer la bonne santé d’un pays ? Ça ne semble pas être le cas.

Le bonheur serait-il inversement proportionnel à ce taux? Il est évident que non !

Nos chers économistes agréés s’appuient cependant sur cet unique critère pour nous dire si on va bien ou pas ; si on est sur la bonne voie ou si on est de très mauvais élèves de la mondialisation. Et de se comparer à nos chers voisins qui ont des taux de chômage plus faibles.

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