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Au-delà du virus, un premier tour des élections municipales prévisible

Par Lantier


Après moult atermoiements, justifiés au vu du contexte sanitaire que connaît le monde, sur la tenue du premier tour des élections municipales, il a finalement eu lieu comme prévu le dimanche 15 mars. Il nous faut tout d’abord rendre hommage au personnel de l’administration, aux élus, aux militants et aux citoyens qui ont accepté de tenir ce scrutin. Certes, beaucoup d’entre eux se sont interrogés. Surtout quand le gouvernement trouve le moyen de confirmer le maintien des élections le jeudi, et d’annoncer la fermeture de multiples lieux de rassemblement le samedi soir, veille dudit scrutin. La nuit n’a pas été tranquille pour toutes ces personnes engagées, qui ont craint pour leur santé et celle de leurs concitoyens.

Pourtant, dimanche matin, dans tous les bureaux de vote en France, il a été relevé très peu d’incidents et les mesures sanitaires ont été très largement respectées. Les bureaux ont ouvert, loin de la panique annoncée, les gels et les lingettes étaient prêts et après quelques minutes d’hésitation avec les premiers votants, les mesures de précaution ont été prises.

Les citoyens se sont déplacés. L’abstention est importante et l’écart s’est creusé avec 2014 mais il nous faut noter malgré cela, que le taux de participation a atteint en fin de journée les 44,66%, loin d’une catastrophe annoncée qui aurait pu remettre en cause totalement la légitimité du premier tour du scrutin et rendre vain les efforts réalisés tout au long de la journée par ceux qui ont tenu ces bureaux et ceux qui s’y sont déplacés.

Au vu de la situation sanitaire, et du report du second tour des élections municipales au mois de juin, il semble assez logique que les résultats aient finalement été peu commentés, surtout lorsque le gouvernement finit par annoncer le confinement le lendemain du scrutin. Pourtant ces résultats sont intéressants et il est fort à parier que le Covid-19 n’ait en rien altéré leur véracité au regard du contexte politique.

D’abord, les élections sont terminées dans la majorité des villes françaises. Le maintien des élections acquises au premier tour a mis fin au suspense dans plus de 30 000 communes. Les conseils d’installation ont été reportés au mois de mai, dans la logique de l’annulation des rassemblements, mais ils ne devraient pas réserver de surprise sur les vainqueurs.

Seules restent en lice les 4 922 communes où l’une des listes n’a pas atteint les 50% au premier tour. Et les tendances se dessinent déjà nettement. L’abstention n’ayant pas atteint un camp plus qu’un autre, le second tour devrait confirmer le premier.

Les majorités sortantes ont été fortement plébiscitées dans l’ensemble du pays. Le parti au pouvoir, sans véritable ancrage local, s’est effondré. Il s’agit là du premier revers électoral pour LREM. Souvent alliés aux partis du centre, le parti au pouvoir dépasse rarement les 15%, quand ils ne sont purement et simplement pas directement éliminés au premier tour.

Même dans les grandes villes, là où le réflexe d’un vote national est le plus présent, les marcheurs boivent le bouillon. Les parlementaires qui se sont risqués à être candidats sont humiliés comme Monique Boulestin à Limoges (7,7%) ou encore Monica Michel à Arles qui arrive en 5e position avec moins de 5% des suffrages. Chez LREM, les seuls qui s’en sortent tant bien que mal sont les marcheurs de droite, convertis au Macronisme.

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