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Quand le Président tourne le dos à la France! – Edito Lettre n°67

Par Julien Dray 

Seul un rassemblement massif à Paris, constitué de citoyens de tous secteurs, publics ou privés ; de tous niveaux sociaux, culturels ; venus de toutes les régions de France peut encore permettre une prise de conscience de l’exécutif.

Nul ne peut plus douter aujourd’hui des réels objectifs d’Emmanuel Macron. Il veut passer en force sur la réforme des retraites. Il veut faire passer pour du courage politique, une obstination qui tourne à l’obsession ! Il ne reconnaitra pas avoir élaborer un projet à la fois inique, injuste et très inégalitaire. Il ne lâchera rien à la CFDT qu’il promène et avec qui il joue comme un chat avec une souris.

Pire, il n’entendra pas la colère, l’exaspération, la désillusion du peuple qu’il est sensé représenter. Il a fait de ceux qui font grève et/ou manifestent justement au nom de cette colère collective, de cette exaspération, de cette désillusion…des ennemis. Il cherche à les isoler, à les réduire, à les humilier par tous les moyens possibles y compris par la violence.

Tel un enfant gâté de la république, un héritier divin de la monarchie, il est certain de pouvoir imposer ce qu’il veut comme il veut. Il détourne la démocratie, se sert d’un statut taillé pour un Général au sortir de la Guerre pour tromper l’intérêt collectif et le transformer en enrichissement des grosses fortunes.

Qui aujourd’hui peut se réclamer de cette démocratie ? Qui peut encore croire que notre modèle, reconnu dans le monde entier, n’est pas en train d’être taillé en pièces ?

Ce projet de réforme des retraites est emblématique d’une méthode et d’une fuite en avant. Loin d’apaiser les rancœurs, l’exécutif les renforce. Jusqu’où va-t-on aller dans le cynisme et la provocation ?

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Echec et Mat ? – Edito lettre n°66

Par Julien Dray 

Décidément quand ça ne veut pas, ça ne veut pas. A l’instar de la stratégie mise en place pour le mouvement des Gilets jaunes, Emmanuel Macron persiste et signe. Le triptyque : discrédit des acteurs ; consultation biaisée et répression ne fonctionne pas davantage pour la réforme des retraites que pour l’ensemble des crises sociale, démocratique et institutionnelle que nous connaissons.

Malgré la complicité active de certains médias, le pouvoir ne parvient plus à reprendre la main. Ainsi après un mois de la plus importante grève depuis 1986, plus de 60% des français la soutiennent. Pire, c’est aujourd’hui 75% de la population qui se positionne contre la retraite par point.

L’allocution du président de la république au soir du 31 décembre n’y a rien changé. Très peu suivie, elle a suscité au mieux des doutes, au pire de la colère.

On a voulu réduire ce conflit à un match entre Emmanuel Macron et la CGT. On a voulu opposer Public et privé, régimes spéciaux et régime général. On a tenté d’amadouer certaines organisations, certains acteurs de certains secteurs sans jamais atténuer la défiance. La position des salariés de l’Opéra de Paris est, à ce titre, révélateur ! En refusant le piège tendu par l’exécutif -nous allons nous en sortir et ce sont les autres qui trinqueront- ils démontrent leur solidarité avec les générations à venir et avec l’ensemble des français.

La colère ne s’éteint pas et même elle se développe. Le président ne semble pas avoir compris qu’il ne s’agit pas d’une catégorie de la population ou d’un syndicat qu’il faudrait mettre au pas pour faire passer son dangereux projet. C’est bien la France des oubliés qu’il a en face de lui. C’est à dire les 80% de ceux à qui il enlève petit à petit la protection d’un modèle social unique pour satisfaire la très minoritaire communauté des premiers de cordée.

A la notion de courage que l’on attribue quelque fois à ce jeune monarque, nous préfèrerons toujours la définition qu’en faisait Jaurès : « La courage, c’est de chercher la vérité et de la dire… » La vérité se trouve ici, dans la vraie vie. La vie de celle et ceux qui depuis plus d’un an alertent, revendiquent, expriment leur « ras le bol ». La vérité se trouve dans les fondements de notre république depuis la révolution jusqu’à aujourd’hui.

L’obstination n’est pas le courage. La fuite en avant n’est pas le courage. La poursuite aveugle d’un projet qui de contestable est devenu inutile, inique et destructeur ce n’est pas le courage.

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