2 novembre 2020

« Ils ont voulu enterrer la dernière république socialiste d’Amérique Latine »

Par Marianne de Chambrun

Il y a un an, Evo Morales était reconduit à la tête de la Bolivie pour un quatrième mandat. Les conditions de sa réélection étaient polémiques puisque d’abord une décision du tribunal constitutionnel supprimant la limitation des mandats présidentiels lui permettait de briguer un nouveau mandat, ensuite parce que les résultats serrés et le temps de dépouillement avaient instillé le doute dans la population.

La droite radicale cri à la fraude et appelle l’armée à se ranger leur côté. Manifestations et menaces font pression sur le président du MAS, ses proches et sa famille politique. Face à cette situation et à l’impossibilité de trouver une porte de sortie, Evo Morales démissionne. Le représentant de l’extrême droite bible à la main s’empresse au palais présidentiel pour parler de justice divine en faisant référence à la démission du président du MAS.

Pour tenter de prouver les arguments de la droite à savoir la fraude électorale massive, deux audits sont réalisés. L’un conclue à des fraudes indéniables, l’autre dit ne pas avoir pu constater de fraude. Deux audits, deux points de vue totalement opposé. Qu’à cela ne tienne, sur la base de ce premier audit, les partisans de la droite trouveront la légitimité de leur coup d’Etat.

Evo Morales, sous le coup d’un mandat d’arrêt, se réfugie à l’étranger et voit ses biens personnels pillés.

Jeanine Añez, représentante élue de la droite déclare qu’elle assurera temporairement le poste de président avant la tenue de nouvelles élections. Rapidement les Etats-Unis reconnaissent la présidente par intérim, se félicitent du renversement d’Evo Morales accréditant ainsi la thèse de la fraude électorale. L’histoire se répète et l’Union Européenne assiste sans rien dire à un nouveau coup d’Etat en Amérique Latine soutenu par les Etats-Unis.

Le temps passe les manifestations en soutien à l’ancien président indigène sont violemment réprimées, l’ONU hausse un rien le ton. Le MIT vient clairement contre dire, par un troisième audit, l’improbabilité de fraudes massives lors des élections d’Evo Morale. Il apparait de plus en plus clairement que tout cela a été orchestré dans un but simple, faire disparaitre la dernière république socialiste d’Amérique Latine. Et pourtant rien n’y fait. Jeanine Añez reste en place mais pire encore, elle commence à poser les bases d’une nouvelle politique en Bolivie, rapprochement avec les Etats-unis, renvoie des ambassadeurs vénézuéliens…

Une politique que les boliviens n’ont pas choisi.

Il aura fallu attendre que la crise sanitaire qui a durement touché le pays se calme. Il aura fallu attendre un an pour que se tiennent de nouvelles élections comme l’avait promis le gouvernement par intérim.

Ces élections, elles ont eu lieu dimanche dernier et c’est absolument sans conteste que Luis Arce, successeur d’Evo Morales, candidat du MAS a été élu président de la Bolivie. Tous les soutiens du coup d’Etat de 2019, n’ont pu attaquer ce nouveau scrutin et dû reconnaitre la victoire écrasante de la gauche. Seul Luis Camacho représentant de l’extrême droite tente encore de soutenir la thèse de nouvelles fraudes… mais plus personne n’y croit, plus personne ne peut faire semblant d’y croire. Les urnes ont parlé, le peuple a parlé et la Bolivie est à nouveau socialiste.

Voilà une superbe leçon de résistance, voilà un beau pied de nez aux usurpateurs du pouvoir Bolivien.

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