Rien ne nous est dû mais rien ne nous est interdit!

Par Julien Dray 

Ils l’avaient dit. Ils avaient prévenu. Les médias sont passés au vert. Ils avaient donc préparé leurs analyses urbaines et de ce point de vue nul ne peut être vraiment surpris.

A y regarder d’un peu plus près, avec recul, sérénité et l’objectivité qui convient, les choses ne sont pourtant pas aussi simples que l’on veut bien nous les présenter. C’est bien le social qui s’est imposé comme un tsunami à l’échelle mondiale et particulièrement en France.

On a pris conscience collectivement du rôle des invisibles, de ces travailleurs indispensables et pourtant les plus mal rémunérés de notre société. On a pris conscience que le télétravail pouvait générer aussi du bon air dans l’environnement ; on a aujourd’hui du mal à revenir dans les entreprises. On a pris conscience de ce que procure de dépendance une mondialisation dérégulée et soumise à la dictature du profit.

C’est dans ce contexte que le deuxième tour des municipales a eu lieu. La première conséquence a évidemment été une condamnation sans équivalent de la politique du président. C’est pour Emmanuel Macron une bérézina qu’il voudrait faire oublier en affichant sa volonté de troquer son costume de trader pour s’habiller de vert ou de renouer avec les populations éloignées des centres villes en s’attachant à une droite des territoires.

La seconde conséquence, c’est, qu’on le veuille ou non, le retour de la droite et de la gauche. Elles renforcent toutes deux leurs positions et le centre qui penche à droite ; de LREM à l’UDI en passant par le MODEM, s’efface peu à peu. La droite garde le milieu rural, la gauche devrait s’en inquiéter mais elle conquière aussi des périphéries aux dépens de tout le monde. Les derniers évènements autour de Lyon et d’autres villes devraient nous interroger. La gauche reprend des villes importantes et conserve ses bastions d’origine mais qu’en est-il du vote populaire ?

La troisième conséquence, c’est l’inexorable montée de l’abstention, que l’on attribue un peu rapidement à une crainte liée au virus. Elle vient de beaucoup plus loin et si elle se renforce n’est-ce pas que justement les dégradations sociales observées depuis plus de deux ans n’ont trouvé que très très peu d’écoute et encore moins de réponse de la part du gouvernement ? Les jeunes pour l’environnement, les Gilets jaunes grands pourvoyeurs des invisibles, les fonctionnaires et leur cris d’alarmes sur le service public, ces retraités que l’on a désignés comme les grands privilégiés de la société… Tous se sont éloignés de procédures démocratiques auxquelles ils croient de moins en moins, en particulier les classes populaires sacrifiées.

La quatrième conséquence, c’est que là où il y a eu rassemblement de la gauche, quelque soit la tête de liste, elle a gagné et donc repris des communes importantes soit au centre soit à la droite. Là où il n’y a pas eu rassemblement elle n’a au minimum pas pu s’imposer et quelquefois perdu des villes.

La dernière conséquence est évidemment un vote vert un peu surévalué mais qui s’est renforcé et progresse surtout dans les zones urbaines. On est cependant loin de la vague que l’on nous décrit (Villes de + de 30.000 habitants : 101 villes sont dirigées par la gauche dont la moitié par le PS (48) 15 par le PCF et 9 par les écologistes. Le PS à conquis 12 villes et EELV 8 villes). Le vert est donc surtout ici l’opportunité d’une tentative de leadership politique et là une échappatoire à une catastrophe doctrinaire que le COVID 19 a révélé. Le vote écolo est par ailleurs très différent suivant que l’on soit à la ville ou à la campagne.

Est-ce pour autant qu’il ne faut pas en faire une priorité ? non, bien évidemment. Mais on se tromperait si on ne voyait que cela. En ne voyant pas la fracture entre les grandes villes et le milieu rural. En ne considérant pas la fracture sociale au moins aussi importante.

Un sondage paru le soir des élections municipales, et passé presque inaperçu, montrait quelles étaient les priorités des français : des Français dans leur ensemble, ceux qui se sont déplacés pour élire leur maire et ceux qui se sont abstenus. C’est la protection sociale qui arrive en premier, suivi du pouvoir d’achat. L’écologie arrive en troisième.

S’il ne s’agit donc pas de nier l’importance de l’écologie dans la mise en place d’une alternative au libéralisme économique, il faut impérativement le lier à la question sociale. C’est bien d’un nouveau CNR dont on a besoin ; Non pas d’une adhésion à tel ou tel, que l’on parle d’appareils ou d’individus.

Tant au niveau local qu’au niveau national, c’est la gauche qui est à l’origine de tant d’avancées sociales. Chaque parti ou mouvement a sa spécificité. C’est en les mettant en commun que l’on parviendra à trouver le chemin, chacun apportant sa contribution et ses idées. Son identité. C’est par les idées qu’il faut commencer. Le fait accompli que l’on voudrait nous imposer ne peut qu’empêcher la création d’un mouvement élargi que l’histoire nous impose.

Tous, à gauche, ont un rôle à jouer, sans exclusive, sans stigmatisation, sans décider à l’avance des bons et des mauvais. C’est d’un projet commun que viendra l’incarnation et pas l’inverse. Nul ne doit s’effacer, tous doivent se rassembler. C’est cela l’impératif !

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1 réflexion sur « Rien ne nous est dû mais rien ne nous est interdit! »

  1. Pimenta Alvaro

    Félicitation Julien Draye pour cet citation pour la vérité que se passe dans notre Pays je pore de la dictature mas el Ariba a grand pas , je connu la dictature Salazariste et sa me faire pore merci cher camarade.

    Répondre

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