24 juin 2021

La Gauche doit maintenant s’affirmer !

par Julien Dray /

La vraie leçon de ce scrutin au premier tour des élections départementales et régionales, en dehors évidemment du niveau de l’abstention qui mérite une profonde analyse, c’est le retour visible des partis traditionnels.

Dans une période si particulière et après presque deux ans de pandémie, le constat est clair : Seuls les partis ayant un ancrage local et la force militante qui va avec peuvent encore exister. La propagande médiatique à l’œuvre depuis l’élection d’Emmanuel Macron à l’Élysée montre aujourd’hui quelques unes de ses limites. On avait fait des mouvements naissant, construit autour d’un seul personnage, la marche funéraire d’un vieux monde promis à l’oubli. On avait imposé un entonnoir idéologique qui ne pouvait aboutir qu’à une saison 2 d’un duel présidentiel. Il se trouve que la politique, c’est un peu plus compliqué que cela.

Le parti socialiste est, malgré son relatif effacement national, la première force de gauche loin devant toutes les autres. C’est un fait. Au delà on constate également que c’est lorsque le parti socialiste est puissant sur ses bases que la gauche avance. Il ne s’agit pas d’hégémonie mais d’une force capable de tirer l’ensemble des partenaires du camp progressiste.

Le parti socialiste le doit beaucoup à ses militants, à celles et ceux qui ont résisté à tous les courants, à tous les vagues à l’âme, à toutes les tentations de partir, de quitter le navire. Il le doit à ses fidèles, à ceux qui ont le socialisme chevillé au corps. L’identité qui manque tant à ce parti, ce sont peut-être bien ceux-là qui, pour une part, la possèdent. A trop les avoir ignorés ou les avoir réduits à un rôle de faire valoir, on a aussi réduit la pensée et la réflexion collective.

Merci aux militants. Ils nous permettent aujourd’hui d’affirmer notre existence.

Rien n’est cependant acquis. Il n’y a pas de projection à faire sur l’échéance de l’an prochain. La gauche par trop morcelée s’affaiblit encore de ses divisions. Pourtant, là où elle a décidé de se rassembler, elle marque des points importants. Les élections départementales l’ont déjà démontré au premier tour et elles devront être, de ce point de vue, regarder à la loupe après le second tour.

Il est primordial de conforter le contre pouvoir que peut représenter la gestion d’une collectivité locale, régionale ou départementale. Pour cela, il faut encourager les abstentionnistes du premier tour à se déplacer au second. L’enjeu n’est pas mince. Il concerne bien le quotidien de chacun : qu’il s’agisse des transports, des lycées, de la formation professionnelle, de l’emploi, de la culture pour les régions ou de l’action sociale (enfance, handicapés, personnes âgées, RSA), des collèges, de la voirie, du sport et encore de la culture pour les départements, la décentralisation permet parfois de corriger ou d’amortir des phénomènes nationaux si tant est que la volonté existe et qu’elle est portée par les électeurs.


Dimanche prochain, nous serons à l’Engagé.e en soutien de toutes les listes de gauche arrivées en tête au premier tour. Nous serons en soutien de tous les candidats de gauche dans tous les cantons de France. Consolider une assise locale est une première étape. Elle n’enlève rien à la nécessaire réflexion que chacun doit avoir sur sa propre identité principalement au Parti socialiste. Nous devons sortir de nos doutes et de nos hésitations. Être nous-même. Nous devons retrouver notre force existentielle.

Ces élections intermédiaires sont finalement révélatrices. Elles disent que nous sommes vivants. Elles disent que nous avons un espace. Elles nous imposent aussi de retrouver le chemin d’une réflexion collective, de retrouver les militants. C’est de leur confiance que nous pourrons gagner de la confiance plus largement dans toutes les couches sociales, dans toutes les générations et en particulier chez les jeunes.

Si ces élections se traduisent dimanche par une avancée du parti socialiste et de la gauche, ce sera un encouragement. Un encouragement vigilant. Pas plus mais pas moins. A nous d’en faire un espoir !

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