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« L’Insoutenable légèreté de l’être »

Par Nathalie Raffort


Dans le nouveau monde, dans la communication et l’immédiateté, nous avons perdu la mémoire des épidémies. « L’Insoutenable légèreté de l’être ».

Une épidémie, et à plus forte raison une pandémie, ce n’est pas une guerre. Une guerre a un début, est organisée par la volonté humaine, et a une fin.

Une épidémie ne se décide pas. Si par certaines de ses conséquences, nous devons faire face à un état social qui s’apparente à un état de guerre, on ne se bat ni avec les mêmes moyens, ni les mêmes armes.

Jamais.

C’est une erreur de raisonnement que d’aborder les choses de cette manière. Erreur grotesque et dangereuse, qui rajoute de la peur à la peur, et provoque une incohérence des réponses.

Tout le monde a peur, et ce avec raison. C’est sain la peur. La peur est notre salut : tout d’abord, elle nous rappelle que nous ne sommes pas invincibles, et elle nous conduit à la prudence et la mesure. Ce ne sont pas tous les va-t-en guerre qui vont nous permettre de nous sauver face à l’épidémie.

Nous sommes au contraire engagés dans une course de fond, où tous nos repères s’effondrent, où toutes nos certitudes ne sont plus que doutes. Il faut agir avec rigueur, détermination, calme et mesure.


Aujourd’hui les moyens de contenir la propagation se mettent en place : mesures de « confinement » individuel : masques, mesures barrières-lavage des mains, tenue, tests et bientôt sérologie des immunisés, moyens pour les personnes vecteurs de santé, moyens pour les structures de santé, mise en place de traitements qui s’affinent, et dans quelques mois, vaccins.

Impossible d’entendre que nous en avons encore pour quelques mois ? Impossible de se projeter et de se dire que nous ne reprendrons une vie « dehors » une fois que les mesures barrières (confinement compris) auront produit les premiers effets bénéfiques ?
Et si nous devons rester avec des masques jusqu’à ce qu’on trouve un vaccin (quelques mois) est-ce si dramatique ?

L’important c’est de se protéger les uns les autres. Un virus n’a pas de morale, n’a pas de valeurs, pas de frontières, pas de passeport. Nier les autres c’est tous nous condamner.

Nous sommes en train de lutter contre une pandémie. Il n’y a pas à tergiverser. C’est simple, clair et efficace.

Ces mesures frappées du bon sens doivent s’imposer à tous. Mais elles doivent être avant tout comprises, et chacun doit s’en imprégner afin d’adopter les bons comportements.

Mais ces bons comportements ne pourront être compris que s’ils s’appliquent à tous.

Or le gouvernement ouvre une brèche dans le dispositif qu’il met lui-même en place, et nous suggère d’aller travailler sur les chantiers ou à la campagne, et abolit la durée du temps de travail.

Comment dès lors se comporter en citoyen responsable si les exemptions et les entorses à la règle se multiplient ?

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