Archives de catégorie : Marianne de Chambrun

« Ils ont voulu enterrer la dernière république socialiste d’Amérique Latine »

Par Marianne de Chambrun

Il y a un an, Evo Morales était reconduit à la tête de la Bolivie pour un quatrième mandat. Les conditions de sa réélection étaient polémiques puisque d’abord une décision du tribunal constitutionnel supprimant la limitation des mandats présidentiels lui permettait de briguer un nouveau mandat, ensuite parce que les résultats serrés et le temps de dépouillement avaient instillé le doute dans la population.

La droite radicale cri à la fraude et appelle l’armée à se ranger leur côté. Manifestations et menaces font pression sur le président du MAS, ses proches et sa famille politique. Face à cette situation et à l’impossibilité de trouver une porte de sortie, Evo Morales démissionne. Le représentant de l’extrême droite bible à la main s’empresse au palais présidentiel pour parler de justice divine en faisant référence à la démission du président du MAS.

Pour tenter de prouver les arguments de la droite à savoir la fraude électorale massive, deux audits sont réalisés. L’un conclue à des fraudes indéniables, l’autre dit ne pas avoir pu constater de fraude. Deux audits, deux points de vue totalement opposé. Qu’à cela ne tienne, sur la base de ce premier audit, les partisans de la droite trouveront la légitimité de leur coup d’Etat.

Evo Morales, sous le coup d’un mandat d’arrêt, se réfugie à l’étranger et voit ses biens personnels pillés.

Jeanine Añez, représentante élue de la droite déclare qu’elle assurera temporairement le poste de président avant la tenue de nouvelles élections. Rapidement les Etats-Unis reconnaissent la présidente par intérim, se félicitent du renversement d’Evo Morales accréditant ainsi la thèse de la fraude électorale. L’histoire se répète et l’Union Européenne assiste sans rien dire à un nouveau coup d’Etat en Amérique Latine soutenu par les Etats-Unis.

Le temps passe les manifestations en soutien à l’ancien président indigène sont violemment réprimées, l’ONU hausse un rien le ton. Le MIT vient clairement contre dire, par un troisième audit, l’improbabilité de fraudes massives lors des élections d’Evo Morale. Il apparait de plus en plus clairement que tout cela a été orchestré dans un but simple, faire disparaitre la dernière république socialiste d’Amérique Latine. Et pourtant rien n’y fait. Jeanine Añez reste en place mais pire encore, elle commence à poser les bases d’une nouvelle politique en Bolivie, rapprochement avec les Etats-unis, renvoie des ambassadeurs vénézuéliens…

Une politique que les boliviens n’ont pas choisi.

Il aura fallu attendre que la crise sanitaire qui a durement touché le pays se calme. Il aura fallu attendre un an pour que se tiennent de nouvelles élections comme l’avait promis le gouvernement par intérim.

Ces élections, elles ont eu lieu dimanche dernier et c’est absolument sans conteste que Luis Arce, successeur d’Evo Morales, candidat du MAS a été élu président de la Bolivie. Tous les soutiens du coup d’Etat de 2019, n’ont pu attaquer ce nouveau scrutin et dû reconnaitre la victoire écrasante de la gauche. Seul Luis Camacho représentant de l’extrême droite tente encore de soutenir la thèse de nouvelles fraudes… mais plus personne n’y croit, plus personne ne peut faire semblant d’y croire. Les urnes ont parlé, le peuple a parlé et la Bolivie est à nouveau socialiste.

Voilà une superbe leçon de résistance, voilà un beau pied de nez aux usurpateurs du pouvoir Bolivien.

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« En finir avec ton héritage, sera notre héritage » “Acabar con tu legado será nuestro legado”

Par Marianne de Chambrun

Ce matin le Chili se réveille différent. Les rues sont légères et heureuses d’un vent nouveau. Hier a été approuvé à une écrasante majorité le choix de changer de constitution et d’écrire la nouvelle avec une assemblée constituante totalement renouvelée.

Ce référendum il a été rendu possible par une extraordinaire mobilisation populaire qui dure depuis plus d’un an. Face à un soulèvement sans précèdent que le gouvernement en place a tenté d’écraser par une forte répression policière et militaire, le président Sebastian Piñera pour calmer n’a eu d’autres solution que d’ouvrir la voie à un référendum constitutionnel.

Le peuple Chilien endure depuis des années une situation économique qui profite à quelqu’un et qui laisse la majorité dans un quotidien difficile d’endettement permanent et obligatoire pour consommer ou accéder des services de premières nécessités tels que la santé, l’éducation. Depuis l’année dernière le Chili se réveille, il se réveille pour dire stop à un système néo libéral où tout se paie et l’on a tout à la hauteur de ce que l’on peut payer. Le Chili se réveille pour une éducation gratuite de qualité, pour une santé publique de qualité, pour une plus grande justice sociale, pour un meilleur partage des richesses et contre des réactions militaires violentes et illégitimes qui lui rappelle ses heures sombres.

Ecrire une nouvelle constitution c’est en finir une fois pour toute avec la constitution de Pinochet, de la dictature. Ecrire une nouvelle constitution c’est permettre peut-être en finir avec le néo-libéralisme de l’école de Chicago qui était inscrit dans celle actuelle.

Ecrire une nouvelle constitution c’est écrire une nouvelle page de l’histoire du Chili et peut-être aussi une nouvelle page de l’histoire Sud-Américaine.

Camarade, le plus dur est devant nous, construire ce nouveau pays, répondre aux espérances si fortes de cette période qui s’achève. Mais pour l’heure célébrons cette extraordinaire victoire obtenue par les urnes mais avant cela par le courage et la force du peuple chilien.

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Le sujet c’est le fond, l’idéologie, le combat

Par Marianne de Chambrun


Il ne viendra pas d’homme (de femme) providentiel(le) pour sauver notre parti. Il ne viendra pas d’homme (de femme) providentiel(le) pour sauver la gauche.

Nous y avons cru, nous avons essayé, cela a échoué. Cela n’a pas été Glucksman, cela ne sera pas Jadot, cela ne sera pas Joffrin, cela ne sera ni Hollande, ni Royal.

Cependant s’il n’en existe pas un ou une, il existe toujours un peuple de gauche, nombreux et silencieux, qui mis à mal et par le positionnement de Macron en 2017 et par sa politique depuis lors, attend la reprise d’un vrai combat idéologique pour se mobiliser derrière ceux qui le porteront.

Ceux qui le porteront, c’est vous, c’est nous, Ce sont ceux qui ancrés dans une histoire de lutte sociale, qui riches de leurs expériences, de celles de leurs parents, voudront s’inscrire dans la continuité de ce combat d’idées pour un monde plus juste.

En effet, la modernité, la transformation du monde via les réseaux sociaux ou le digital, ne change pas les travers profonds des sociétés capitalistes… au contraire elles les accélèrent. Les riches sont de plus en plus riches, le monde mondialisé articulé autour de grandes mégalopole laisse de côté Les habitants de plus petites villes relégués au second plan.

Notre pensée, sociale, notre corpus idéologique n’est pas obsolète, il n’est pas archaïque, il n’est pas vieillissant, au contraire, il est toujours plus d’actualité. Ceux qui souhaiteraient nous faire croire que l’on peut changer ses valeurs, ses combats ou sa structure politique au gré des soubresauts de l’histoire se trompent. Pire encore ils nous induisent en erreur et nous entraînent vers des terrains dangereux, ceux de la dissolution de la pensée, ceux du radicalisme, ceux de la perte de repère et de contenance.

La gauche est belle, la gauche est forte, la gauche nous a offert depuis plusieurs décennies de beaux combats de belles victoires. Politique, société civile, nombreux ont contribuer à consolider nos combats, Jaurès, le front populaire, Gisèle Halimi, Pierre Bergé, Martine Aubry, Pierre Mauroy, à chacun d’ajouter à cette liste celui qui l’a fait grandir, qui l’a inspiré … La gauche est bigarrée car elle est riche de ses combats c’est ce qui fait sa force et sa beauté lorsqu’elle ne cherche pas s’homogénéiser derrière une seule et même couleur, de rose, du rouge, du vert, …

Qui ne sait pas tirer les leçons de 3 000 ans, vit au jour le jour. Ne l’oublions pas.
Le sujet n’est donc pas la tête, le sujet n’est pas la couleur dominante… le sujet est le fond, l’idéologie, le combat.

Notre pensée elle n’est pas à refonder, elle existe, elle est structurée par des décennies de lutte. Notre pensée elle est sociale et en cela elle est écologique car la préservation des écosystèmes et avant tout une mission de justice sociale, elle est féministe car l’émancipation des femmes est un combat social. Cependant elle doit toujours se revisiter, se requestionner pour comprendre ce qu’apportent les nouvelles transformations sociétales, les risques, les opportunités. Mais ne nous laissons pas avoir par les sirènes de la pseudo modernité. Ils sont la porte ouverte à notre errance future.

La gauche doit toujours souhaiter le pouvoir, car c’est grâce à l’obtention de celui-ci qu’elle changera la vie. Mais elle doit rester combative et ambitieuse dans cette poursuite pour s’assurer toujours qu’arrive au pouvoir nous pas seulement des hommes mais des idées et des puissants désirs de changements.

Si une fois au pouvoir nous trahissons les promesses que nous avons porté, alors nous détruisons l’idéalisme qui nous a porté. C’est pour cela nous nous devons d’avoir un regard lucide et objectif sur nos dernières années de pouvoir. Avons apporté aux enseignants et au monde l’éducation ce que nous avions promis et ce que nous avons porté pendant des décennies ? Qu’avons-nous fait pour l’hôpital public ? Qu’avons-nous fait pour l’émancipation des femmes ? En cas avons-nous contribué réellement à la protection des écosystèmes ? Le dernier quinquennat de la Gauche porte une lourde responsabilité sur la situation dans laquelle nous sommes. Regardons le droit dans les yeux. Non pas pour accuser des personnes mais pour construire un ensemble solide d’où renaîtra la confiance et l’espoir dans le changement.

L’engagé(e) depuis plusieurs années poursuit modestement mais sans faille ce désir, au-delà des personnes et des courants, de repositionner au cœur de notre débat notre pensée sociale et nos valeurs. Notre maison, celle de la réflexion politique est grande, nous ferons de la place à tout ceux qui veulent contribuer car c’est du nombre et notre enthousiasme que renaîtra la puissance de la gauche.

Vous êtes déjà les engagées, rejoignez-nous à Blois pour en parler avec nous et commencer à bâtir cette gauche forte de demain.

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Touche pas à mon prof !

Par Marianne de Chambrun

Imaginez une grande entreprise qui demanderait à ses salariés de télétravailler sans leur fournir le matériel adéquat, c’est-à-dire sans leur donner un ordinateur. Imaginez cette même entreprise qui imposerait à ses collaborateurs l’utilisation de nouveaux outils sans même le leur présenter et encore moins les former. Imaginez encore cette même entreprise qui demande à ses équipes du jour au lendemain de pratiquer un métier différent de celui pratiqué auparavant et cela sans accompagnement, sans aide, sans formation, sans bonne pratiques sur lesquelles s’appuyer. Imaginer enfin que tout cela soit annoncer à la télévision, sans présence de personne de proximité avec qui échanger.

Cette entreprise elle n’existe pas car aucun collaborateur n’accepterait d’être traité de cette manière-là. Cette entreprise elle n’existe pas car les représentants syndicaux s’opposeraient avec violence et à raison que l’on puisse demander l’impossible à des salariés et ce dans un tel flou et une telle improvisation.

Et pourtant cette situation elle a existé, c’est ce qu’ont vécu les enseignants pendant le confinement. C’est par le discours présidentiel puis du gouvernement qu’ils ont été informés que « tout était prêt », que les outils étaient opérationnels et qu’ils allaient pouvoir délivrer l’enseignement comme si de rien n’était. Et pourtant, les outils du CNED existant étaient inconnus de l’écrasante majorité des professeurs qui n’y ont jamais été formés. C’est donc avec leur matériel personnel, sans accompagnement, sans formation q’ils ont dû seuls se débrouiller pour continuer leur travail et adapter une pédagogie présentielle, qu’ils ont façonné au fil de leur expérience à une pédagogie en ligne pour laquelle nous n’avons aucune référence, aucune bonne pratique.

L’acrobatie aurait pu être notée, remarquée, félicitée…pas tout. A la fin de ce confinement les enseignants sortent épuisés, encore abasourdis par ce qu’ils ont vécu et au lieu d’applaudissement ce sont des flots de purins qui se déversent sur le corps enseignant sans qu’aucun membre de la classe politique ne s’en émeuvent.

Jamais à la hauteur, feignants, has been, réfractaires, contestataires, … les compliments pleuvent sans que cela ne choque alors que nous devrions tous pleurer de voir notre système éducatif dans cet état.

En effet, chaque jour d’une année scolaire nous déléguons au corps enseignant la responsabilité d’apporter le savoir à nos enfants de leur donner enseignement et éducation. Il ne s’agit pas de les garder pendant que nous travaillons, il s’agit d’en faire des êtres pensants et intelligents, des êtres en pleine possession de leur capacité de compréhension et d’analyse du monde si complexe qui les entoure. Des langues, à l’histoire en passant par l’art ou les mathématiques toutes ces matières sont là pour aider nos enfants à agir dans leur espace à comprendre par eux-mêmes en être indépendants. Nous ne pouvons pas d’un côté nous battre contre les fakes news et nous désoler de la montée des populismes tout en délaissant l’importance du corps enseignant dans la capacité de nos enfants à se protéger de ces phénomènes.

Et pourtant… quand bien même nous leur donnons cette responsabilité, cette tâche si ardue et en même si primordiale pour nos enfants, nous dénigrons systématiquement leur travail et leur implication.

Cette violence, totalement injuste et injustifiée, vis-à-vis du corps enseignant, est délétère et dangereuse à plusieurs titres. Lorsque la réputation et la considération d’une profession se dégrade de la sorte alors elle n’attire plus les talents pourtant si fondamentaux pour nos enfants. Lorsqu’une profession est la cible de tant de critiques alors elle développe du corporatisme pour se protéger des violences qu’elle subit.

Alors devant nous, nous avons un immense chantier de reconstruction pour l’enseignement. Ce chantier, il doit commencer un bilan de la gauche au pouvoir qui n’a pas été à la hauteur de ce que le corps enseignant pouvait attendre, qui n’a pas su dessiner et mettre en œuvre ce dont la France a besoin comme changement dans son système éducatif. Quel dommage et quel raté quand on pense aux liens histoires qui unissaient la gauche et les enseignants !

En attendant commençons déjà par plus de bienveillance et de reconnaissance vis-à-vis des enseignants.

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L’autoritarisme au tournant ? soyons vigilants !

Par Marianne de Chambrun


Après 8 semaines de confinement où nous avons mis de côté notre liberté de mouvement, au nom de la lutte contre la propagation du Covid-19, notre démocratie peu à peu prend une tournure inquiétante. Car en effet toutes les excuses sont bonnes pour grignoter chaque jour un peu plus nos libertés individuelles et collectives.

Cette dérive, on la sentait poindre. Désemparé devant un mouvement populaire puissant et persistant, le gouvernement tentait déjà de limiter nos libertés de manifester et de nous exprimer pour mettre fin à ce qu’il qualifiait de regroupement de « factieux » de « haineux », le mouvement des gilets jaunes.

L’arrivée du Coronavirus offre une opportunité fantastique à ce gouvernement pour resserrer la vis et donner plus de place à un pouvoir répressif. Cela commence par des attestations de sorties, en veux-tu en voilà ! Avec des verbalisations abusives à la clé, on pense à cette femme verbalisée car les serviettes hygiéniques ne seraient pas de première nécessité, une autre car un dépôt de plainte ou de main courante n’est pas un motif valable de déplacement, nombreux sont les exemples.

Le confinement se lève peu à peu mais non son arsenal répressif. Pas de déplacement de plus de 100km sans attestation, pas de transport en commun en heure de pointe sans attestation, mise en place de caméra de surveillance pour vérifier les non masqués dans les transports… Des villes, au nom du suivi du port du masque dans l’espace public s’équipent de caméras surveillances.

Qui peut croire que ces outils demain ne serviront qu’à vérifier nos équipements faciaux ? Quelle ironie aussi de penser qu’il y a quelques mois on faisait passer une loi nous interdisant de nous masquer aux abords de manifestations… Que nous obligera-t ’on demain ? De nous masquer de transparent ?

Liberté de mouvement en danger certes mais surtout liberté d’expression. Les députés LREM votent comme un seul homme, cette semaine une loi extrêmement préoccupante pour notre liberté d’expression. Les plateformes devront supprimer sous 24h les propos dit « haineux » au risque de devoir s’acquitter de très lourdes amendes. Le délai est excessivement court, la définition de « haineux » excessivement large. Pour éviter l’amende et dans une logique de minimisation des risques les plateformes mettront en place des algorithmes supprimant, sans possibilité de recours, des éléments parmi lesquels certains n’auront rien de « haineux » ou « scandaleux ». Et nous avons de quoi nous inquiéter de la sémantique ! Lorsque l’on voit que le gouvernement à traité de factieux ou de haineux toutes personnes qui a pu manifester auprès des gilets jaunes durant les derniers mois, il y a de quoi s’inquiéter sur les critères !

Avant cela, ils ont essayé mais heureusement ont dû reculer, de mettre en place un organe de vérification des informations pour que l’Etat puisse certifier selon lui une information juste. Si cet organe avait existé début mars, nous aurait-il mis en avant des articles prouvant par A + B que le port du masque était inutile ? S’il avait été mis en place en février, nous aurait-il donner la preuve que le Covid-19, à l’instar du nuage de Tchernobyl, ne viendrait pas chez nous ? Continuer la lecture

Notre proposition face au numérique : Instaurer une dotation pour chaque citoyen

Par Marianne de Chambrun

« Hideux dans leur apothéose les rois de la mine et du rail, ont-ils jamais fait autre chose que dévaliser le travail ? Dans les coffres forts de la bande ce qu’il a créé s’est fondu. En décrétant qu’on le lui rende le peuple ne veut que son dû. »

Les entreprises du numérique ont apporté ces dernières années un changement profond à nos modes de vie. Elles ont créé de nouveaux territoires, ouvert de nouvelles conquêtes, elles ont redessiné nos manières de communiquer, de nous informer, de nous engager, de consommer, elles ont bouleversé nos modes de travail, fait disparaître des milliers de métiers tout en en créant de nombreux autres. Elles ont changé notre monde mais, si elles nous offrent de nouvelles libertés, elles créent de nouvelles injustices et de nouveaux asservissements.

Eblouis par les gains immenses qu’elles nous ont offerts dans notre quotidien, de proximité, d’immédiateté, de transparence, nous devons être vigilants aux contreparties lourdes qu’elles nous font payer et dont nous n’avons souvent peu conscience.

Nous luttons ici contre les nouvelles injustices que créent les entreprises du numérique et, plus spécifiquement, les GAFAM. Dans ce nouveau monde qu’elles nous ont construit, nous veillons à ce que la pensée politique soit présente pour y faire vivre nos valeurs et nos combats pour la liberté, l’égalité, la justice et la solidarité.

Avec des modèles économiques en apparence souvent fragiles, des revenus directs des clients et partenaires généralement trop faibles pour couvrir leurs coûts particulièrement élevés, les entreprises du numériques développent des modes de rémunérations innovants, des créations de valeur annexes à travers notamment l’usage de nos données. Si elles brulent ou ont brulé beaucoup du cash de leurs actionnaires c’était et c’est pour s’installer de façon incontournable sur un marché essentiel : celui des données personnelles.

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