Archives de catégorie : Arthur Courty

Le monde de demain ne se construira pas en affaiblissant l’État social d’aujourd’hui !

Par Arthur Courty ; Charles Adrianssens ; Paul Montjotin

Alors que la crise sanitaire s’achève, notre pays entre dans sa plus grave crise économique et sociale depuis 1945 qui se solde une augmentation sans précédent du nombre de demandeurs d’emplois (plus de 22%, soit 843 000 personnes, au moins d’avril). Hier réduit à « un pognon de dingue » qu’on jetterait par la fenêtre, notre État social apparait plus que jamais comme notre premier atout pour faire face à cette crise inédite, et ce à au moins trois égards. D’abord pour protéger les plus fragiles des conséquences de la crise économique. Ensuite pour investir sur l’avenir des jeunes générations et leur offrir des perspectives d’emploi durables. Enfin pour faire le choix d’une société solidaire qui prend soin de ses aînés.

Un État social qui protège les plus vulnérables des conséquences de la crise

Depuis le début du quinquennat, l’État social est d’abord appréhendé comme un coût qui plomberait notre économie et dont il faudrait se délester. En témoigne par exemple la réforme de l’assurance chômage votée à l’automne dernier qui, en en restreignant les conditions d’accès, a pénalisé directement 1,4 millions de personnes. L’épreuve de la crise sanitaire nous a rappelé brutalement combien le filet de sécurité fournit par l’assurance chômage était vital pour éviter à une grande partie de la population de tomber dans la pauvreté. A l’heure où la situation risque de se durcir sur le marché du travail, il est impératif non seulement de ne pas affaiblir l’assurance chômage mais surtout de réfléchir comment mieux protéger ceux qui ne bénéficient pas de telles garanties collectives comme les travailleurs indépendants.

Un État social qui investit sur les compétences futures des jeunes générations

Le risque est aujourd’hui grand que les jeunes soient les premières victimes de cette crise. Moins bien insérés dans l’emploi, les jeunes ont d’abord subi de plein fouet l’impact économique de la pandémie : le nombre de demandeurs d’emploi de moins de 25 ans a ainsi bondi de 29 % par rapport à début mars, atteignant le record de 659 000. Au-delà des licenciements, 700 000 jeunes s’apprêtent surtout à rentrer sur le marché du travail à la rentrée de septembre sans réelles perspectives d’emploi. Dans ce contexte, le risque est aujourd’hui grand que ces jeunes générations soient la variable d’ajustement de la crise actuelle. Pourtant, le monde de demain que chacun appelle de ses vœux ne se construira pas en sacrifiant les jeunes d’aujourd’hui. Dans ce cadre, il est donc plus que jamais urgent que la puissance publique investisse massivement dans la formation aux nouveaux métiers en tension – la rénovation thermique des bâtiments va par exemple créer plus de 120 000 emplois en France d’ici 2025 – en octroyant pour ce faire des allocations formation pour les demandeurs d’emploi qui s’orientent vers ces filières clés en lien avec la transition écologique.

Un État social qui accompagne le vieillissement de la population

L’un des grands enseignements de la crise sanitaire que nous avons traversée est l’importance que notre société souhaite désormais accorder à nos aînés. Alors qu’il va être nécessaire de former d’ici 2025 plus de 300 000 accompagnants et aides-soignants pour répondre au manque de personnel dans les structures médico-sociales, le vieillissement de la population est l’un des grands défis qui va se poser à nous dans les prochaines décennies.

Nous avons plus que jamais besoin d’un État social ambitieux pour être à la hauteur de ce défi.

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Annulons les dettes publiques du monde d’avant pour préparer le jour d’après!

Par Arthur Courty ; Charles Adrianssens ; Paul Montjotin

« Les dettes publiques françaises et européennes seront-elles un jour payées ? »

Les montants des dettes publiques françaises et européennes deviennent si grands et sur des échéances si longues qu’on peut douter qu’elles soient un jour payées. 120% du PIB, 2 600 milliards d’euros… A de tels niveaux, la dette publique ralentit durablement l’économie des pays tel un boulet, tire vers le bas les systèmes de solidarité et affaiblit la capacité des États à mener la transition écologique. Exposée à des crises financières systémiques, la dette publique est aussi une bombe à retardement. Bref, c’est désormais une crise de confiance majeure dans l’économie européenne.

« La relance budgétaire post Covid-19 ne peut se passer d’une annulation partielle des dettes »

C’est parce qu’il y a une crise de confiance que le consensus politique est à un relâchement de l’orthodoxie budgétaire. Mais ce dernier peine à se transformer concrètement. Au niveau européen, la France se gargarise du plan de relance historique mis en place par la Commission européenne. Mais quels seront les effets de ce plan de relance alors que le poids de la dette publique demeure aussi important ? La France se montre malheureusement incapable de porter ce sujet, alors que certains États comme l’Espagne et le Portugal proposent des solutions nouvelles comme la mise en place d’une « dette perpétuelle » ou la création de « coronabonds ». Il nous faut aujourd’hui tous reconnaître que les dettes contractées pendant la gestion de crise du Covid-19 et avant doivent être réexaminées. Sinon, la relance budgétaire sera très largement bridée.

« Convention citoyenne sur la Dette »

Quelles parties des dettes publiques doivent être annulées ? Le débat d’experts sur cette question ne peut se passer de l’expression démocratique. Sur le modèle de la Convention citoyenne pour le Climat, la France pourrait organiser une Convention citoyenne sur la Dette, dont les propositions seraient votées par le Parlement. Son cahier des charges serait d’identifier les dettes devenues inopérantes par rapport aux enjeux de la relance post Covid-19. Et d’articuler ces annulations de dette à des grands chantiers d’investissements publics cohérents avec le « Green Deal » européen ou a minima avec le plan de relance de la France.

« Relancer l’investissement public pour la transition écologique, l’emploi et les territoires »

Les capacités d’investissement public libérés par l’annulation de la dette publique française permettront des investissements ambitieux finançant l’adaptation de la société aux défis nouveaux que nous impose la crise du Covid : création d’emplois verts, lutte contre le changement climatique, services publics résilients… Alors que les taux d’intérêt sont au plus bas, la France pourrait aussi développer les capacités d’emprunt des collectivités locales, afin d’assurer des retombées locales pour les Français.e.s

Bien sûr, l’annulation des dettes publiques n’est pas une fin en soi. Elle ne fonctionnera que si elle prend place dans un plan gouvernemental coordonné prévoyant une fiscalité plus juste et la participation des entreprises.

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« Pour la création de banques publiques régionales»

Par Arthur Courty ; Charles Adrianssens ; Paul Montjotin


Face à la crise causée par le COVID 19 jamais les entreprises n’ont eu autant besoin de liquidités immédiates, à court de trésorerie, ces dernières doivent donc faire appel au financement bancaire qui après des années de remise en cause redevient aujourd’hui central. Pourtant, la structure même du marché bancaire Français empêche de ce faire.

Les banques Françaises ne remplissent pas correctement leur rôle de financeurs de l’économie.

En effet, le passage d’une économie de la production et territorialisé à une économie de marché globalisé dans les années 80/90 a conduit les grandes banques à revoir leurs critères d’investissements pour privilégier la rentabilité financière à l’impact économique (environnemental et social) réel de leurs investissements.

Une des conséquences de cette financiarisation est la dissociation des espaces de collecte de l’épargne et des espaces d’investissement. Cela a eu de fortes conséquences sur la construction des territoires car le capital capté est réinvesti depuis les places financières situées au sein des « global cities » vers les entreprises cotées – qui ont tendance à se regrouper à proximité de ces endroits — et non pas vers les régions caractérisées par un tissu de PME plus ou moins dense. Cette structure bancaire vient donc fragiliser les entreprises de notre territoire.

Un autre modèle bancaire est possible

Pourtant, un autre modèle est possible, jusqu’au milieu du XXème siècle, les banques locales dominaient le marché de financement Français : celles-ci collectaient l’épargne des individus sur un territoire donné, pour ensuite la redistribuer au sein de ce même territoire. En intégrant des critères sociaux ou territoriaux, le capitalisme local prenait alors en compte des critères autres que le seul rendement. Mais cette finance responsable a été déstabilisée par la désintermédiation, la déréglementation et la dérégulation (les « 3D »).

Les banques publiques jouent le rôle de banquier principal pour environ 44 % des entreprises allemandes.

A la différence de la France, l’Allemagne a su préserver son tissu de banques régionales et c’est ce qui explique en partie la résistance de son économie de TPE/PME vivace.

Cette proximité entre banques et entreprises se nomme les « banques maison ». Système quasi universel, seules 4,8% des entreprises n’ont pas de banque maison”. Pour les petites entreprises, dans la plupart des cas, la banque-maison est la caisse d’épargne locale ou régionale – Sparkasse ou Landesbank, ou encore une banque coopérative. Aussi, les banques publiques jouent le rôle de banquier principal pour environ 44 % des entreprises allemandes.

Autre effet positif de cette méthode de décentralisation bancaire publique : le système allemand est moins exposé aux variations de la finance mondiale, ainsi des 30 banques présentant un risque « systémique » 3 sont françaises : la BNP, la BPCE et la Société Générale alors que seule 1 est allemande : La Deutsche Bank.

C’est pourquoi aujourd’hui il est plus qu’urgent pour la France de créer un système bancaire public décentralisé permettant de financer les entreprises qui font la richesse économique de notre territoire.

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L’offre et la demande…opportunité ?

Par Arthur Courty et Charles Adrianssens

« Profitons de la crise du COVID pour en faire une opportunité pour inventer de nouvelles politiques de l’offre et de la demande »

Alors que la perspective d’une « fin du confinement » redonne espoir à beaucoup d’entre nous, le temps d’après ne pourra être comme celui d’avant. Deux approches s’opposent, soit ne rien changer et accélérer la reprise du monde d’avant, soit profiter du bouleversement de la crise du COVID pour en faire une opportunité d’expérimenter de nouvelles solutions qui bénéficieront au plus grand nombre. Aussi, si les élans de solidarité qui se multiplient font chaud au cœur, le gouvernement doit lui rendre et se montrer à la hauteur de la société civile en mobilisant les outils économiques et sociaux adéquats. La relance de demain ne doit pas peser sur celles et ceux qui sont en première ligne, les travailleurs, les salariés et les agents du service public qui font nation aujourd’hui.

« Fixons les conditions de l’aide aux grandes entreprises»

Ainsi, si la relance par l’offre sera nnécessaire elle ne pourra se faire uniquement par de la création de dettes sans contrepartie auprès des entreprises aidées. Que l’Etat contribue à la sauvegarde de la trésorerie des grands groupes est logique, mais il doit aller au bout de la logique de cette politique interventionniste en convertissant l’aide en capital. Autrement dit, une partie de la dette crée par l’Etat pour subventionner l’économie doit être utilisée sous forme de recapitalisation des entreprises.

Cette solution présente un double objectif, tout d’abord politique : en recapitalisant les grands groupes l’Etat y deviendra actionnaire et pourra influer directement sur leur stratégie pour mener à bien son nouvel objectif d’indépendance et souveraineté économique. Ensuite, cette mesure est aussi celle de la justice sociale car à la différence des subventions ou aides d’Etat, la montée au capital permettra à l’Etat de récupérer sa mise une fois la crise passée, le coût de l’intervention n’est donc pas portée par les citoyens. Il s’agit donc ici d’une solution gagnant-gagnant dans la mesure où d’un côté le citoyen n’est pas mis directement à contribution et de l’autre les entreprises bénéficient d’une aide à la trésorerie, sans que cela n’impacte leurs bilans par un trop grand recours à la dette. A ce titre, ces entreprises doivent aussi à renoncer au versement de dividendes pour l’année en cours.

« La politique de l’offre doit reconnaitre la valeur réelle des activités citoyennes »

Cette relance par l’offre doit aussi être accompagnée par un changement de paradigme dans la relance par la demande. Cette crise a révélé à quel point la mobilisation de la société sur des activités non-marchandes relève de l’essentiel. Les exemples sont nombreux et nous ne pouvons tous les citer ici, de la fabrication des masques à domicile, aux paniers de nourriture distribués en passant par la mobilisation à destination des personnes âgées isolées, toutes ces actions concourent au vivre-ensemble… Loin d’être anecdotiques ou superflues, cela prouve à quel point les réseaux de solidarité et l’initiative citoyenne sont importants bien que non considérés comme de la « création de richesse » au sens économique du terme.

« Pour un revenu de solidarité et de transition écologique »

Aussi, pour que cette mobilisation se poursuive, s’intensifie même, après le confinement, il est temps de réfléchir à l’ébauche d’un «revenu de solidarités- et de transition écologique ». Il permettra d’une part, pour les travailleurs, de dégager du temps de travail « marchand » au profit d’un travail « solidaire », d’autre part, il donnera l’opportunité de valoriser les actions de cette France pas toujours considérée à sa juste valeur en période normale.

Mais pour que ce revenu soit utile pour tous, y compris par nos commerçants et entreprises les plus touchés par la crise du COVID, il convient de s’assurer que l’argent distribué ne soit ni épargné ni utilisé dans la consommation de produits étrangers ou générateur de réchauffement climatique.

C’est pourquoi le versement d’une partie de ce système de bons d’achats limité aux produits de fabrication française – ou européenne-, utilisables uniquement dans les commerces ainsi que le secteur alimentaire/touristique et pour une peut être la solution.

Ce revenu de solidarité et de transition écologique peut aussi poser les bases d’une transformation écologique profonde de l’activité économique et du monde du travail, en étant augmenté dès qu’il accompagne une démarche de reconversion professionnelle ou économique vers des activités compatibles avec le défi climatique.

Grâce à ce revenu, il redevient possible de combiner actions de solidarité et relance par la demande !

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Vive la gestion sociale de la crise du COVID-19 !

Par Arthur Courty ; Charles Adrianssens ; Paul Montjotin

Nul ne peut nier que des mesures exceptionnelles sont prises par l’ensemble des gouvernements européens afin de faire face aux conséquences sociales du COVID-19.

Souvent présentées comme « uniformes » à l’ensemble des pays européens, un regard plus attentif permet de différencier nettement les solutions mises en place. D’un côté par les pays aux gouvernements ultralibéraux (en particulier la France) qui se refusent à réglementer directement les activités économiques quitte à risquer de fragiliser encore les populations les plus vulnérables, et de l’autre côté les pays socialistes qui n’ont pas peur de réglementer l’économie directement.

Une approche néo-libérale de la crise…

Protéger les entreprises à tout prix. Voilà la meilleure manière pour définir les mesures prises par les gouvernements néo-libéraux Français et Allemands. Cette philosophie se retrouve très concrètement dans les mesures mises en œuvre dans l’urgence : prêts facilités aux entreprises, subventions au chiffre d’affaire… Bref, un paquet de sauvetage nécessaire. Mais qui fait l’impasse sur l’aspect social pourtant central à cette crise. Le soutien au pouvoir d’achat des citoyens se trouvant dans une situation sociale difficile ne doit pas être oublié. Si des mesures telles que le chômage partiel vont dans le bon sens, elles restent guidées par la motivation première de subventionner les trésoreries et non de venir en aide directe aux citoyens, parfois très impactées, et pour longtemps, par la situation.

… face à une approche sociale de la crise

A contrario, les pays socialistes, mènent en plus du soutien aux entreprises, une politique sociale forte afin d’accompagner la partie la plus pauvre de sa population à passer le cap de cette crise. Ainsi les mesures mises en place par ces pays sont très diverses mais guidées un seul impératif : celui de protéger les populations les plus exposées au libéralisme et à la mondialisation (migrants, petits salaires…)

Le gouvernement espagnol a par exemple décidé de garantir l’accès aux biens considérés comme essentiels à sa population en interdisant les coupures d’eau, d’électricité, et des télécommunications. Souhaitant aller plus loin, Pedro Sanchez a annoncé un moratoire sur les mensualités de remboursement des prêts immobiliers pour les personnes en situation de vulnérabilité économique (cette solution a aussi été adoptée par l’Italie). Enfin, le gouvernement ibérique intervient sur le champ concurrentiel en interdisant les licenciements, enjoignant dans le même temps entreprises à recourir au chômage temporaire.

De son côté, le Portugal a décidé de se protéger des effets d’aubaine des grands industriels en bloquant les prix des biens de première nécessité. Cette intervention directe sur les prix nous rappelle que ce qui est perçu comme une donnée intangible de fonctionnement naturel du marché par les libéraux, à savoir les prix, les salaires, peuvent être modifiés par le politique et constituer des variables d’action publique sans mobilisation du levier budgétaire créateur de dette.

Le gouvernement d’Edouard Philippe donc est totalement isolé dans son refus d’apporter une réponse publique à la crise sociale. Et à y regarder de plus près encore, même les pays les plus libéraux et/ou à droite d’Europe ont pris des mesures d’urgence sociale élémentaires auxquelles Edouard Philippe s’est refusé, tels que le report des loyers des particuliers jusqu’en juillet en Allemagne ou la revalorisation des droits au chômage au Royaume-Uni. C’est aussi déjà une manière de préparer le redémarrage de l’économie post-crise sanitaire.

Pendant que la France se contente d’allonger de deux mois la trêve hivernale ou demande aux entreprises de ne pas licencier (sans aucune coercition), d’autres pays utilisent la puissance publique pour agir.

En ce sens, cette crise nous oblige à sortir de l’impuissance publique à laquelle les Etats ainsi que l’Union Européenne nous ont habitués et de revenir à l’essence de la social-démocratie :

opposer une volonté politique aux forces du marché!

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Etats généraux post-confinement ?

Par Arthur Courty ; Charles Adrianssens ; Paul Montjotin


Chaque pays disposant de capacités productives « stratégiques » en ces temps de crise (masques, réactif pour dépistage et bientôt vaccins) a décidé de bloquer les exportations de ces produits y compris entre voisins « amis » européens.

L’Allemagne a par exemple suspendu toute exportation de réactifs et masques pour les réserver à sa demande intérieure, ce qui lui permet de mettre en place une politique de dépistage massif avec pour principale conséquence une meilleure gestion de la crise sanitaire qu’en France.

Le secteur industriel français, essentiel pour protéger nos vies et notre santé, est dépassé. Ni nos grandes entreprises mobilisées, ni nos PME, malgré leurs efforts, ne sont en capacité de répondre à l’urgence en matière de masques et divers matériels médicaux.

Cette situation démontre que le mal industriel français est bien plus profond qu’on ne le croit. La désindustrialisation ne touche pas que les secteurs réputés à « faible valeur ajoutée » tels que l’acier ou encore le textile mais bien tous les secteurs de l’économie y compris ceux à la pointe censés être préservés des délocalisations comme l’industrie chimique et pharmaceutique. .

Au même titre qu’un service public non- rentable mais pourtant utile est maintenu, un secteur industriel stratégique même non- rentable doit rester sous le giron de la nation parce qu’en cas de crise, le coût de ce dernier sera largement amorti par l’utilité sociale qu’il apporte.

Le chantier de reconstruction de notre économie doit aussi se conjuguer à la prise en compte des défis écologiques qui s’imposent à elle. Nous en avons ici l’opportunité comme jamais auparavant.

Cette réflexion, étendue à l’ensemble des secteurs de l’économie y compris ceux qu’on croyait faiblement impactées par la mondialisation dérégulée, doit être mise en place par le moyen d’états généraux de la souveraineté économique et écologique dès le lendemain de la levée du confinement.

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